Nasdaq renonce à la Bourse d'Oslo, Euronext renforcé en Europe

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La Norvège représentera 15% de l'activité d'Euronext (pro forma), soit le troisième pays après la France et les Pays-Bas (24%).
La Norvège représentera 15% de l'activité d'Euronext (pro forma), soit le troisième pays après la France et les Pays-Bas (24%). (Crédits : Euronext)
L'opérateur américain a retiré son offre d'achat, laissant le champ libre à son rival français Euronext, qui a déjà sécurisé plus de la moitié du capital d'Oslo Bors.

Nasdaq avait dit étudier ses options, après le feu vert du gouvernement norvégien, il y a deux semaines, au rachat de la Bourse d'Oslo par l'un ou l'autre des acquéreurs potentiels, lui-même et le français Euronext. Le géant américain, qui avait pourtant la faveur de la direction et du conseil d'administration d'Oslo Bors, a finalement annoncé ce lundi 27 mai le retrait de son offre, laissant le champ libre à l'opérateur européen, qui avait déjà sécurisé plus de 53% du capital, contre 35% pour le Nasdaq. Dans un communiqué laconique, Oslo Bors a rappelé aux actionnaires, libérés de leurs engagements, que l'OPA d'Euronext expire le 31 mai à 18 heures.

L'opérateur de la Bourse norvégienne, valorisé environ 700 millions d'euros par les deux offres concurrentes, est l'un des derniers encore indépendants en Europe occidentale. Il était la dernière pièce manquante au puzzle du Nasdaq dans la région, où il possède les places de Copenhague, Helsinki, Stockholm, Riga, Tallinn et Vilnius. "Les actionnaires qui ont précédemment accepté l'offre sont libérés de leurs obligations aux termes de l'offre" précise Nasdaq, AB filiale de Nasdaq Inc, dans son communiqué. Les deux premiers actionnaires d'Oslo Bors, la banque norvégienne DNB (20%) et le fonds de pension norvégien  KLP (10%) s'étaient engagés à apporter leurs titres à l'offre du Nasdaq.

"Le soutien apporté à notre offre par la communauté économique et financière norvégienne renforce notre stratégie européenne et renforce notre engagement envers nos clients et la région", a déclaré Lauri Rosendahl, la présidente de Nasdaq Nordic.

Premiers pas en Scandinavie

Euronext, qui opère les Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne et Dublin, met pour la première fois le pied dans la région et hors de la zone euro (si l'on exclut son activité au Royaume-Uni). L'opérateur, qui se présente comme paneuropéen et comme un consolidateur, inscrit cette acquisition dans sa stratégie de diversification de son activité, Oslo Bors étant notamment leader dans les produits dérivés de la pêche et le Pdg d'Euronext, Stéphane Boujnah, avait souligné son "expertise dans les secteurs de l'énergie, de la pêche et du transport maritime." Il avait également dit vouloir faire d'Oslo un centre d'expertise sur le trading de matières premières. Ce rachat lui donne aussi accès au vaste pool de liquidités des épargnants scandinaves.

La Norvège représentera 15% de l'activité d'Euronext (pour des revenus combinés de 705 millions d'euros pro forma), soit le troisième pays après la France (46%) et les Pays-Bas (24%).

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Euronext Oslo pro forma revenus

[Répartition des revenus pro forma d'Euronext après acquisition d'Oslo Bors. Crédit : Euronext]

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Les actionnaires d'Euronext (dont les premiers sont Euroclear et la Caisse des Dépôts) ont voté à l'unanimité en faveur de ce rachat, lors de l'assemblée générale du 16 mai.

Le titre Euronext progresse légèrement de 0,16% ce lundi matin à la Bourse de Paris.

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Commentaires
a écrit le 27/05/2019 à 11:24 :
C'était la seule façon pour euronext de gagner car face à wall street elle pèse que dalle, je suppose que l'on devrait donc voir s'officialiser la fusion Renault Fiat Chrysler du coup.

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