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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Résultats : Crédit Agricole SA dans l'oeil du cyclone du Covid-19 et du scandale Wirecard

Carole Guirado, AFP

Publié le 06 août 2020 à 07:18 - Mis à jour le 06 août 2020 à 07:38

Comme ses concurrentes, la banque a vu son coût du risque, soit le montant de ses provisions pour faire face aux faillites et impayés, bondir entre avril et juin.

Comme ses concurrentes, la banque a vu son coût du risque, soit le montant de ses provisions pour faire face aux faillites et impayés, bondir entre avril et juin.

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"Crédit Agricole a fait face sans dommage à ce trimestre choc, celui du confinement", s'est félicité Philippe Brassac directeur général de Crédit Agricole SA, qui a su affronter la crise sanitaire en affichant au second trimestre un bénéfice net proche du milliard d'euros, ainsi qu'en montrant sa résistance au scandale Wirecard, bien qu'une de ses filiales comptait la société allemande parmi ses clients.

Pandémie, flambée des provisions, indemnisation de pertes d'exploitations et exposition à la fintech déchue Wirecard n'ont pas fait flancher Crédit Agricole SA (Casa), qui a dégagé au deuxième trimestre un bénéfice net en baisse mais proche du milliard d'euros.

"Crédit Agricole a fait face sans dommage à ce trimestre choc, celui du confinement", s'est félicité Philippe Brassac directeur général de Crédit Agricole SA, lors de la présentation des résultats publiés jeudi, qui montrent un bénéfice net en recul de 22% à 954 millions d'euros.

Ce résultat dépasse largement les attentes des analystes et fait entrer Crédit Agricole SA dans le club restreint des banques européennes résistantes et prospères du deuxième trimestre, sa rivale BNP Paribas en tête avec un bénéfice aussi en baisse, mais dépassant 2 milliards d'euros.

"Nous avons même conforté notre solidité", a jugé M. Brassac, mettant en avant la hausse du ratio de fonds propres "durs" (CET1, des capitaux destinés à parer à d'éventuels chocs) qui atteint 12% à fin juin.

Provisions doublées

Comme ses concurrentes, la banque a vu son coût du risque, soit le montant de ses provisions pour faire face aux faillites et impayés, bondir entre avril et juin.

Sur l'ensemble du groupe - soit l'entité cotée Casa et les caisses régionales - les provisions ont doublé en un an: elles s'élevaient à 1,2 milliard d'euros à fin juin, dont les trois quarts, soit 908 millions, mis en réserve uniquement par Crédit Agricole SA.

Sur ce montant, 667 millions d'euros sont liés à des pertes déjà constatées.

Les créances douteuses des entreprises concernent "des clients qui étaient fragilisés avant le déclenchement du confinement", a expliqué Jérôme Grivet, directeur financier.

Les pertes sont aussi liées à "des situations de fraude parfois assez anciennes, qui ont été révélées par cette crise. Comme tous les grands banquiers internationaux, on a pu être confronté à ce genre de situations", a ajouté M. Grivet.

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Selon des sources concordantes, Crédit Agricole SA a ainsi été exposé à la faillite du géant singapourien du courtage de pétrole Hin Leong Trading, soupçonné d'avoir dissimulé plus de 800 millions de dollars de pertes sur plusieurs années. Le groupe était aussi endetté de près de quatre milliards de dollars auprès des banques.

La banque sino-britannique HSBC et les françaises Société Générale et Natixis font aussi partie des victimes de cette fraude, d'après des informations de presse.

Wirecard, ancien client et partenaire

Le bénéfice de Crédit Agricole SA a aussi été amputé de près de 100 millions d'euros par le geste commercial de sa filiale d'assurance, qui a décidé d'indemniser en partie les pertes d'exploitation subies par ses clients professionnels lors du confinement.

Retraité de l'ensemble des éléments exceptionnels et comptables, le bénéfice net recule de 11% à 1,1 milliard d'euros.

Le produit net bancaire - équivalent du chiffre d'affaires - a lui diminué de 5% à 4,9 milliards d'euros en données publiées, et ressort quasiment stable (+0,1%) à 5,18 milliards d'euros en données retraitées.

Au coeur de la résistance de Crédit Agricole SA, des coûts en baisse sur le trimestre ainsi qu'une nette hausse des revenus du pôle "grandes clientèles" - comprenant banque de financement et d'investissement (Cacib) et services financiers aux investisseurs (Caceis) - et surtout des activités de marché.

Le groupe est par ailleurs revenu sur son exposition à la société allemande de paiements Wirecard, liquidée après la révélation d'une fraude comptable de près de 2 milliards d'euros.

Sa filiale Cacib, qui la comptait parmi ses clients, a enregistré un impact dans ses comptes sur ce trimestre, a déclaré M. Brassac sans plus de précisions.

Casa avait aussi noué "un partenariat technico-commercial" avec la fintech d'Outre-Rhin pour développer des solutions de paiements pour le commerce électronique.

"Il n'y a aucun impact financier pour nous, nous n'avions pas mis de capital dans Wirecard", ni d'impact commercial, les contrats ayant été suspendus depuis longtemps au vu d'"alertes très fortes", a développé le patron de Casa.

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"Nous comptons récupérer au mieux la technologie" et "a minima ce qui a été lié à notre développement", a-t-il indiqué, ajoutant que le groupe devrait "accélérer" et revoir sa stratégie pour combler le retard pris en matière de solutions de paiement.

Carole Guirado, AFP

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