UBS : Kweku Adoboli, l’ancien "trader fou", risque l’expulsion

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Kweku Adoboli avait été reconnu coupable de fraude et condamné à sept ans de prison, dont trois ans et demi ferme, par le tribunal londonien en novembre 2012. Il a effectué la moitié de sa peine avant d'être libéré en 2015.
Kweku Adoboli avait été reconnu coupable de fraude et condamné à sept ans de prison, dont trois ans et demi ferme, par le tribunal londonien en novembre 2012. Il a effectué la moitié de sa peine avant d'être libéré en 2015. (Crédits : REUTERS/Neil Hall)
L’ancien trader de la banque suisse, qui avait causé une perte de plus de 2 milliards de dollars en 2011 après des transactions non-autorisées, est désormais détenu dans un centre de rétention situé près de l'aéroport d'Heathrow. Une centaine de parlementaires militent pour que l’ex-courtier reste au Royaume-Uni, dénonçant un « système défaillant » dont il faisait partie.

Après la prison, celui que les médias ont surnommé « le trader fou » risque désormais l'expulsion. Les soutiens de Kweku Adoboli, ancien trader opérant à la banque suisse UBS à Londres, ont en effet tenu à avertir, ce jeudi 13 septembre, qu'il risquait de manière imminente d'être renvoyé dans son pays natal, le Ghana, après avoir perdu plusieurs appels contre cette décision. Accusé de malversations ayant coûté 2,3 milliards de dollars au groupe bancaire suisse (la plus grosse affaire du genre au Royaume-Uni), l'ex-courtier avait été reconnu coupable de fraude et condamné à sept ans de prison, dont trois ans et demi ferme, par le tribunal londonien en novembre 2012. Il avait effectué la moitié de sa peine avant d'être libéré en 2015.

Selon la loi britannique, tous les résidents étrangers condamnés à plus de quatre ans d'emprisonnement sont automatiquement expulsés. Jacqueline McKenzie, l'avocate de Kweku Adoboli, a expliqué au HuffPost UK que le dernier appel contre l'expulsion a été rejeté, en juin, au motif qu'il n'y avait « aucune perspective réaliste que la demande soit acceptée ».

Système défaillant

L'accusation lui reprochait précisément d'avoir dépassé les limites de courtage qui lui étaient fixées, en mettant sur pied des opérations fictives et en mentant à ses supérieurs pour chercher à faire progresser son bonus et ses perspectives de carrière. Des députés sont montés au front pour soutenir Kweku Adoboli, estimant que la culture de la prise de risque au sein des banques d'investissement, encouragée par le système des bonus mis en place notamment chez UBS, va à l'encontre d'une bonne gouvernance.

« Il a toujours assumé avoir fait quelque chose de mal [...] Mais il est absolument clair qu'il faisait partie d'un système qui était complètement défaillant et qui est toujours défaillant », a déclaré à l'AFP Hannah Bardell, députée de Livingston, près d'Édimbourg, en Écosse, où vivait Kweku Adoboli.

Au cours de son procès en 2012, l'ancien trader avait assuré que les cadres supérieurs d'UBS étaient parfaitement au courant de ses activités. Ils l'avaient même encouragé à prendre des risques pour que la banque puisse faire des profits.

Réformer le secteur de la banque

Les soutiens de l'ancien trader ont également fait valoir les efforts de Kweku Adoboli pour se repentir. Depuis sa libération en 2015, le citoyen ghanéen âgé de 38 ans a œuvré pour améliorer la gouvernance et le respect des normes dans le secteur financier. Il est devenu lanceur d'alerte, sensibilisant le public, des étudiants aux dirigeants d'entreprise, en matière de réforme bancaire. La défense souligne également que la Grande-Bretagne accueille l'ancien courtier depuis près de 26 ans et qu'il peut être encore utile à sa patrie d'adoption. Kweku Adoboli est arrivé dans le pays à 12 ans et n'est pas retourné dans son pays natal depuis ses 4 ans.

« Si le gouvernement britannique veut vraiment réformer le secteur de la banque et de la finance, il y a quelqu'un avec qui il peut travailler », a assuré Hannah Bardell citée par l'AFP.

Symbole des dérives bancaires, l'affaire UBS avait justifié la réforme soutenue par le gouvernement britannique, qui souhaite rendre le système financier un peu plus sûr, avec notamment une séparation entre les activités de banque de détail et d'investissement. Mais le lobby bancaire britannique avait obtenu que cette réforme, votée en 2015, n'entre en application qu'au 1er janvier 2019.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2018 à 19:51 :
C'est sûr que ce type n'est pas un héros, de là à en faire un bouc émissaire et l'expulser...
Toute l'hypocrisie d'un système.
Réponse de le 16/09/2018 à 17:21 :
Disons qu’il a largement profité du système, alors c’est toujours surprenant de voir ce genre de personnage crier à l’injustice !

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