Les marchés plombent Société Générale et BNP Paribas

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Les banques françaises BNP Paribas et Société Générale, qui ont publié ce vendredi matin leurs résultats trimestriels, affichent des performances en berne.
Les banques françaises BNP Paribas et Société Générale, qui ont publié ce vendredi matin leurs résultats trimestriels, affichent des performances en berne. (Crédits : Euronext)
Les deux banques françaises, qui ont publié ce vendredi matin leurs résultats trimestriels, ont enregistré une forte baisse de leurs activités de taux et de change, malgré une stabilisation de la banque de détail. L'action Soc Gen dégringole de 6%.

[Article mis à jour à 18h15]

La volatilité sur les marchés boursiers et la correction de février n'ont pas profité à tous les acteurs. Si les banques américaines telles que Morgan Stanley et Goldman Sachs ont battu les attentes grâce à un regain d'activité sur les marchés, les banques françaises BNP Paribas et Société Générale, qui ont publié ce vendredi matin leurs résultats trimestriels, affichent des performances en berne dans ce domaine.

L'action Société Générale a perdu plus de 5% ce vendredi à la Bourse de Paris, celle de BNP Paribas a limité son recul en clôture à 1,15%. Elles ont signé les plus fortes baisses du CAC 40.

Le produit net bancaire de BNP Paribas, première banque de la zone euro par les actifs, a reculé de 4,4% à 10,8 milliards d'euros au premier trimestre, légèrement en deçà des attentes. Il est en baisse de 14,6% dans les activités de marché à 1,5 milliard, certes par rapport à une base de comparaison élevée l'an dernier mais aussi du fait de la chute des revenus issus de l'obligataire et des changes (-31,4%). L'activité de banque de détail affiche, en revanche, une légère croissance (+0,4%). Le bénéfice net part du groupe est en repli de 17,3% à 1,5 milliard d'euros.

"Même si le contexte de marché a été moins porteur en Europe qu'au premier trimestre 2017, ces résultats sont en ligne avec la trajectoire du plan 2020 et l'atteinte de ses objectifs", a commenté le directeur général, Jean-Laurent Bonnafé, dans un communiqué.

Lire aussi : Deutsche Bank : des "décisions difficiles" en vue sur les marchés

Boursorama moteur de conquête de clients

Du côté de la Société Générale, cinquième banque de la zone euro par les actifs, le produit net bancaire a reculé de 2,8% à 6,29 milliards d'euros, en dessous du consensus. Le bénéfice net est en hausse de 13,8% à 850 millions d'euros, grâce à la forte baisse des provisions par rapport à l'an dernier (pour litiges et mauvaises créances). Ajusté des éléments non récurrents, il est en repli de 13,5%.

Les revenus des divisions de marchés sont en recul de 18% à 1,3 milliard d'euros, plongeant même de 31,1% dans les activités de taux, crédit, changes et matières premières, contre 10,7% sur les marchés d'actions, le tout "dans un contexte de dollar plus faible et par rapport à une base de comparaison élevée sur les produits de taux au premier trimestre 2017, en dépit d'une performance commerciale résiliente", observe la Soc Gen.

"Une performance décevante" a réagi le courtier Jefferies dans une note ce vendredi matin, qui évoque "des gains de part de marché au détriment des revenus".

Le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa a qualifié le trimestre de "bizarre, très contrasté d'un mois à l'autre sur les marchés" lors d'une conférence téléphonique ce vendredi matin.

Dans la banque de détail, en France, le produit net bancaire est en léger repli, de 0,7% à 2 milliards d'euros, du fait de moindres renégociations de prêts immobiliers. Le réseau au carré rouge et noir confirme s'attendre à une stabilisation cette année et indique gagner des clients dans la banque privée. Elle se félicite des performances de sa banque en ligne Boursorama, qui "démontre une nouvelle fois la force de son moteur de conquête, avec l'acquisition de 126.000 clients sur le trimestre, signant un trimestre record en hausse de 57%". Le leader français de la banque en ligne compte 1,4 million de clients à fin mars.

"Les performances commerciales sont solides pour l'essentiel de nos métiers, notamment de banque de détail, et en dépit de l'évolution contrastée des différentes activités de marché, le groupe dégage une rentabilité sous-jacente très encourageante", a déclaré Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale.

Au sujet des litiges en cours, les enquêtes sur les manipulations de taux interbancaire Libor et sur l'affaire de corruption en Libye, il a indiqué lors d'une conférence téléphonique ce vendredi matin que la banque "est en discussions actives avec l'ensemble des autorités", comprendre américaines et françaises notamment, et espère "aboutir à un accord dans les prochains jours ou les prochaines semaines." Il a précisé que "les enjeux étaient en phase avec le niveau de provisions" effectuées dans les comptes, à savoir de l'ordre d'un milliard d'euros sur ces deux dossiers.

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Commentaires
a écrit le 04/05/2018 à 16:22 :
On comprend parfaitement que les actionnaires soient exigeants vis à vis des établissements bancaires leur demandant de gros rendements. Nos politiciens leur appartenant, les banques ont dorénavant quasiment la plupart des pouvoir et échappent aux autres, il n'y a donc forcément que des mauvaises raisons qui peuvent faire reculer ces chiffres. Quand on a tout et qu'on n'est pas au maximum de rendement c'est qu'il y a de la mauvaise volonté quelque part hein !?

Non mais vous savez combien ça coute tout ces politiciens hein !? Bon moins qu'à une certaine époque c'est sûr mais quand même, on est pas là pour jeter l'argent par les fenêtres hein ! On veut du 30% de revenus supplémentaire par an point barre !

Logique.
a écrit le 04/05/2018 à 12:58 :
Attendez de voir ce qui va se passer quand les investisseurs découvriront que ces 2 banques ne déduisent pas leurs créances douteuses (prêts à risque) de leur fonds propres pour le calcul de leur ratio de solvabilité (ratio Core Tier 1) comme les normes comptables internationales leur imposent pourtant de le faire, si bien que leurs ratios de solvabilité sont inférieurs à 3% (contre 10% minimum attendus), ce qui veut dire qu'elle ne sont plus qu'à un cheveu de la faillite.
Réponse de le 06/05/2018 à 14:12 :
@One more thing 04/05/2018 12:58
Résultats des derniers "stress tests" effectués par la BCE
BNP
Scénario normal CET - 1 = 12.1 %
Scénario "tout va mal": CET - 1 = 8.6 %
SG
Scénario normal CET - 1 = 11.6 %
Scénario "tout a mal": CET - 1 = 8.0 %
Ref: BCE stress tests results
Pour les stress tests de 2018, les hypothèses du scénario "tout va mal" seront encore plus difficiles.
Cordialement
a écrit le 04/05/2018 à 9:56 :
Vite un nouveau libor

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