Face à Libra, la Banque de France va tester une monnaie digitale de banque centrale

François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.
Banque de France

François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.
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Si la Banque de France a multiplié les mises en garde à l'égard du Bitcoin mais aussi du Libra de Facebook, elle n'est pas opposée au principe de monnaie digitale, si tant que celle-ci soit émise par une institution. Le gouverneur, François Villeroy de Galhau, a annoncé ce mercredi 4 décembre le lancement d'expérimentations en vue de la création d'une monnaie digitale de banque centrale dans les mois qui viennent, lors d'une journée de conférence organisée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (adossée à la Banque de France).
Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, très remonté contre le projet Libra de Facebook, avait appelé de ses voeux en septembre dernier une monnaie numérique publique.
La Banque de France sera la première banque centrale au sein la zone euro à s'engager dans une telle démarche. La Riksbank suédoise a entamé très tôt une réflexion sur une éventuelle e-couronne mais qui n'a pas encore abouti. La Banque centrale chinoise travaille aussi à un projet de monnaie de paiement électronique.
Pour expérimenter cette monnaie numérique interbancaire, l'institution compte travailler avec « des innovateurs privés de la place », dans le cadre de son Lab, et a transformé son organisation interne, en créant une direction des infrastructures, de l'innovation et des paiements. Nathalie Aufauvre, la directrice générale de la stabilité financière et des opérations, coordonnera l'ensemble de cette démarche, qui servira de laboratoire et contribuera à l'étude d'un éventuel « e-euro ».
une analyse plus approfondie
» de la valeur d'unemonnaie numérique de banque centrale et de sa conception optimale.
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La Banque de France n'a pas précisé quelle technologie était envisagée et s'il pouvait s'agir d'
un "stablecoin", une monnaie virtuelle dont le cours est totalement indexé à la valeur d'une monnaie ayant cours légal, en l'occurrence l'euro. On pense logiquement à la technologie blockchain, née il y a plus de dix ans avec le Bitcoin. La Banque de France a été l'une des premières banques centrales à lancer sa propre Blockchain, opérationnelle, à usage interbancaire, pour le traitement des identifiants de créanciers SEPA.Le gouverneur a souligné l'enjeu de souveraineté pour la France et l'Europe.
Il a rappelé que le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, avait défendu l'idée d'une "monnaie hégémonique synthétique", émise par « un réseau de monnaies digitales de banques centrales » qui pourrait « atténuer l'influence dominante du dollar dans le commerce international ».
François Villeroy de Galhau a défendu les avantages que pouvait apporter la digitalisation des monnaies de banque centrale. Elle peut être une réponse à la forte baisse de l'utilisation des espèces, comme en Suède. Elle peut créer d'importants gains d'efficacité, réduire les coûts d'intermédiation et renforcer la robustesse du système « dans les activités de règlement et de post-marché », l'objectif recherché par la banque américaine JP Morgan qui a créé son propre crypto-actif, JPM Coin, pour accélérer les paiements de gros entre ses clients institutionnels et entreprises.
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la liquidité, la rentabilité et l'intermédiation bancaires ». Que se passerait-il en cas de vague de retraits massifs ? Comment résoudre la question du respect de la vie privée en préservant une forme d'anonymat sans affaiblir la lutte contre le blanchiment ? Le chantier s'annonce vaste et complexe, mais la Banque de France a promis de le mener « de façon ambitieuse et méthodique.»