La BCE face au casse-tête du regain de la pandémie et d'une inflation faible

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La bonne santé de la monnaie unique est attribuée par les économistes au plan de relance de 750 milliards d'euros décidé en juillet par l'Union européenne et que la présidente la BCE Christine Lagarde avait fortement appelé de ses vœux.
La bonne santé de la monnaie unique est attribuée par les économistes au plan de relance de 750 milliards d'euros décidé en juillet par l'Union européenne et que la présidente la BCE Christine Lagarde avait fortement appelé de ses vœux. (Crédits : FRANCOIS LENOIR)
La Banque centrale européenne est confrontée à trois défis de taille : la pandémie, qui continue de se propager dans le monde, une production en zone euro atone et une inflation qui végète à un niveau très inférieur à celui souhaité par l'institution.

La Banque centrale européenne devrait préparer jeudi les esprits à de nouvelles interventions face à une économie qui récupère très lentement des conséquences de la pandémie de Covid-19, dont la propagation se poursuit, estiment les économistes.

Lors de sa réunion de politique monétaire, l'institution de Francfort, qui a déjà dégainé un programme d'urgence de 1.350 milliards d'euros à travers le rachat de dette publique et privée, aura en main un nouveau jeu de prévisions macroéconomiques courant jusqu'en 2022, soit une évaluation très attendue de l'ampleur de la crise et un indicateur du niveau de relance dont l'économie a encore besoin.

Mais sa tâche se retrouve compliquée par "un, ou plutôt trois casse-têtes", souligne William De Vijlder, économiste chez BNP Paribas.

En premier lieu, la pandémie continue à se diffuser dans le monde et même en Europe, où le pire semblait passé, entraînant des restrictions sur les déplacements et rassemblements qui continuent de peser sur l'activité économique.

Lire aussi : Covid-19 : les évolutions chiffrées de la semaine écoulée

Ensuite, la production en zone euro reste bien inférieure à ses niveaux d'avant-crise, malgré un rebond de la consommation.

L'inflation végète elle à un niveau très inférieur à ce que souhaite la BCE: elle est même passée en territoire négatif en août, avec -0.2%, reflétant la baisse de la TVA en Allemagne pour soutenir la consommation ainsi que les soldes d'été.

Cette tendance pourrait se prolonger si l'euro, qui a gagné 10% face au dollar depuis la mi-mai, continue de s'apprécier. Car un euro fort rend les importations moins chères, tout en nuisant aux exportations.

Lire aussi : Le dollar poursuit sa chute face à l'euro et la livre

L'objectif d'inflation dans le viseur

La bonne santé de la monnaie unique est attribuée par les économistes au plan de relance de 750 milliards d'euros décidé en juillet par l'Union européenne et que la présidente la BCE Christine Lagarde avait fortement appelé de ses vœux.

Lire aussi : Le plan de relance européen "aurait pu être meilleur" selon Christine Lagarde (BCE)

Le récent virage stratégique de la Réserve fédérale américaine, qui a annoncé fin août vouloir tolérer une inflation supérieure à l'objectif des 2% "pendant un certain temps" sans augmentation des taux d'intérêt, peut aussi constituer une explication.

"L'objectif de la BCE d'une inflation 'proche mais inférieure à 2%' semble bien moins souple que la nouvelle approche" de la Fed, remarque M. De Vijlder.

Cela pourrait de facto soutenir l'euro, "rendant encore plus difficile de générer suffisamment d'inflation", ajoute-t-il.

Selon les économistes, la BCE n'aura d'autre choix que de suivre l'exemple de la Fed en assouplissant la définition de son objectif d'inflation. En janvier, elle avait annoncé un chantier en ce sens, mis en sommeil depuis, pandémie oblige.

Pour l'heure, la BCE voit l'inflation remonter à 1,3% en 2022. Toute révision en baisse de ce scénario "accroîtrait la probabilité d'un stimulus monétaire supplémentaire", estime Carsten Brzeski, chef économiste d'ING.

Concernant le PIB de la zone euro, elle prévoit pour le moment une dégringolade de 8,7% cette année.

Lire aussi : La débâcle de l'économie européenne ravive les divergences Nord-Sud

Elle pourrait légèrement améliorer cette prévision, imitant le ministre allemand de l'Économie Peter Altmaier qui a qualifié la semaine dernière la reprise de la première économie de la région d'évolution "en V", caractérisée par une reprise rapide après une profonde chute.

Mais la BCE devrait "souligner dans le même temps le niveau élevé d'incertitude" entourant ses prévisions, note M. Brzeski.

Sauf grande surprise, l'institut monétaire devrait à la fois maintenir ses taux directeurs à leur plancher historique et confirmer la poursuite de ses rachats massifs de dette, le tout pour maintenir de bonnes conditions de financement pour les ménages comme les entreprises.

Après l'expansion en juin du Programme d'urgence (PEPP), lancé en mars face aux dégâts causés par la pandémie, la décision d'une seconde et dernière expansion pourrait venir plus tard dans l'année, s'attend Capital Economics.

L'intention est pour l'heure d'utiliser pleinement cet instrument lourd de 1.350 milliards d'euros d'ici juin 2021, sauf bonnes surprises.

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a écrit le 07/09/2020 à 17:06 :
La vraie question et la seule est la gestion de la dette astronomique.. Que faire?
a écrit le 07/09/2020 à 11:25 :
Cet article est un torchon absolument scandaleux…..

La hausse de l'€ face au dollar à cause du plan de relance ??? La planche à billet tourne à toute blinde et ça explique la valorisation de la monnaie…. Saint Friedman n'a qu'a bien se tenir….La planche à billet US est hors de contrôle et explique largement la dépréciation du billet vert, même face aux émissions monétaires UE/UK

"la production en zone euro reste bien inférieure à ses niveaux d'avant-crise, malgré un rebond de la consommation"....Nan mais franchement…..Après trois mois d'une chute totale de la consommation de nombreux biens et services, leur consommation retrouve des niveaux habituels voir légèrement supérieurs, c'est donc une hausse très relative.

La hausse de la consommation (retour à un niveau normal + 10%) ne suffit pas à absorber les stocks de production accumulés pendant le confinement…..du coup les prix baissent…..Et la production aussi.

"Après l'expansion en juin du Programme d'urgence (PEPP), lancé en mars face aux dégâts causés par la pandémie, la décision d'une seconde et dernière expansion pourrait venir plus tard dans l'année".....Alléluia !!! 2ème plan de relance en vue pour….Soutenir la production, au moment ou il y en a le moins besoin….Bah oui parce que relancer la demande (revalorisation des salaires, recrutements massifs dans le secteur hospitalier) c'est du socialisme et le socialisme c'est pas bien !

Sinon achetez du Tesla c'est bon pour la planète...
Réponse de le 07/09/2020 à 12:09 :
@Hugs.
Vous lisez la Tribune, ne soyez pas surpris.
C'est tout, sauf un journal d'eco.
a écrit le 07/09/2020 à 11:15 :
Si on veut plus d'inflation, il faut augmenter les salaires.
a écrit le 07/09/2020 à 11:07 :
LE COVID A bon dos!!!! avec ses taux negatifs la BCE se moque de NOUS et encourage les états à ne rien financer !!! Des economies sont possibles ex pourquoi dans les ministeres les salaires ont augmentes jusqu'a 70 % depuis Macron ( rapport DOSIERE°)
pourquoi CASTEX augmente de cinq le nombre de conseillers par ministere!!!pourquoi a t il un gouvernement pléthorique alors que l'on nomme un premier ministre bis Bayrou avec un budget de 15 milliards ; pourquoi tous ces deplacements couteux pour une propagande electoraliste de plus TRES POLLUANT alors que tous les jours on nous rabache ecologie ecologie etc
a écrit le 07/09/2020 à 9:12 :
Vu que finance et politique magouillent allégrement ensemble cumulant aberrations sur aberrations, les institutions européennes ne sont plus que de la communication, à comparer avec les déclarations des dirigeants chinois.

Bla bla bla... demain tout ira bien, bla bla bla... on est les plus forts bla bla bla... les allemands sont géniaux, et-c...

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