Créée fin 2020, Biophonia est l'entreprise pionnière en France à avoir mis la biodiversité sur écoute, depuis le littoral jusqu'à la haute montagne en passant par les massifs forestiers, à grand renfort de capteurs passifs de son.
« Mieux comprendre le vivant permet de prendre les meilleures décisions pour le protéger », explique la fondatrice Juliette Linossier, docteure en bioacoustique, désignée lauréate nationale du concours d'innovation i-Lab, labellisé « France 2030 », qui récompense les entreprises de technologies innovantes, en l'occurrence une plateforme inédite qui permet de collecter, de stocker et d'analyser, grâce à l'IA, des milliers d'heures de son de la nature en vue de sa seule préservation. Située à Oletta, un village-balcon qui domine le golfe de Saint-Florent, Biophonia emploie aujourd'hui quatorze salariés.
La société a créé une plateforme numérique, Dataphonia, qui inventorie et déchiffre scientifiquement les enregistrements sonores de dizaines d'espèces animales, leurs chants, leurs cris et leurs comportements.
Une plateforme mise à la disposition des gestionnaires qui font appel à ses services. Le panel est large. Il peut s'agir d'associations de protection de l'environnement, de bureaux d'études, de chercheurs (notamment de l'INRAE, l'Institut national de recherche agronomique situé à San-Giuliano en Plaine orientale), mais aussi de grands groupes qui intègrent l'environnement dans leurs projets et programmes (EDF, Natran, acteur majeur du transport de gaz naturel), des collectivités territoriales (Lille, Grenoble, Saint-Étienne, Montpellier...) et, bien sûr, plusieurs partenaires en Corse, privés et institutionnels : l'Office de l'Environnement de la Corse, le Parc naturel régional, le Conservatoire des Espaces naturels, ainsi que des domaines viticoles. « Pour tous, l'objectif est d'obtenir des sons de la nature de très haute qualité afin de suivre les populations des espèces animales, protégées ou pas, sédentaires ou migratrices, pour les sauvegarder dans leur milieu naturel. »