L'emploi dans la banque baisse encore, en attendant la vague numérique
Delphine Cuny et Gabrielle Thin

IBM Watson, IA
DR
Delphine Cuny et Gabrielle Thin

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Les banques françaises ont augmenté leur recrutement l'an dernier, en embauchant 42.200 personnes (+2,7% par rapport à 2016), mais la tendance à la baisse des effectifs s'est poursuivie pour la septième année consécutive. Elle s'est même accélérée l'an passé : le secteur emploie 366.200 personnes à fin 2017, soit un peu plus de 4.000 personnes en moins (-1,2%), selon les chiffres publiés ce mercredi par la Fédération bancaire française (FBF).
[Evolution de l'emploi chez l'ensemble des membres de la Fédération bancaire française, y compris banques mutualistes. Crédits : FBF]
Cette baisse s'accompagne toutefois d'une hausse de l'emploi qualifié et pérenne puisque les diplômés de niveau bac +4 ou +5 représentent plus de la moitié des recrutements en CDI.
Les recrutements ont surtout concerné les postes de conseillers (plus d'un sur trois), mais aussi l'informatique (près de 15% des nouveaux emplois en 2017 contre 12% en 2016). La directrice générale de la FBF a souligné que le département conformité d'une grande banque française employait quelque 3.600 personnes à lui seul.
[Evolution de l'emploi chez les seules banques commerciales françaises. Crédits AFB/FBF]
Interrogée sur les perspectives du secteur à cinq ans, avec l'arrivée de l'intelligence artificielle et l'accélération de l'automatisation, la directrice générale de la FBF ne s'est s'est pas risquée à des prévisions.
La FBF avait commandité une étude sur l'intelligence artificielle dans la banque, dans le cadre de l'Observatoire des métiers de la banque, au cabinet de conseil Athling : cette étude, publiée en décembre 2017, ne comportait aucune estimation chiffrée de l'impact potentiel de l'IA sur l'emploi. L'essor de l'intelligence artificielle fait craindre au syndicat FO Banques « plus de 30.000 emplois de conseillers susceptibles de disparaître à court terme et des centaines voire milliers d'agences qui pourraient fermer. » Plusieurs patrons de banques étrangères ont évoqué des réductions d'effectifs très significatives liées à la technologie (30.000 emplois chez UBS, 10.000 emplois chez Citigroup).
Quant à l'impact du numérique en général, même si la fréquentation des agences continue de baisser, le lobby de la profession veut croire que le modèle français alliant agence physique et service digital a de l'avenir.
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Plusieurs grandes banques ont annoncé au début de l'année la fermeture de centaines d'agences (200 chez BNP Paribas, 400 chez BPCE et 300 à la Société Générale). Dans l'ensemble, les banques françaises ont réduit le nombre d'agences, de 2,9% entre 2006 et 2009 (et de 0,1% en 2017), mais bien moins que leurs voisins européens (-21,1% dans la zone euro). « Il n'y a pas aujourd'hui de désertification bancaire » a affirmé la directrice générale de la FBF.
Si les départs à la retraite ont permis d'accompagner les restructurations des réseaux d'agences, un point d'inflexion est attendu dans 4 à 5 ans, avec la fin de la vague des baby-boomers.
Les effectifs du secteur financier en France bénéficieront peut-être d'un effet Brexit, qui tarde pour l'instant à se matérialiser. La FBF a réitéré son évaluation de 1.000 emplois relocalisés à Paris par les banques françaises qui sont malgré tout « assez peu concernées », a relevé la directrice générale de la FBF. Elle a espéré une deuxième vague post-Brexit du côté des banques étrangères.
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« En cas de "hard Brexit", il pourrait y avoir des relocalisations massives » a-t-elle prédit. Elle a d'ailleurs noté « un regain d'intérêt des banques étrangères » pour la capitale, notamment dans leur participation aux instances de la FBF.
Delphine Cuny et Gabrielle Thin