L'effet Trump a vraiment boosté les profits des banques américaines

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Les Bourses mondiales, en l'occurrence Wall Street, ont évolué à des niveaux inédits depuis novembre sur des espoirs de relance économique par les grands travaux promis par Donald Trump, qui sera investi vendredi.
Les Bourses mondiales, en l'occurrence Wall Street, ont évolué à des niveaux inédits depuis novembre sur des espoirs de relance économique par les grands travaux promis par Donald Trump, qui sera investi vendredi. (Crédits : © Brendan McDermid / Reuters)
Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup et Morgan Stanley ont bénéficié de l'euphorie des marchés qui a suivi la victoire de Donald Trump. Leurs activités de courtage ont connu un très bon quatrième trimestre.

La victoire surprise de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine du 8 novembre 2016 a entraîné une frénésie sur les marchés financiers en fin d'année, dans une période de faible activité habituellement, les investisseurs ajustant leurs portefeuilles en prévision de la clôture des comptes. Les promesses pro-business du candidat républicain d'une dérèglementation dans le secteur financier, d'une relance économique par une politique de grands travaux et de réductions des impôts ont incité les investisseurs à l'optimisme. Ce boom des marchés actions dans le monde, après un été très dynamique sur les marchés obligataires, s'est avéré une aubaine pour les grandes banques d'investissement.

Le secteur financier américain a également reçu un coup de pouce de la banque centrale américaine, la Fed, qui a relevé son taux d'intérêt principal. Une bonne nouvelle pour les banques qui peuvent répercuter cette hausse des taux sur les clients (prêts à la consommation, intérêts sur les cartes bancaires, les dépôts, prêts immobiliers...).

Goldman Sachs quadruple son bénéfice

Goldman Sachs a, certes, perdu son numéro deux, Gary Cohn, nommé par Donald Trump à la tête de son conseil économique, mais a aussi beaucoup gagné depuis l'élection du milliardaire : son bénéfice du quatrième trimestre a pratiquement quadruplé sur un an, principalement du fait de l'envolée des volumes de transactions dans les activités de courtage. Les revenus tirés des activités de taux fixes, devises et matières premières (FICC) ont bondi de 78,3% sur un an à 2 milliards de dollars.

La première banque d'affaires au monde a réalisé sur les trois derniers mois de 2016 un bénéfice net part du groupe de 2,15 milliards de dollars (2,01 milliards d'euros), contre 574 millions un an plus tôt. Toutefois, il faut se souvenir que ces résultats du quatrième trimestre 2015 incluaient une charge exceptionnelle liée à un règlement amiable de quelque 5 milliards de dollars...

L'action Goldman Sachs a déjà gagné 30% environ depuis l'élection de Donald Trump.

Citigroup voit son bénéfice progresser de 7%

La hausse est moins spectaculaire chez Citigroup, qui a publié mercredi un bénéfice trimestriel en hausse de 7%, soutenu entre autres par le dynamisme des transactions sur le marché obligataire et celui des devises. Dans les taux fixes, ses revenus ont progressé d'environ 36% sur un an et ceux du trading actions d'environ 15% sur octobre-décembre. Au total, les revenus des activités de marché et de services aux investisseurs ont bondi de 24% par rapport au même trimestre de 2015.

La quatrième banque américaine par les actifs a réalisé sur les trois derniers mois de 2016 un bénéfice net de 3,57 milliards de dollars (3,34 milliards d'euros). Toutefois, le produit net bancaire (PNB) ajusté, équivalent du chiffre d'affaires dans le secteur, a baissé de 9% à 17,01 milliards de dollars en raison de cessions et il est ressorti en dessous des attentes.

Morgan Stanley double son bénéfice grâce à l'obligataire

La veille, Morgan Stanley, au deuxième rang mondial pour les opérations de fusions et acquisitions en 2016, avait annoncé que son bénéfice avait doublé au quatrième trimestre 2016, à 1,51 milliard de dollars (1,41 milliard d'euros) contre 753 millions un an auparavant. Des résultats largement supérieurs aux prévisions et portés, là aussi, par un bond de l'activité de courtage. Le revenu du trading obligataire a atteint 1,5 milliard de dollars contre 550 millions un an plus tôt. Dans le trading actions, un point fort de Morgan Stanley, les revenus ont progressé à 2 milliards de dollars contre 1,8 milliard.

En revanche, le revenu du segment banque d'investissement, qui regroupe le conseil en fusion et acquisition (M&A) et le placement d'actions et d'obligations, a augmenté de 5,1% à 1,38 milliard de dollars. Morgan Stanley aurait d'ailleurs remercié un certain nombre de banquiers d'investissement de premier plan et réduit les bonus versés de 15% du fait de performances jugées décevantes dans ce domaine, selon Reuters.

Le produit net bancaire (PNB) trimestriel a augmenté de 16,6% à 9,02 milliards de dollars, contre un consensus des analystes de 8,47 milliards.

L'action Morgan Stanley a enregistré une hausse de 28,5% sur la période comprise entre le 8 novembre 2016 et le vendredi 13 janvier 2017.

JPMorgan Chase dégage des bénéfices 2016 record

La première banque américaine en termes d'actifs, JPMorgan Chase, a carrément réalisé des résultats record pour 2016, dopés par une "dynamique" récente de l'économie américaine et un bond de ses activités de courtage. Le bénéfice net annuel a augmenté de 1,2%, à 27,73 milliards de dollars, dont 6,73 milliards (+23,8% sur un an) au quatrième trimestre.

"L'économie américaine est en train de gagner en dynamique", a déclaré le PDG, Jamie Dimon, cité dans le communiqué, se référant aux mesures destinées à stimuler la croissance et à créer des emplois.

Le produit net bancaire a augmenté de 2,6%, à 99,14 milliards de dollars, sur l'année et de 2,5%, à 24,33 milliards, sur les trois derniers mois. Les marchés anticipaient 97,7 milliards de dollars et 23,95 milliards respectivement.

     >Lire : Effet Trump : JP Morgan envisage un super dividende

JPMorgan étant l'un des leaders mondiaux de la banque d'investissement, ses résultats sont très sensibles aux fluctuations de l'activité des marchés. Ses recettes issues du  courtage et plus particulièrement dans le "trading" des bons du Trésor et autres obligations, matières premières, devises, ont bondi de 31%.

A Wall Street, le titre JPMorgan Chase a gagné 29% depuis le 8 novembre.

Bank of America aidée par les taux et ses économies

La deuxième banque américaine, Bank of America, a vu son bénéfice s'envoler de 46,8% à 4,34 milliards de dollars au quatrième trimestre, mais de 13% "seulement" sur l'année, à 16,2 milliards. Les revenus des activités de marché ont augmenté de 11% au quatrième trimestre, alors que le Pdg, Brian Moynihan, avait évoqué récemment une hausse d'environ 15%. Sur les marchés obligataires, les devises et les matières premières, les volumes ont progressé de 12%, sur les marchés actions de 7%.

En revanche, l'activité de prêts à la consommation a profité du relèvement des taux d'intérêt. Si le produit net bancaire n'a crû que de 2%, en deçà des attentes, le plan d'économies a permis de réduire les dépenses d'exploitation de 6% et ainsi d'améliorer les bénéfices.

L'action BofA, qui avait gagné 35% depuis l'élection, a cédé du terrain à la publication des résultats vendredi.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 19/01/2017 à 13:57 :
l'électeur de M. TRUMP, américain de l'Amérique profonde, a enfin les moyens de s'assurer une retraite décente face à l'augmentation des taux d'interrêts des banques US: il achète des actions des grandes banques US, Goldman Sachs, Citigroup, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, etc. et pourra ainsi financer la hausse des traites du crédits de sa maison, de sa voiture, de ses meubles.
Un exemple de redistribution des richesses et profits à suivre !!
a écrit le 19/01/2017 à 12:17 :
On peut certes s’attendre à un léger redressement de l’économie US, sur la première année de la mandature, tout nouveau tout beau ; Et bien évidemment nos financiers se régalent déjà de l’orientation dérégulatrice qui se profile, et qui va encore appauvrir le peuple qui la élu. S’il laisse gérer ses ministres qu’il a choisis, comme il semble vouloir le faire, nous avons du souci à nous faire.
Mais attention au retour de manivelle. Ce Trump, qui s’imagine que l’on conduit un état comme on dirige une entreprise, va vite comprendre qu’on ne dirige pas un pays à coup de « tweet ». Pour diriger un pays comme le sien, il faut avoir une vision non seulement économique, mais géostratégique assez affutée, un recul et une culture sur l’histoire mondiale qu’il ne possède pas à mon avis.
a écrit le 19/01/2017 à 8:29 :
IL est évident que l'économie américaine, si trump fait ce qu'il dit, devrait raidement devenir encore plus puissante, à tel point que l'on se demande pourquoi nos dirigeants européens continuent de nous enfoncer dans les crises d'austérité et le néolibéralisme. On partait déjà avec du retard et alors qu'il faudrait réagir immédiatement nos vieux dirigeants all... heu européens dorment sur leurs rentes.

La finance c'est la mort.

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