Trois startups françaises dans le Top 100 Fintech : Lendix, +Simple et Shift Technology

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Le secteur du paiement domine avec 34 entreprises dans le Top 100 des Fintech de KPMG, suivi du prêt et de la gestion de patrimoine/courtage.
Le secteur du paiement domine avec 34 entreprises dans le Top 100 des Fintech de KPMG, suivi du prêt et de la gestion de patrimoine/courtage. (Crédits : KPMG)
Les startups françaises de la finance ne sont plus que trois, contre cinq l'an dernier, dans le classement mondial du cabinet KPMG. Difficile de sortir du lot au milieu d'entreprises de plus en plus grandes et aux méga-levées de fonds.

Après deux années consécutives de progression, l'équipe de France de la Fintech a cédé du terrain cette année : le classement annuel 2018 des 100 Fintech les plus innovantes dans le monde, réalisé par le cabinet d'audit KPMG avec le fonds de capital-risque australien spécialisé dans la Fintech H2 Ventures, a retenu trois startups françaises de  a Fintech, contre cinq (plus une franco-belge) l'an dernier. Le leader des plateformes de prêts participatifs aux PME Lendix a conservé sa 45ème place dans la première partie du classement, les 50 entreprises déjà bien établies, rangées selon des critères d'innovation, de levées de fonds, de taille et de pays.

Deux startups françaises font leur entrée dans la liste des 50 émergentes, les Fintech d'avant-garde, qui proposent de nouveaux business models disruptifs : le robot-courtier en assurance +Simple qui a levé 10 millions d'euros en janvier auprès d'Idinvest, Anthemis, Oneragtime et la famille Rothschild, ainsi que Shift Technology, spécialiste de la détection de fraude à l'assurance par l'IA, qui a levé 28 millions de dollars en octobre 2017 auprès des fonds Accel et General Catalyst, qui ont rejoint Iris Capital et Elaia.

La liste des 50 émergentes étant renouvelée chaque année, exit l'assurance santé digitale Alan, qui a pourtant levé en avril 23 millions d'euros, un record pour le secteur Assurtech en France, auprès du fonds Index Ventures et de Xavier Niel, rejoignant la CNP (à travers son programme Open CNP), et les fonds Partech Ventures et Portag3 Ventures. L'application de paiement Lydia sort aussi du classement KPMG, tout comme la solution de paie automatique Payfit, la néobanque pour PME Qonto, ainsi que la plate-forme multidevises Ibanfirst, franco-belge.

L'Europe rétrograde face aux émergents

Difficile de sortir du lot dans un paysage de la Fintech en pleine ébullition, où les levées de fonds sont devenues colossales. KPMG relève que les 100 de la liste ont récolté en cumulé 52 milliards de dollars déversés par les fonds de capital-risque, presque le double du montant levé par les 100 de l'an dernier.

"Parmi les principales levées de fonds, 26 entreprises du Fintech 100 ont chacune levé 100 millions de dollars au cours des douze derniers. Les 4 premières du top 50 ont toutes levé plus d'un milliard de dollars risque que sur les douze derniers mois" a analysé Ben Heap, associé de H2 Ventures, qui a participé à l'élaboration du classement.

Pour mémoire, les startups françaises de la finance et de l'assurance ont levé un peu plus de 200 millions d'euros au premier semestre, contre 26 milliards de dollars dans l'ensemble du secteur dans le monde. Une française, Younited Credit, qui n'est pas du classement, a levé plus de 100 millions d'euros en cumulé depuis sa création. Le ticket moyen progresse en France mais reste modeste, autour de 7,5 millions d'euros au premier semestre selon une étude d'Exton Consulting.

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Fintech 100 KPMG Leading 50 2018

[Les 50 Fintech les plus établies dans le classement Fintech 100 de 2018. Crédits : KPMG]

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Avec trois startups sur cent, la France ne s'en tire pas si mal, malgré tout, seulement devancée en Europe par l'Allemagne, qui en a quatre (Kreditech, N26, SolarisBank, Coya) et le Royaume-Uni (12). La néobanque britannique Atom Bank est la seule européenne à se maintenir dans le top 10 trusté par les chinoises et les américaines. L'ensemble des pays européens comptent en tout 28 entreprises au classement sur 100, contre 41 l'an dernier.

"Le classement Fintech100 fait clairement ressortir une extraordinaire avance des écosystèmes chinois et américains. Nous sommes néanmoins persuadés que dans le secteur particulier de la Fintech, davantage multi-local qu'international, il existe une place pour créer des leaders européens. C'est précisément notre ambition chez Lendix et nous sommes à ce titre ravis de figurer pour la 3ème année de suite dans ce classement" a observé Olivier Goy, le fondateur et président de Lendix, également membre du bureau de l'association France Fintech.

Une appli de VTC et 10 néobanques

La banque mobile brésilienne Nubank fait un bond remarqué à la 7ème place après sa levée de 150 millions de dollars en mars, auprès de DST Global, le Founders Fund, Redpoint Ventures, Ribbit Capital et QED.

Ce secteur se distingue, même si le paiement continue de dominer (34 entreprises) suivi du prêt (22), de la gestion de patrimoine (14) et des Insurtech (12).

"Element notable cette année, l'émergence des néobanques, dont 10 figurent dans la liste, ce qui est le début de ce que nous pensons être la croissance accélérée des modèles de banque digitale dans le monde" a commenté Ian Pollari, le co-responsable de la practice mondiale Fintech chez KPMG.

Lire aussi : Nubank, la startup brésilienne qui séduit le gratin des fonds

Plus étonnant, KPMG a intégré le singapourien Grab, au départ une appli de VTC à la Uber -- qui a développé des services de paiement, de transfert entre amis et d'assurance -- directement à la troisième place de son classement Fintech ! En Asie, à l'image des services Alipay et WeChat Pay, les nouveaux géants du paiement mobile entrent souvent dans cette activité par un autre biais, messagerie, e-commerce, etc.

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KPMG Fintech 100 émergentes 2018

[Les 50 émergentes dans le classement Fintech 100 de 2018. Crédits : KPMG]

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Commentaires
a écrit le 23/10/2018 à 17:39 :
vite, il faut envoyer montebourg et taubira s'occuper du dossier avec segolene royal
ils pourraient te couler ca fissa, avec des lois florange dailymotion, des obligations diverses et variees, des lois retroactives, du projet societal obligatoire sous frome d'astreinte et d'autoculpabilisation obligatoire.......
ca peut etre les dignes descendants de dailymotion, pas vrai?
a écrit le 23/10/2018 à 14:59 :
du gadget pas fiable.
cf. article Financial Times d'hier sur la plateforme anglaise Lendy qui appelle l'autorité de contrôle des activités financières à la rescousse alors que des tas de prêteurs ont entamé des poursuites pour non-remboursement.

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