« La Corse a besoin d'un nouveau pacte budgétaire et fiscal »
Jean-Marc Rafaelli
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Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de l'Assemblée de Corse.
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Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de l'Assemblée de Corse.
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LA TRIBUNE - Avec une économie corse plombée par les surcoûts liés à l'insularité, comment est-il possible d'accompagner les entreprises ?
MARIE-ANTOINETTE MAUPERTUIS - L'insularité est reconnue comme un handicap naturel par l'Union européenne. Il convient de poursuivre le travail que nous assurons à Bruxelles, en lien avec le Comité des régions, et la Commission des îles de la CRPM* que je préside. L'UE doit prendre en compte nos contraintes pour faire respecter la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes. Il faut aussi un ajustement du régime des aides d'État, pour qu'il prenne davantage en compte l'insularité, et les besoins spécifiques qu'elle induit. Mais je veux insister sur un point : l'insularité n'est pas qu'un handicap, elle est porteuse d'opportunités. La mer est tout à la fois un facteur d'enclavement et un facteur d'émancipation. Entre ces deux réalités opposées, il ne peut y avoir que les politiques publiques et les leviers que nous pourrons actionner. Pour soutenir nos entreprises, nous devons agir sur le marché du travail, mieux moduler les charges, assurer une bonne visibilité et promotion des offres d'emploi, former les cadres.
Ne souffrent-elles pas également d'une fiscalité inadaptée ?
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Depuis plusieurs années, en effet, le lien entre la réalité socio-économique du territoire et les ressources fiscales des collectivités insulaires s'est distendu. Cela pose trois questions centrales : celle de l'avenir de recettes assises sur des réalités néfastes aux Corses - consommation de tabac, d'énergies polluantes, spéculation foncière - celle de l'éloignement du contribuable corse des politiques territoriales, et celle de l'absence de pouvoir de taux, et donc de capacité à produire des incitations fiscales pour assurer la transition d'une économie de consommation vers une économie de production, d'une économie carbonée vers une économie verte. Cette fiscalité, aujourd'hui inadaptée, doit demain devenir, à l'inverse, un outil de transformation et un outil de développement pour nos entreprises. C'est pourquoi nous militons pour l'avènement d'un nouveau pacte budgétaire et fiscal.
Jean-Marc Rafaelli