Qui est Kyriba, la pépite franco-américaine méconnue de la Fintech ?
Juliette Raynal

Jean-Luc Robert, dirigeant de Kyriba
Kyriba
Juliette Raynal

Jean-Luc Robert, dirigeant de Kyriba
Kyriba
C'est sans doute l'une des Fintech tricolores les plus prometteuses... Mais aussi l'une des plus discrètes. L'entreprise Kyriba, spécialiste de la gestion de trésorerie dans le cloud, est bien décidée à sortir de l'ombre. Elle officialise, ce mercredi 23 janvier, sa première acquisition avec le rachat en cash de l'américain FiREapps, spécialiste de la gestion du risque de change pour les entreprises, pour un montant non dévoilé.
Née en 2004 à Paris (alors même que le terme de Fintech n'existe pas encore), Kyriba est une spin-off de la société XRT. Elle décide en 2010 d'installer son siège social à New York pour s'attaquer au marché américain après s'être assurée d'un solide ancrage sur le marché tricolore. Aujourd'hui, elle emploie 650 personnes (principalement en France, avec une équipe technique de 250 collaborateurs, et aux Etats-Unis) et se targue d'avoir séduit la moitié des entreprises du SBF 120. Parmi elles, LVMH, Dassault Systèmes ou encore Sodexo. « Nous avons également des clients de plus petite taille comme les laboratoires Boiron », indique Jean-Luc Robert, le directeur général de Kyriba. Outre-Atlantique, la Fintech a su convaincre des mastodontes, comme Amazon et Qualcomm.
Concrètement, son logiciel disponible dans le cloud permet aux entreprises d'avoir une meilleure visibilité de leur trésorerie et de mieux anticiper les coûts à venir grâce à l'analyse des données internes (suivi des fournisseurs, carnet de commandes...) et externes (volatilité des devises, coûts bancaires...). « Pour une entreprise donnée, nous sommes capables de situer où se trouve sa liquidité et de la protéger contre différents risques, comme le risque de fraude aux paiements », explique Jean-Luc Robert.
Le logiciel SaaS (Software-as-a-service, à la demande) est commercialisé sur le modèle de l'abonnement, à un prix très variable selon l'utilisation. « Certains clients paient 500 euros par mois quand d'autres paient 100.000 euros », précise le dirigeant. « En 2018, nous avons réalisé 110 millions de dollars de chiffre d'affaires, contre 100 millions initialement visés », se félicite-t-il. Aujourd'hui, la solution de Kyriba compte 67.000 utilisateurs répartis dans 100 pays.
En s'offrant FiREapps (12 millions de dollars de chiffre d'affaires, 50 collaborateurs et 130 clients, principalement aux Etats-Unis), Kyriba compte renforcer sa position dans le domaine du change. « L'acquisition donnera naissance à une solution unique pour la gestion globale du risque de change, notamment la collecte et la consolidation de données, le reporting, l'analyse et l'aide à la décision, les paiements, la comptabilité de couverture, etc. », avance Kyriba dans un communiqué de presse.
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Soutenue par Bpifrance, Iris Capital, Daher Capital, HSBC ou encore Sumeru Equity Partners (SEP), la Fintech a levé plus de 100 millions de dollars depuis sa création. Lors de son dernier tour de table (38 millions d'euros), une introduction en Bourse dans les deux ou trois années à venir avait été évoquée. « Aujourd'hui, nous ne communiquons pas sur une éventuelle IPO, même si notre taux de croissance permet de l'envisager. Nous préférons nous focaliser sur notre développement», rétorque Jean-Luc Robert. Pour les mois à venir, Kyriba s'est fixée des objectifs ambitieux. Elle table sur une augmentation de 50% de son chiffre d'affaires en 2019 et vise entre 400 et 500 millions de dollars de revenus en 2021 avec en ligne de mire les marchés asiatiques. Autre priorité de la Fintech : développer ses activités marketing, restées au point mort durant de nombreuses années (Kyriba ayant mis l'accent sur le développement de son produit), mais nécessaires pour titiller les grands éditeurs du secteur que sont SAP et Sage.
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