Pour faire face, les banques devraient fusionner, estime le superviseur de la BCE

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(Crédits : Reuters)
Ce haut cadre de la Banque centrale européenne juge que le secteur bancaire du continent est, en pleine pandémie de coronavirus, dans une "situation de faiblesse structurelle parce qu'il brûle du capital depuis dix ans", en raison notamment "d'un manque de restructurations."

Le président du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne (BCE), Andrea Enria, a estimé mardi que des fusions entre banques pourraient être utiles alors que l'épidémie de coronavirus rogne leur profitabilité.

"La pandémie mettra encore plus sous pression la profitabilité des banques, qui est déjà insuffisante. L'aggravation de cette faiblesse structurelle pourrait rendre utile l'évaluation d'opérations de fusion, même si ce n'est pas à nous, en tant qu'autorité de vigilance, d'intervenir directement", a souligné M. Enria dans un entretien au quotidien économique italien "Il Sole 24 Ore".

Le secteur est dans une "situation de faiblesse structurelle parce qu'il brûle du capital depuis dix ans", a-t-il dit, en déplorant "un manque de restructurations".

Lire aussi : Le crédit à la consommation devrait peser sur les banques françaises, selon Barclays

La crise du Covid toucherait moins l'économie réelle

M. Enria a néanmoins souligné que le système bancaire européen, pendant cette crise, "se montrait plus fort que par le passé. En  2008, il avait joué un rôle de multiplicateur de la crise touchant l'économie réelle. Aujourd'hui, au contraire, il fonctionne pour le moment comme amortisseur des difficultés".

Selon lui, il a ainsi "jusqu'ici bien réagi en permettant aux entreprises d'amorcer la traversée du désert nécessaire pour repartir", même si "la crise est encore dans une phase délicate" avec une incertitude totale sur l'avenir (deuxième vague de contagions ou pas, etc.).

Concernant le système bancaire italien, objet de vives inquiétudes en 2016-2017, M. Enria a souligné qu'il s'était "renforcé tant sur le plan patrimonial que des crédits détériorés" (des prêts risquant de ne jamais être remboursés, NDLR), même s'il présente encore des faiblesses structurelles, avec une faible rentabilité, des coûts élevés et un manque d'investissements dans les technologies les plus avancées.

De plus, "l'opération de nettoyage des bilans n'est pas encore terminée", a-t-il jugé, en notant qu'en Italie, les créances douteuses pèsent pour 6,7% des prêts contre une moyenne de 3,2% dans la zone euro.

Lire aussi : BCE : annuler les dettes des États "n'est pas une option"

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Commentaires
a écrit le 25/06/2020 à 7:37 :
pourquoi ne pas rendre a la banque de France son rôle initial auprès des Français.
et de classer les banques prive comme toute autre entreprise
a écrit le 25/06/2020 à 6:46 :
Fusionner avec « une passoire « ce n’est pas une bonne idée, une fusion c’est pour remonter le niveau .( une opération gagnante)
a écrit le 24/06/2020 à 23:28 :
Solution fusion "too big to fail" : si Deutsche Bank tombe, tout le monde plonge, merci !
a écrit le 23/06/2020 à 21:10 :
Et l'Union Européenne ne promeut plus le droit de la concurrence ? Encore un conseilleur qui n'est pas un payeur...
a écrit le 23/06/2020 à 15:36 :
Toujours plus de contraintes sur les banques, et des taux d'intérêts trop bas: voilà tout de même quelques éléments à rappeler. On ne saurait exonérer les politiques et la BCE de leurs responsabilités dans ce qui commence à poser problèmes dans certains pays (Italie et ses créances douteuses..). Et il suffit de voir les profitabilités des banques américaines, pour comprendre que la différence de rentabilité n'est pas due à un ralentissement de l'économie mondiale (pour faire simple, une seule grosse banque américaine fait plus de profit que l'ensemble du secteur européen).. Une banque qui ne fait pas de profit est dangereuse, il faut le comprendre!
a écrit le 23/06/2020 à 15:33 :
Vous nous rassurez !

On croyait que c'était les paradis fiscaux qui mettaient en péril l'investissement mais pas du tout en fait !

Ouf !

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