Les principales banques du pays, privées ou publiques, ont annoncée la suspension prochaine des transactions effectuées par des cartes bancaires fonctionnant avec le système russe de paiement Mir. Lancé en 2014 par l'administration Poutine, ce dernier est censé représenter une alternative aux systèmes internationaux, comme Visa ou MasterCard. Mais il n’est plus désormais accepté que dans une toute petite poignée de pays.
La Turquie ferme sa porte au système de paiement russe Mir (« monde »), portant un coup sévère à ses ambitions internationales. Trois banques publiques turques qui acceptaient jusqu'ici les cartes bancaires au logo Mir, quasi-exclusivement utilisées par des citoyens russes, ont en effet annoncé ce mercredi renoncer prochainement à toute transaction avec le système russe.
Une douche froide pour de nombreux touristes russes, ou ceux qui ont trouvé refuge en Turquie, et qui ne peuvent déjà plus utiliser leurs cartes bancaires, alors que les réseaux internationaux comme Visa et MasterCard avaient déjà suspendu leur service auprès des banques russes. Deux grandes banques privées, Denizbank et Isbank, avaient déjà suspendu la semaine dernière les transactions avec le réseau Mir. Concrètement, il n'y pas plus de banques qui acceptent en Turquie le moyen de paiement russe.
Inflexion du discours turc
Les mises en garde des autorités américaines semblent donc avoir joué à plein. La semaine dernière, le département du Trésor américain avait clairement indiqué que la conclusion de nouveaux accords ou l'élargissement d'accords existants avec le réseau de paiement Mir étaient de nature à permettre à la Russie de contourner les sanctions internationales.
Difficile pour les banques turques de se fâcher avec les autorités américaines au risque d'être coupées du système financier international (ou de subir de lourdes amendes), y compris des réseaux Visa, MasterCard, voire même de la messagerie interbancaire Swift. D'autant que le secteur bancaire turque est particulièrement développé dans le pays, et très en pointe en matière d'innovations dans les paiements.
Cette suspension annoncée par les grandes banques, notamment publiques, dont une traduit aussi une inflexion du discours officiel sur la question ukrainienne. En août dernier, lors d'une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine, le président turc Recep Erdogan, avait même souhaité élargir le champ d'acceptation de la carte Mir en Turquie. A New York, le président a confié à des journalistes que son pays cherchait désormais des alternatives à Mir, alors que les relations commerciales entre la Russie et la Turquie sont en plein boom.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.