Ukraine : les Bourses européennes piquent du nez, celle de Moscou s’effondre

Le regain de tensions sur le front ukrainien a fait plonger les principales places européennes ce lundi, à l’exception de Londres. La chute est beaucoup plus spectaculaire à Moscou (-13%), alors que les Occidentaux font bloc sur la question des éventuelles sanctions. Le CAC 40 termine en dessous des 6.800 points.
Le CAC 40 à Paris a touché ce lundi un point bas de l'année en séance.
Le CAC 40 à Paris a touché ce lundi un point bas de l'année en séance. (Crédits : BENOIT TESSIER)

La guerre des nerfs se joue également sur les marchés. Rassurées en début de séance ce lundi par les perspectives d'un sommet Etats-Unis-Russie sur la question ukrainienne, les Bourses ont vite plongé au son du canon entendu à la frontière entre l'Ukraine et les zones séparatistes appuyées par la Russie. La tension était à son comble en fin de journée alors que Vladimir Poutine envisage de reconnaître l'indépendance des régions séparatistes d'Ukraine. Les stratégistes de marchés avaient prévenu : il va falloir s'habituer aux grands écarts sur les marchés.

A Paris, l'indice CAC 40 est repassé sous le seuil des 6.800 points (à 6.788,34 points à la clôture), en reculant de 2 %, touchant même en séance le point bas de l'année. Même scénario sur les principales places européennes. A Londres, en revanche, l'indice Footsie fait de la résistance. Les marchés aux Etats-Unis sont en revanche fermés pour le President's Day.

Lundi noir à Moscou

La Bourse de Moscou s'effondre de son côté de plus de 13%, ce qui porte à près de 25% la baisse de l'indice RTS depuis le début de l'année. Il faut remonter à la crise financière de 2008 pour retrouver une telle panique sur les marchés russes. Parallèlement, le coût des emprunts russes monte en flèche, au-delà de 10%, et le rouble continue de dévisser, autour de 90 roubles pour un euro.

Les menaces occidentales, notamment celles du Premier ministre Boris Johnson à Londres, de couper tous les tuyaux financiers qui irriguent la Russie, et de se pencher au plus près sur les avoirs détenus à Londres par des proches du pouvoir russe, ont visiblement fait leur effet. D'ailleurs, les géants russes du pétrole ou du gaz, comme Gazprom, sont particulièrement chahutés en Bourse.

Les Etats-Unis et la place de Londres ont en effet le pouvoir d'asphyxier l'économie russe en supprimant tout accès aux dollars, la devise des matières premières, ou aux livres sterling. Les Etats-Unis avaient même évoqué, il y quelques semaines, d'interdire l'accès aux entreprises russes au réseau international de paiement Swift, ce qui aurait des conséquences économiques et financières catastrophiques.

Risque de flambée des prix de l'énergie

Les tensions persistantes en Ukraine font surtout craindre sur les marchés une nouvelle flambée du prix des matières premières, pétrole et gaz, de quoi conforter le niveau déjà élevé de l'inflation. Le prix du Brent a pris d'ailleurs 2%, revenant sur les 95 dollars le baril. Une aggravation du conflit pourrait remettre en cause les approvisionnements en gaz de l'Europe alors que le parc nucléaire ou d'énergies renouvelables tournent déjà à pleine capacité. Et bien sûr, tous les investisseurs sont quelque peu tétanisés à l'idée d'un conflit de grande ampleur aux portes de l'Europe.

Une éventuelle nouvelle envolée des prix des matières premières pourrait au passage remettre au premier plan les inquiétudes sur le rythme de la normalisation des politiques monétaires, aux Etats-Unis et en Europe. Désormais, les investisseurs tablent sur une hausse de 50 points de base du taux directeur américain, contre 25 points de base prévu initialement. En attendant, ce sont les titres industriels ou les valeurs exposées à la Russie qui ont le plus souffert.

Lire aussi 3 mnEtats-Unis : face à une inflation « pas tolérable », la Fed veut serrer la vis plus rapidement

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Commentaires 19
à écrit le 22/02/2022 à 19:01
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Ces sanctions occidentales sont de véritables aboiement..et va détruire tout le système capitalisme..

à écrit le 22/02/2022 à 10:13
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Paradoxalement, les sanctions européennes de 2014, à la suite de l’annexion de la Crimée, ont permis à l’agriculture russe de faire un bond qualitatif. Le pouvoir russe a été contraint de se réorganiser, en mettant fin à ses importations de blé en pr...

le 23/02/2022 à 2:28
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Super, avec quell argent les russes vont acheter leur pain? La seule reussite de Poutine , c'est d'apauvrir leur economie.

à écrit le 22/02/2022 à 10:01
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Il faut avouer que ya de bonnes nouvelles de temps en temps.

le 22/02/2022 à 19:46
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Vous confirmez les avis donnés ici et là sur la qualité de vos interventions

le 23/02/2022 à 10:04
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@ faux comme toujours: Les avis que tu donnes au travers de tout tes pseudos restent ton seul avis du sait ? Pas étonnant qu'à force de troller tu finisses schizophrène. Signalé.

à écrit le 22/02/2022 à 9:57
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Les américains ont vraiment tout gagné, Mr Macron a bien essayé de sauver le navire Europe mais l’Oncle Sam avait si bien joué que nous allons déguster. Le prix du gaz et de l’électricité vont exploser dans l’UE avec le blocage de Nord Stream 2 , les...

le 22/02/2022 à 13:26
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les américains vont vendre a l'UE leur gaz de schiste et bien senrichir, a 3 fois le prix de ce que les Russes allaient nous vendre le leur. Ne vous reste plus qu'a recolter les bouses de vaches pour vous chauffer au poele comme au 19eme siecle

à écrit le 22/02/2022 à 7:52
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La Russie joue la montre car son économie n'est pas aussi financiarisée que celle de l'Occident. Cette ultra-financiarisation est notre talon d'Achile qui nous rend vulnérable à toutes spéculations réalisée par nos adversaires. Ce n'est pas par hasar...

à écrit le 22/02/2022 à 7:40
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J'ai une réflexion sur l'informations Francaise et la sphère médiatique . Nous accédons à un nouveau palier ces derniers temps avec un possible conflit entre les USA et la Russie aux portes de l'Europe . Depuis maintenant quelques années lorsque je...

à écrit le 21/02/2022 à 22:14
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L'or et l'argent n'ont pas mouffetés ( même pas 0.5 % ).. si il y a indicateurs de la peur c'est ceux là... l'horloge de l'apocalypse est bloquée sur minuit moins 100 secondes depuis 2 ans certes, mais n'est mise à l'heure qu'une fois par an. Les ind...

à écrit le 21/02/2022 à 21:57
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Quand la Frqnce va recuperer ses territoires historiques comme Saarbruken par exemple.

à écrit le 21/02/2022 à 21:55
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Tant que il n'y a que le cac 40 qui chute, ça va, mais ce n'est pas fini (la vie ou la bourse ! disent les gamins dans les cours d'écoles)

à écrit le 21/02/2022 à 21:22
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Comme en 39 avec les sudetes c'est quand meme surpremenant qu'un pays qui a lutté contre le Nazisme en arrive aux memes mehodes et que l'occident se comporte de la meme facon c'est a dire baisse sa culotte .

à écrit le 21/02/2022 à 21:22
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Comme en 39 avec les sudetes c'est quand mme surpremenant qu'un pays qui a lutté contre le Nazisme en arrive aux memes mehodes et que l'occident se comporte de la meme facon c'est a dire baisse sa culotte .

à écrit le 21/02/2022 à 21:16
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Paradoxalement, la reconnaissance de l'indépendance des régions séparatistes peut être une bonne nouvelle pour tous (mot clé: peut) de point de vue de désescalade. Comme j'ai déjà écrit, pour le Kremlin toute cette histoire avec les menaces de guerr...

le 22/02/2022 à 5:23
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"On verra", ca c'est de l'attentisme, comme a l'epoque de Chamberlain. .Imaginez vous vivre dans un immeuble collectif avec des voisins qui foutent le bokson a longueur de journee, a un moment donne vous allez siffler la fin de la partie. Et bien pou...

le 22/02/2022 à 8:30
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Merci de votre bon commentaire œil-de-bœuf Bien vu je pense aussi

le 22/02/2022 à 10:44
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@matin clames: Non, Poutine a déjà perdu, surtout si tout s'arrête ici. La reconnaissance des républiques, c'est juste pour sauver l'image. De facto, rien ne change. Elles étaient de facto "indépendantes" (voir sous contrôle russe). En ce qui concern...

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