Société Générale va supprimer 900 emplois et 300 agences en France

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Ce projet de réorganisation se réaliserait sur la base, en priorité de mobilités internes, et aussi de départs naturels et volontaires, assure la direction de la Société Générale.
Ce projet de réorganisation "se réaliserait sur la base, en priorité de mobilités internes, et aussi de départs naturels et volontaires", assure la direction de la Société Générale. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
La banque a annoncé lundi soir, dans le cadre de son plan stratégique à trois ans présenté en détails ce mardi, une nouvelle vague de fermetures d'agences qui pourrait conduire à ces suppressions de postes qui s'ajoutent aux 2.500 déjà annoncées début 2016.

[Article mis à jour le 28/11 à 18h30]

Nouvelle vague de suppressions d'emplois et de fermetures d'agences à la Société Générale : la banque de La Défense a annoncé ce lundi soir un projet d'« adaptation » de son réseau de banque de détail dans le cadre de son plan stratégique à horizon 2020 qui sera présenté ce mardi aux investisseurs, baptisé "Transform to grow" - "se transformer pour croître", en anglais, une ironie que les salariés apprécieront. La Société Générale a détaillé ce lundi aux partenaires sociaux ce nouveau plan social :

« Ce plan pourrait conduire à environ 900 suppressions de postes en complément des 2.550 déjà annoncées début 2016, portant leur nombre total à environ 3.450 à l'horizon 2020 » écrit la banque dans un communiqué. [...] « ce projet se réaliserait sur la base, en priorité de mobilités internes, et aussi de départs naturels et volontaires », assure-t-elle.

Mais elle n'exclut donc pas des licenciements.

Société Générale plan stratégique 2020

[Les objectifs financiers du plan stratégique "Transform to grow" : les taux moyens de variation annuelle (TMVA) 2016-2020 sont calculés sur la base des données sous-jacentes de 2016. Crédits : Société Générale]

Réorganisation et plan d'économies

Le syndicat FO Société Générale a réagi vertement ce mardi matin sur son site web :

« Il ne s'agit plus là de "respect de dialogue social" mais de casse sociale et les dérives observées dans le "traitement" social des départs "volontaires" dans le réseau ne présagent rien de bon pour les salariés » [que] « cette stratégie [prend] pour une variable d'ajustement, pour un pion dans un jeu d'échec truqué. »

Cette réorganisation aura un impact exceptionnel d'environ 400 millions d'euros dans les comptes du quatrième trimestre (la provision portera également sur « l'accélération de la mise à niveau de certains dispositifs de conformité »).

L'une des priorités du plan stratégique est la maîtrise des coûts: la banque veut réaliser « un nouveau plan d'économies de 1,1 milliard d'euros à horizon 2020. »

En Bourse, la Soc Gen accuse la pire performance boursière des plus grandes banques de la zone euro depuis le début de l'année, en repli de 8%. La réaction des marchés est plutôt positive : l'action a gagné 0,3% ce mardi.

Moins d'agences et de plus gros clients

La Soc Gen dit vouloir « accélérer la transformation, notamment digitale, de l'ensemble des métiers et des fonctions et particulièrement dans la Banque de détail en France », soulignant le contexte d'un « monde bancaire européen en pleine mutation industrielle. » Elle précise dans son plan stratégique que son réseau passera de 2.000 à 1.700 agences dans trois ans, soit en réalité une centaine de plus qu'annoncé fin 2015, et à peine plus que le LCL qui prévoit de ramener son parc à 1.640 agences dans trois ans.  « En 2020, la banque sera en situation de préparer la prochaine étape de la transformation de son modèle », indique la Soc Gen.

Le groupe affirme son positionnement haut de gamme, sauf pour Boursorama, leader de la banque en ligne, qui doit doubler le nombre de ses clients à plus de 2 millions d'ici 2020 (un objectif déjà fixé en 2015). Il se présente en effet comme « la troisième banque de détail en France » (sur la base du produit net bancaire de 2016), « essentiellement avec ses deux réseaux traditionnels : Société Générale et Crédit du Nord, qui visent de plus en plus à fournir des services sophistiqués et à valeur ajoutée aux entreprises, aux professionnels et aux clients patrimoniaux et fortunés. » Exit les petites agences et les clients peu rentables donc. La banque de détail en France devra augmenter ses revenus de plus de 1% par an en vendant plus d'assurance (vie, prévoyance, etc), grâce à la banque privée et aux pros et entreprises.

« Il nous faut être une banque totalement digitale, pour le bénéfice de nos clients et de nos collaborateurs », affirme Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale, dans un entretien  aux Echos.

La Société Générale compte aussi réduire de 20 à 14 le nombre des plateformes de back-office et automatiser 80 % des processus internes "front-to-back" d'ici 2020.

« Notre  ambition est ainsi de générer une croissance supérieure, rentable, et durable. Dans un monde bancaire européen en pleine mutation industrielle, notre groupe est prêt à aborder une nouvelle étape de son développement et de sa transformation », déclare Frédéric Oudéa, dans le communiqué, semblant préparer la mariée en vue d'une fusion : « Société Générale sera dès lors en position de force pour participer à l'achèvement de la construction d'un secteur bancaire européen plus intégré », conclut-il.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2017 à 9:48 :
Super les suppressions d emploi
Cela fait du boulot pour les psychiatres qui réinvestissent dans la banque et plein d antidépresseurs qui nourrissent les évacués donc très bon pour les pharmacies et les labo qui réinvestissent dans la banque
C est ça l économie circulaire ?
Dr Heck
a écrit le 29/11/2017 à 8:41 :
La Société Générale n'est pas ma banque et ne le deviendra jamais, et pour cause.
Lorsque l'on observe les tendances qu'elle entend suivre, il est clair que l'on peut en conclure qu'elle veut sacrifier la partie banque populaire de comptes courants et de dépôt pour devenir une banque exclusivement d'affaires.

Que chaque particulier ou ménage ou commerçant en prenne bien conscience et se trouve une autre banque. La S.G. ne veut plus rien savoir du français moyen.

Alors le français moyen que je suis lui répond ceci :

Je vois autour de moi un nombre phénoménal de gens qui ont pris de l'âge et dont certains ont passé ce que l'on appelle le troisième pour vivre leur quatrième âge, c'est à dire la grande vieillesse.
Toutes ces personnes qui représentent des millions de consommateurs non désargentés pour la plupart ont vécu l'essentiel de leur existence par le contact humain direct, sans smartphone, sans ordinateur et sans internet. Leurs besoins en liquidités se sont exercés et satisfaits par de régulières visites à leur agence ou par un accès à un automate bancaire sécurisé et abrité.
Leurs placements et mouvements bancaires se sont fait de la même manière grâce à des contacts humains dans des officines où la convivialité et l'écoute comptaient autant que l'objectif qu'ils cherchaient à atteindre.

Pour moi-même, même si j'effectue un bon nombre d'opérations sur bornes bancaires, n'ayant pas atteint leur grand âge, je me refuse pourtant à gérer mes biens uniquement par informatique et télécommunication en rejoignant leur goût du contact et de la discussion directe.

Ce que je vois surtout est que la tendance aux moyens déshumanisés n'est suivie que par des gens qui se sont laissés entièrement absorber par leur vie professionnelle et leurs loisirs et qui ne veulent plus consacrer aucun temps ni aucun déplacement à leurs besoins financiers. Leur course à l'échalote n'inclut pas les moyens monétaires. Les facilités et économies en temps/déplacements les ont sortis des utilisateurs communs et les ont fait entrer dans un monde virtuel. Ce sont les mêmes qui conversent par sms, faceboock et autres prismes sociaux sans jamais prononcer un mot de la langue de Molière.

Mais cette tendance moderne ne représente pas la réalité du plus grand nombre dont d'ailleurs la quasi totalité des commerçants et la grande majorités des ruraux.

Puisque des groupes bancaires veulent orienter leurs services vers ce monde déshumanisé, j'ai quant à moi cette simple et furieuse envie de les mettre hors tout univers fraternel et solidaire. Au moindre incident qui les frapperait, je leur dirais non messieurs ne comptez pas sur l'écoute, la compréhension et la solidarité des contribuables et utilisateurs que vous avez voulu fuir. Restez seuls face à vos problèmes.
a écrit le 28/11/2017 à 12:48 :
Normal. Et ce n'est que le début....
a écrit le 28/11/2017 à 11:38 :
Chaque semaine on nous annonce des milliers de suppressions de postes, on nous dit pourtant que le numérique n'arrête pas d'en créer du travail mais c'est jamais par milliers lui par contre.
a écrit le 28/11/2017 à 9:35 :
La SG supprime 300 opportunités de trouver de nouveaux clients ?
a écrit le 28/11/2017 à 9:10 :
Le numérique va conduire à la suppression de la grande partie des agences bancaires .
Les centres villes sans commerces, sans agences bancaires, que restera t il comme activités économiqiques ?
Tout le monde savait depuis plus de 20 ans que nous en arriverions à cette triste situation pour les centres villes
On pourra transformer toutes ses surfaces en garages pour véhicules voilà au moins une bonne nouvelle
a écrit le 28/11/2017 à 8:16 :
Cette banque a perdu tout prestige.
a écrit le 28/11/2017 à 7:43 :
Les 1er effet des lois Macron sur le dérèglement du code du travail se font sentir.....
Vous alllez voir, cela va créer des emplois chez pôle emploi !!!!

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