Bataille d'Oslo : Euronext gagnant face au Nasdaq

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Stéphane Boujnah, le président directeur général d'Euronext.
Stéphane Boujnah, le président directeur général d'Euronext. (Crédits : Jacky Naegelen)
L'opérateur boursier français, qui souhaite racheter la Bourse d'Oslo, se félicite du feu vert du gouvernement norvégien, l'un des derniers obstacles à l'opération. Déçu, le Nasdaq, qui avait proposé une contre-offre, va évaluer ses options. Euronext soumet cette opération au vote de ses actionnaires le 16 mai et espère la boucler d'ici à la fin juin.

[Article mis à jour à 18h15]

Le dernier acte d'une bataille qui dure depuis février. La course au rachat de la Bourse d'Oslo a pris ce lundi 13 mai un tour décisif. Le ministère norvégien des Finances a rendu son avis très attendu : il a déclaré les deux acquéreurs potentiels d'Oslo Børs VPS, le français Euronext et l'américain Nasdaq, comme "convenables", suivant en cela la recommandation de l'autorité de surveillance financière norvégienne. Euronext s'est réjouit ce lundi matin d'avoir reçu le feu vert espéré pour son OPA, initialement lancée en janvier, et valorisant la Bourse norvégienne environ 700 millions d'euros.

"Atteignant ce cap critique, Euronext confirme son intention de finaliser la transaction d'ici la fin du mois de juin 2019" a déclaré le groupe dans un communiqué.

"La décision du ministère était l'une des dernières conditions majeures à la conclusion de la transaction."

Le ton est radicalement différent du côté du Nasdaq. Par le biais de sa filiale scandinave Nasdaq AB, l'opérateur américain a exprimé sa déception de ne pas voir imposée une condition suspensive qui aurait pu bloquer la route à Euronext.

"Si le ministère des Finances a confirmé que Nasdaq était un propriétaire convenable d'Oslo Børs VPS conformément aux exigences légales norvégiennes, la décision de ne pas exiger que la majorité des deux tiers des actions soit obtenue par toute personne cherchant à acquérir le contrôle d'Oslo Børs VPS est décevant", commente Lauri Rosendahl, la présidente de Nasdaq Nordic, dans un communiqué.

"Nous espérions que les autorités norvégiennes prendraient une décision conforme à cette pratique européenne répandue. Nasdaq va maintenant analyser la décision en détail et évaluer ses options."

"Déception" pour le Nasdaq qui pourrait renoncer

L'opérateur américain, qui contrôle toutes les autres bourses scandinaves et baltes (Copenhague, Helsinki, Stockholm, Riga, Tallinn, Vilnius), va-t-il jeter l'éponge ou augmenter son offre pour faire la différence ? La première option semble la plus probable. Le Nasdaq avait le soutien du conseil d'administration et de la direction d'Oslo Børs ainsi que de nombreux actionnaires, dont les deux premiers, la banque DNB (20%) et le fonds de pension KLP (10%), représentant en tout un peu plus de 35% du capital.

De son côté, l'opérateur paneuropéen (Paris, Bruxelles, Lisbonne, Amsterdam, Dublin) a rappelé qu'il a sécurisé la majorité du capital d'Oslo Børs VPS à savoir 53,4% (dont plus de 5% qu'il détient en direct). Il soumettra l'opération de rachat au vote de ses actionnaires en assemblée générale ce jeudi 16 mai. L'offre a été prolongée jusqu'au 31 mai et Euronext espère boucler la transaction d'ici à la fin juin.

"En tant que membre de la famille Euronext, Oslo Børs VPS continuera d'être une Bourse et un dépositaire central nordique forts et leaders, ainsi qu'une plaque tournante des ambitions d'Euronext dans la région. Euronext est impatient de soutenir la communauté financière et des affaires norvégienne, de travailler de manière constructive avec tous les mandants et parties prenantes clés afin de contribuer au succès d'Oslo Børs VPS" a déclaré Stéphane Boujnah, le Pdg d'Euronext, cité dans le communiqué.

L'action Euronext gagnait 2% lundi matin à la Bourse de Paris, signant la plus forte hausse du SBF120, avant de réduire son avance dans l'après-midi, dans un marché déprimé. Elle a clôturé en léger retrait de 0,17%

La direction d'Oslo Børs VPS semble d'ores et déjà résolue à la prise de contrôle par Euronext. Dans un communiqué, elle a pris acte de la décision du ministère.

"Cela veut dire qu'Euronext peut maintenant acquérir les actions pour lesquelles il avait des engagements, ce qui lui donnerait un pourcentage d'intérêt de plus de 50% des actions d'Oslo Børs VPS" souligne l'entreprise norvégienne. "Le conseil d'Oslo Børs VPS prend note de la décision et travaillera en étroite collaboration avec le nouveau propriétaire majoritaire afin de garantir la meilleure solution possible pour le groupe, les affaires et les employés."

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Commentaires
a écrit le 13/05/2019 à 8:45 :
"Nous espérions que les autorités norvégiennes prendraient une décision conforme à cette pratique européenne répandue."

Très intéressant puisque nous connaissons tous le sérieux des américain en ce qui concerne le business, donc il semble évident qu'une nouvelle fois en UERSS on fait ses petits arrangements en douce...

Maintenant il serait suicidaire de la part de la Norvège de choisir euronext plutôt que nasdaq surtout dans notre contexte actuel de déclin économie et politique tandis que les états unis exultent de ces deux côtés.

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