À l’arrêt depuis sept ans, le site d’extraction de pierre du Cap Corse redémarre
Jean-Marc Rafaelli
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En sommeil depuis 2018, la carrière Petre Scritte de Brando, village de pêcheurs situé dans le Cap Corse à dix kilomètres au nord de Bastia, va redémarrer ce mois de mai. La société de Construction du Cap, filiale du groupe Brandizi fondé il y a 40 ans, a reçu l'autorisation d'exploitation de l'État au terme d'une enquête publique axée sur l'environnement et dont les conclusions ont été favorables.
Une bonne nouvelle pour l'économie locale dont va tirer profit la commune propriétaire de Brando à la fois pour son image de marque, car la pierre éponyme constitue un bien patrimonial et historique précieux. Côté emploi, une quinzaine de salariés vont être recrutés dans la première phase de reprise d'activité.
Pour son budget, en contrepartie d'un bail de 30 ans, la municipalité recevra un loyer annuel de 100 000 euros après avoir empoché le montant d'une « ardoise » laissée par le précédent exploitant, soit 500 000 euros. Par ailleurs, pour calmer le jeu après la levée de boucliers de plusieurs associations écologistes, le maire, Patrick Sanguinetti, a mis en place un comité de suivi qui a vocation à s'assurer du strict respect de toutes les contraintes environnementales imposées par la DREAL*.
L'autorisation préfectorale d'extraction annuelle est de 200 000 tonnes sur un terrain incliné de 96 hectares - un balcon sur la mer - dont les surfaces exploitées n'excéderont pas 10 % de la superficie totale. Actuellement, l'entreprise édifie sur site un bâtiment de 2 000 m2 - pour un investissement de 1 million d'euros - qui va abriter les nouvelles machines de découpage et de façonnage. « Après une si longue parenthèse, c'est tout un marché que nous devons recréer » explique, plutôt confiant, Hugo Brandizi qui incarne la troisième génération d'une famille de carriers-tailleurs.
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Malgré la baisse vertigineuse de la commande publique, la pierre de Brando pourrait s'extraire... de la morosité ambiante. « L'attente est forte. Aussitôt connue l'annonce de la réactivation de la carrière, nous avons été contactés par l'association corse des couvreurs confrontés depuis des années à un problème d'approvisionnement et de contrefaçon de lauzes pour faire les toits. L'engouement est aussi palpable au sein des collectivités locales, notamment des maires qui ont des monuments et des édifices patrimoniaux à rénover dont beaucoup ont été construits en pierre de Brando... »
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Jean-Marc Rafaelli