La banque d'Angleterre envisage d'utiliser de l'huile de palme pour fabriquer les nouveaux billets qui devraient être mis en circulation à l'automne prochain. Si la décision n'est pas encore arrêtée, l'usage de ce matériau à l'origine de dégâts écologiques suscite déjà de nombreux débats outre-Manche.
Les difficultés s'accumulent pour la banque d'Angleterre. L'établissement étudie actuellement différents matériaux pour remplacer la graisse animale présente dans les billets de banque. Cette révélation avait suscité le mécontentement des vegans et des groupes religieux à l'automne dernier. Mais l'institution pourrait réveiller la colère des organisations non-gouvernementales engagées dans les causes environnementales. En effet, la seule matière alternative valable serait "des additifs issus de l'huile de palme".
"La Banque d'Angleterre est en train de mener une consultation qui cherche à obtenir les points de vue de l'opinion publique sur les options concernant la composition des futurs billets. Cela permettra à la banque de mieux comprendre la position des citoyens."
La consultation proposait alors des matériaux comme l'huile de coco ou l'huile de palme sans réellement afficher de préférence. Mais les deux seules firmes, qui peuvent répondre à l'appel d'offres, à savoir Innovia Security et De La Rue, ont indiqué que "la seule alternative au suif (ndlr : substance utilisée notamment dans les savons) pour un matériau d'origine végétale était l'huile de palme" comme le rapportele Financial Times.
Un début de polémique ?
A la suite de cette annonce, l'institution financière a affirmé que :
"la Banque devra réfléchir à toutes les considérations relatives à la diversité religieuse, éthique et environnementale soulevées par l'utilisation des graisses animales et de l'huile de palme comme alternative" ajoutant qu'elle "était consciente du coût environnemental potentiel de l'usage de l'huile de palme".
La banque d'Angleterre a également entamé des discussions avec une coalition d'ONG environnementales et plus particulièrement World Wide Forest (WWF), spécialisée sur la question de la protection des forêts et du développement durable. Selon le point de vue de WWF consultable dans le rapport de la banque d'Angleterre :
"l'huile de palme serait la source la plus efficace parmi les huiles d'origine végétale, et pourrait être la source la moins dégradante pour l'environnement si elle est produite de manière durable. Cependant, une production non-durable d'huile de palme pourrait mener à la destruction de forêts, avec des impacts négatifs significatifs sur la vie naturelle et sur les populations indigènes".
En attendant la fin de la consultation publique le 12 mai prochain et la décision prévue à l'été prochain, Doug Maw, à l'origine de la pétition à succès précitée, encourage les citoyens à participer au débat et exprimer leur position sur l'usage de l'huile de palme pour le papier-monnaie.