Panama papers : perquisitions en série chez Mossack Fonseca

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Les voitures de police ont commencé à arriver autour de l'immeuble de Mossack Fonseca dans l'après-midi sous la direction du procureur Javier Caravallo, spécialisé dans la criminalité organisée et le blanchiment d'argent.
Les voitures de police ont commencé à arriver autour de l'immeuble de Mossack Fonseca dans l'après-midi sous la direction du procureur Javier Caravallo, spécialisé dans la criminalité organisée et le blanchiment d'argent. (Crédits : Reuters)
Le procureur général du Panama a diligenté mardi soir une perquisition dans les bureaux du cabinet d'avocats Mossack Fonseca, la firme au coeur de l'affaire des Panama papers, à la recherche de preuves d'une éventuelle activité illégale.

La police panaméenne a fait une première visite des locaux du cabinet d'avocats Mossack Fonseca. "En ce moment, sont menées une perquisition, une inspection visuelle et une fouille au siège de la société Mossack" dans la capitale panaméenne, a indiqué dans un communiqué mardi soir le ministère public du Panama, précisant que des opérations semblables étaient en cours "dans des filiales du groupe".

Ainsi, au Pérou, les autorités fiscales ont perquisitionné lundi à Lima la filiale du cabinet pour y saisir des documents, tandis qu'à San Salvador, la police a saisi du matériel informatique la semaine dernière.

Des listings émanant de la société spécialisée dans les montages de sociétés écrans ont révélé que des dirigeants politiques et économiques de divers pays avaient fait appel à ses services pour créer des sociétés dans des paradis fiscaux. La police s'est dite à la recherche de documents "susceptibles d'établir l'utilisation éventuelle de la société pour des activités illicites".

Liste noire

Peu de temps avant la perquisition, le président du Panama, Juan Carlos Varela, a demandé au gouvernement français de "reconsidérer" sa décision de l'inclure à nouveaux sur la liste des paradis fiscaux, faute de quoi, le pays d'Amérique centrale exercera des mesures de représailles "diplomatiques".

Le 8 avril, la France avait annoncé qu'elle replacerait en 2017 le petit pays latino-américain sur la liste noire des paradis fiscaux dont elle l'avait retiré en 2012 et qu'elle demanderait à l'OCDE d'en faire autant.

Tour de vis européen - en trompe-l'oeil?

De son côté, la Commission européenne a présenté un nouveau plan pour obliger les multinationales à la transparence fiscale, au moment où la pression pour davantage de transparence s'accentue.

La nouvelle directive de la Commission prévoit de rendre publiques - "pays par pays" au sein de l'UE - les données comptables et fiscales des multinationales, soit leur chiffre d'affaires, leurs bénéfices, ainsi que l'assiette fiscale et les impôts payés dans les différents Etats membres.

Mais, hier, l'ONG Oxfam réagissait aussitôt au plan proposé par la Commission, le jugeant "insuffisant":

Le reporting pays par pays public qu'elle propose n'en est pas vraiment un. Limité aux seuls Etats-membres de l'Union européenne et à une liste restreinte de paradis fiscaux, il rend impossible la lecture globale des activités des entreprises qui permet d'identifier les montages d'évasion fiscale.

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