Que se passe-t-il avec les fonds d'investissement d'H2O, filiale de Natixis ?

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La suspension de ces fonds n'a pas d'impact financier sur Natixis, affirme le DG de Natixis.
"La suspension de ces fonds n'a pas d'impact financier sur Natixis", affirme le DG de Natixis. (Crédits : Charles Platiau)
Le gestionnaire de fonds britannique H2O AM, affilié de la banque française Natixis, inquiète à nouveau après avoir annoncé vendredi la suspension de huit fonds, conduisant à s'interroger sur la portée d'une telle décision.
  • Pourquoi une suspension de fonds?

La filiale britannique de Natixis IM a gelé ces fonds en raison "d'incertitudes de valorisation liées à leurs expositions significatives" pour certains titres.

Trois d'entre eux (Allegro, H2O MultiBonds et H2O MultiStrategies) l'ont été à la demande du gendarme français des marchés (AMF). Les cinq autres ont été bloqués à l'initiative du gestionnaire.

Concrètement, cela signifie que les opérations de souscription ou de rachat de titres financiers ne pourront pas avoir lieu durant quatre semaines, les seize autres fonds de H2O restant pour leur part actifs.

Ces suspensions interviennent alors que l'effet dévastateur de la crise du coronavirus sur les marchés financiers a fait mécaniquement monter le plafond de 10% d'actifs dits "illiquides" ou non cotés détenus par ces fonds. Or la réglementation leur interdit de détenir plus de 10% de ce type d'actifs.

  • Quels sont les actifs concernés?

Le sujet a éclaté fin juin 2019 lorsque des informations de presse et une note du groupe de recherche et d'évaluation financière Morningstar ont mis en doute la liquidité de certaines obligations détenues par le fonds H2O, liées à Lars Windhorst, un financier allemand controversé.

Ces inquiétudes ont fait plonger sévèrement le titre de Natixis et entraîné des retraits massifs de capitaux dans certains fonds d'H2O AM.

Lire aussi : Après l'affaire H2O, Natixis (BPCE) resserre les boulons dans le risque

L'objectif pour H2O est désormais de céder ces actifs notamment au travers d'une structure dénommée Evergreen, fondée dans ce but par Lars Windhorst.

Nicolas Namias, nouveau directeur général de Natixis, affirme à l'AFP que la cession de ces titres "a commencé à être initié[e] mais [qu']elle est à un stade moins avancé qu'initialement envisagé".

"Le fait que ces actifs aient vu leur cession ralentie par le contexte [post-Covid] conduit à créer ce que l'on appelle techniquement une incertitude de valorisation", ajoute-t-il, d'où la succession des événements ces derniers jours.

  • Que va-t-il se passer sur ces fonds?

Comme l'imposent les autorités, le gestionnaire britannique va devoir séparer les actifs dits liquides des actifs dits illiquides en les répartissant dans deux véhicules d'investissement différents. Les actifs non liquides, cantonnés dans une de ces structures, sont destinés à être vendus progressivement.

L'objectif sera "de céder les actifs en maximisant leur valorisation au bénéfice des porteurs de parts", affirme à l'AFP Nicolas Namias, pour qui "la décision prise par H2O AM est une bonne décision car elle va dans l'intérêt de nos clients".

De son côté, l'AMF "prend acte" de la décision d'H2O AM.

Pour les investisseurs, la situation "ne devrait pas changer la valeur des fonds ni générer de pertes", estiment les analystes de Jefferies dans une note.

  • Quel impact pour Natixis?

"La suspension de ces fonds n'a pas d'impact financier sur Natixis", affirme le DG de Natixis, précisant que la contribution de H2O au résultat net de la banque a été seulement de 4 millions d'euros au deuxième trimestre.

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Les encours sous gestion de H2O, l'une des 24 sociétés de gestion affiliées à la banque, représentent par ailleurs 2,3% des encours totaux de Natixis Investment Managers, le bras de gestion d'actifs de la banque française.

Sur le marché parisien, ce nouveau remous au sein de H2O était toutefois mal reçu: le titre de Natixis a chuté de 5,9% ce lundi.

"Bien que H2O AM ne soit qu'une filiale et ne soit pas totalement contrôlée par Natixis [elle est contrôlée à 50,01%, Ndlr], nous anticipons quelques effets néfastes réputationnels pour Natixis à travers cette nouvelle information négative autour d'H2O AM", soulignent les analystes de Jefferies.

Lire aussi : Natixis: la suspension d'un trader à New York sème le doute chez les investisseurs

Nicolas Namias s'en défend: "Si, lorsqu'on traite un problème, on pense que cela pose un souci réputationnel, alors on ne règle plus les problèmes".

"Aujourd'hui je fais en sorte que soit traité un problème ancien, né il y a plus d'un an, qui ne révèle rien de la situation actuelle, cela doit apparaître comme une bonne chose pour Natixis", ajoute le dirigeant.

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Commentaires
a écrit le 01/09/2020 à 17:30 :
A chaque crise de H2O, il y a des vagues et Natixis prend l'eau (action divisé par 3 en peu de temps) il est peut être plus que temps de revoir le business modèle de cette boutique qui nage en eau trouble.
a écrit le 01/09/2020 à 16:15 :
Le château de cartes Natixis ...
a écrit le 01/09/2020 à 10:22 :
ça fait une peu souk, tout ça.
un souk mis en place par les autorités de marché, qui ont laissé les banques privatiser le marché obligataire.
En d'autres termes : s'il y avait encore un marché organisé/centralisé pour les obligations, comme pour les actions,on n'en serait vraisemblablement pas là.
le f...oir pseudo-libéral, y en a marre !
a écrit le 01/09/2020 à 8:40 :
Donc pas grand chose au final hein, même en cherchant un truc interessant au sein de la finance, je note vos efforts répétés, on n'y trouve rien à manger tellement cette économie est d'un ennui...

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