Les banques centrales dans les starting-blocks, mais pour quel résultat ?

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De nombreux spécialistes s'interrogent sur les risques de cette baisse des taux opérée par la Fed. Ils craignent d'une part que cette décision trop précipitée, faite sous la pression de Trump, ne participe à l'envolée du stress sur les marchés, mais surtout qu'en agissant prématurément, la banque centrale ne se retrouve dans les semaines à venir sans aucune munition pour agir si l'épidémie perdure.
De nombreux spécialistes s'interrogent sur les risques de cette baisse des taux opérée par la Fed. Ils craignent d'une part que cette décision "trop précipitée", "faite sous la pression de Trump", ne "participe à l'envolée du stress sur les marchés", mais surtout qu'en agissant prématurément, la banque centrale ne se retrouve dans les semaines à venir "sans aucune munition" pour agir si l'épidémie perdure. (Crédits : Reuters)
Pour rassurer les marchés paniqués par les effets du coronavirus, les banques centrales ont promis de prendre des mesures appropriées. La Fed, comme deux autres banques, a déjà baissé ses taux. Une précipitation qui interroge et inquiète.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe sur les marchés. Mardi 3 mars, au sortir d'une réunion décevante des ministres des Finances et des banquiers centraux du G7 qui promettent une action concertée mais aucune annonce concrète, la banque centrale des États-Unis (Fed) annonce, à la surprise générale, qu'elle baisse d'un demi-point de pourcentage ses taux, lesquels évoluent désormais entre 1% et 1,25%. Que la Fed prenne une telle décision sans attendre sa prochaine réunion du 17 mars, c'était du jamais-vu depuis la crise financière de 2008.

Si la Fed a décidé de réduire ses taux, c'est pour que les banques commerciales américaines abaissent, à leur tour, le coût du crédit. De quoi doper la consommation des ménages et favoriser l'investissement des entreprises pour stimuler l'économie. Toutefois, de telles décisions n'ont pas un impact immédiat dans l'économie réelle, et il faudra attendre quelques mois pour mesurer l'efficacité du "coup de fouet significatif à l'économie" espéré par Jerome Powell, le président de la Fed.

Une mesure précipitée

Par ailleurs, le patron de la banque centrale américaine suggère lui-même que cette action risque d'avoir peu d'effets sur une crise qui affecte l'offre.

« Nous reconnaissons qu'une baisse de taux ne réduira pas le taux d'infection et que cela ne résoudra pas les problèmes de chaînes d'approvisionnement. Nous avons cela en tête », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse improvisée.

Mêmes doutes concernant l'efficacité d'une telle mesure sur la demande.

"Si vous ne voulez pas faire un voyage d'affaires ou aller à un concert, le fait que la Fed abaisse ses taux ne changera probablement pas votre décision, qui se fonde sur votre peur du virus", commentait, à l'AFP, Karl Haeling de la banque allemande LBBW.

Pis encore, de nombreux spécialistes s'interrogent sur les risques de cette décision précipitée, craignant que la Fed se retrouve dans les semaines à venir "sans aucune munition" pour agir si l'épidémie perdure. "La capacité des banques centrales à faire face à un choc est très réduite et cela participe à l'envolée du stress sur les marchés", analyse l'économiste indépendante Véronique Riches-Flores, pour qui cette décision "incompréhensible, sinon stupide", prise sous la pression insistante de Donald Trump, "risque fort de se retourner contre la Fed sous peu".

Des marges de manœuvre limitées

La Réserve...

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Commentaires
a écrit le 04/03/2020 à 12:58 :
La problème des banques centrales est qu'elles n'ont plus beaucoup de munitions "ordinaires". Il va falloir qu'elles fassent preuve de beaucoup de créativité;
Cordialement
a écrit le 04/03/2020 à 11:52 :
l'incompetence est sans nom
on est deja dans une trappe a liquidite
le probleme qui risque de se passer, c'est que les entreprises aient leurs supplychains entravees, donc ne peuvent pas produire, et que les clients ne veulent pas voyager ou acheter des produits dans des supermarches bourres de monde, donc pb de consommation.........
injecter de la liquidite ca ne sert a rien vu les pbs en jeu, par contre ca crame les cartouches pour le jour ou il y aura un pb
faut quitter les yeux de ses equations et faire parfois juste preuve d'un peu de bon sens, ca evite les deconvenues
Réponse de le 05/03/2020 à 0:00 :
Je pense qu'à un moment , si certains pans de l'économie sont touchés, et comme on ne maîtrise pas la durée d'une épidémie, il faudra bien aider ces entreprises pour qu'elles ne licencient pas, car comment feront-elles pour payer leurs salariés si elle n'engrangent pas de cash ? Sans liquidités, elles risquent même de se retrouver en faillite.Il faudra bien alors des facilités financières ciblées.
a écrit le 04/03/2020 à 11:48 :
Une aberration de notre dictature oligarchique financière habituelle plutôt non ?

Sans les médias pour la tenir à bout de bras nous aurions tourné la page de cette catastrophe depuis belle lurette.

Plus d'insectes, plus d'animaux, plus d'hiver, plus (+) de canicules, plus de pollution... mais tout va bien voyons ! C'est notre faute à nous qui ne sommes pas "positifs" voyons !"

Puis toutes ces fakes news qui exposent la réalité franchement...

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