Dans le rouge au 2T, Natixis annonce le départ de son directeur général
Benoit Toussaint, AFP

Natixis presentera les resultats de la revue de ses activites en novembre, annonce le nouveau directeur general
CHARLES PLATIAU
Benoit Toussaint, AFP

Natixis presentera les resultats de la revue de ses activites en novembre, annonce le nouveau directeur general
CHARLES PLATIAU
Natixis, filiale cotée du groupe bancaire mutualiste BPCE, a annoncé lundi le départ de son directeur général François Riahi sur fond de "divergences stratégiques", après une perte nette au deuxième trimestre qui a lourdement pesé sur les résultats de sa maison mère.
Il sera remplacé à compter de ce mardi par Nicolas Namias, membre du directoire du groupe BPCE, qui occupe les fonctions de directeur général chargé des finances et de la stratégie.
Ce changement intervient au moment de l'annonce d'une perte nette de 57 millions d'euros pour Natixis au deuxième trimestre, à comparer à un bénéfice de 346 millions un an plus tôt. Au premier trimestre, l'établissement avait déjà perdu un peu plus de 200 millions d'euros.
Durant le mandat de M. Riahi, Natixis a par ailleurs traversé diverses zones de turbulences, liées notamment à l'un de ses affiliés, la société de gestion d'actifs britannique H2O: des inquiétudes concernant la liquidité de certains actifs détenus dans ses fonds avaient provoqué plusieurs chutes de son cours de Bourse.
Natixis a également été victime récemment d'une fraude présumée à Singapour sur le marché du pétrole.
Au deuxième trimestre, Natixis, qui regroupe les opérations de marché et le conseil aux grands clients, la gestion d'actifs, le paiement et l'assurance du groupe BPCE, a été frappée par "le plein effet de la dislocation des marchés de la fin du premier trimestre, principalement en gestion d'actifs, par les mesures de confinement prises en France et par les annulations de dividende" qui ont pénalisé certains produits financiers liés aux actions.
BPCE a d'ailleurs engagé un projet d'ajustement du positionnement en dérivés actions, tant sur la nature des produits que des clientèles visées, en vue de réserver cette activité "à nos clients stratégiques et aux réseaux du groupe plutôt que d'avoir une démarche large et vaste en la matière", a indiqué Laurent Mignon, président du directoire du groupe, lors d'une conférence de presse.
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Cette contre-performance, conjuguée à des provisions pour risque de crédit, a pesé sur les résultats de BPCE, qui a vu son propre bénéfice net chuter à 131 millions d'euros contre un peu moins d'un milliard un an plus tôt, selon un communiqué séparé.
À l'instar de ses rivales françaises et européennes, le groupe bancaire mutualiste a été contraint de mettre plusieurs centaines de millions d'euros supplémentaires en réserve pour faire face à une éventuelle dégradation de la conjoncture liée à la crise du Covid-19, et par ricochet à une possible multiplication de clients ne pouvant plus rembourser leurs prêts.
Son coût du risque, indicateur qui permet de mesurer l'évolution globale des provisions, a ainsi triplé au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2019, pour atteindre 981 millions d'euros.
La banque mutualiste a aussi vu son produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires, chuter de presque 13%. Elle assure toutefois bénéficier d'une position en capital "très solide".
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BPCE a par ailleurs annoncé être entré en négociation exclusive avec la société américaine Ripplewood Advisors LLC pour la cession de l'intégralité du capital de sa filiale allemande de banque en ligne Fidor. Achetée sous l'ère du précédent patron François Pérol, cet actif n'était plus considéré comme stratégique depuis plusieurs trimestres faute de réussir à lui trouver un modèle viable.
La réalisation de cette transaction est actuellement prévue au cours du premier semestre 2021.
Benoit Toussaint, AFP