Monnaie digitale, blockchain, IA... comment la Banque de France s'ouvre à l'innovation

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François Villeroy de Galhau est gouverneur de la Banque de France et président de l'ACPR depuis novembre 2015.
François Villeroy de Galhau est gouverneur de la Banque de France et président de l'ACPR depuis novembre 2015. (Crédits : Banque de France)
INTERVIEW - François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, lancera en mars un appel à projets pour expérimenter une monnaie digitale de "gros". Il décrypte pour La Tribune le futur de la finance à l'ère du numérique.

LA TRIBUNE - La finance est de plus en plus bousculée par les nouvelles technologies, d'internet à l'intelligence artificielle en passant par la blockchain et les cryptomonnaies. Selon vous, innovation et régulation sont-elles compatibles ?

FRANÇOIS VILLEROY DE GALHAU - L'innovation a toujours existé en matière financière et c'est une bonne chose. Cela offre des opportunités supplémentaires pour les clients, qu'ils soient particuliers ou entreprises. Notre premier engagement c'est d'être ouvert à l'innovation, de l'accompagner, et même d'en être nous-mêmes partie prenante pour renforcer l'efficacité du système financier. Mais nous sommes aussi garants de la stabilité financière et donc des contributions des innovations à la sécurité du système financier. L'ouverture d'un côté, et la sécurité de l'autre, sont parfois présentées comme une contradiction potentielle. Dans la durée, je pense que les deux convergent, car une innovation qui diminuerait la sécurité des particuliers ou des entreprises serait peu crédible et peu durable. Plus il y a d'innovations, plus il doit y avoir un dialogue avec le secteur privé, que ce soit avec les fintech, les banques et les compagnies d'assurance établies, ou demain, avec les big tech. Nous jouons pleinement notre rôle de superviseur, mais nous superviserons demain en intégrant ces innovations, chez nous comme chez les institutions supervisées.

Comment la Banque de France se transforme-t-elle de l'intérieur pour s'adapter à cette nouvelle donne technologique ?

Aujourd'hui, nous recrutons un certain nombre de profils - data scientists, des spécialistes de la cybersécurité et de l'intelligence artificielle - que nous ne recrutions pas il y a 15 ans. Nous avons créé un Lab en juin 2017, où nous avons mené une trentaine d'expérimentations parmi lesquelles le projet Madre [registre interbancaire décentralisé basé sur la blockchain, qui permet de délivrer instantanément les identifiants de créanciers SEPA. C'est la première blockchain mise en production par une banque centrale dans le monde, ndlr]. Aujourd'hui, la quasi-totalité des établissements bancaires français y sont connectés et nous envisageons de l'élargir au fichier des implantations bancaires cette année. Nos portes sont également ouvertes à tous, y compris aux fintech, et nous allons organiser cette année, avec l'ACPR [Autorité de contrôle prudentiel et de...

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Commentaires
a écrit le 17/02/2020 à 15:49 :
DIGICASH (david chaum) a été écrasé par les établissements financiers car le pouvoir était entre les mains des citoyens : hors de question pour les banques qui ne tolèrent personne dans leur fromage ! et la BF qui se réveille !
a écrit le 17/02/2020 à 14:23 :
la Banque de France s'ouvre à l'innovation ...

parler innovation, ca fait rire tout le monde ...

subir la modernité c'est la réalité

La Banque de France devrait aller voir les DéSORDRES, ce qui se passe à LA BANQUE POSTALE

depuis la semaine dernière, il est impossible de passer des virements vers des tiers,

le bug du site internet de la Banque Postale considère que les RIB des Impôts, SIP, DGFIP domicilés à la Banque Postale sont des RIB de "comptes épargne" ... !

quel bazar !

les clients leur envoient des mails,

les mails sont lus "accusés réception" près de 52 heures après !!!!

quel bordel !
a écrit le 17/02/2020 à 13:20 :
Ces gens ne veulent plus que nous sommes maître de notre argent. Ils veulent contrôler notre vie, nous priver de nos libertés.

(Et bien sûr, pas un mot sur la dépréciation de l'euro face au dollar depuis mi-2018, pas un mot sur les taux négatifs qui sont une aberration, pas un mot sur la dette française qui poursuit sa course folle, pas un mot sur les injections de milliards d'euro dans le système bancaire sous perfusion, etc.)
a écrit le 17/02/2020 à 10:20 :
Tout est question de confiance, pas de moyens. Une monnaie perenne aura toujours plus de valeur si elle repose sur quelque chose de tangible! Le troc en est la méthode simplifier!
a écrit le 17/02/2020 à 9:40 :
Quelles en sont les véritables raisons de cette débauche du numérique dans la monnaie quand nous savons que contrôler une monnaie revient à contrôler les pays, en l'espèce je crains que nos dirigeants ont failli..

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