Les espaces verts, un investissement rentable pour les villes

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Les toitures végétalisées permettent une réduction de la facture énergétique de plus de 30%.
Les toitures végétalisées permettent une réduction de la facture énergétique de plus de 30%. (Crédits : Reuters)
Augmenter de 10% la densité des espaces verts en ville pourrait permettre d'économiser 94 millions d'euros par an en dépenses de santé, relève une étude. La présence d'un espace vert à 100 mètres peut représenter jusqu'à 10.000 euros de plus-value pour un immeuble.

Promouvoir un urbanisme durable : c'est le sujet choisi par l'Union européenne pour l'ouverture, ce lundi 30 mai, de sa Semaine verte, dont le fil rouge de cette année est le thème de l'investissement dans un avenir plus écologique. Les ministres de l'Environnement des Etats membres se sont pour l'occasion retrouvés à Amsterdam afin de signer un texte commun : le pacte d'Amsterdam, fixant un cadre, des objectifs et un agenda urbain communs. Si l'énergie occupe une place centrale dans le programme, l'accroissement des parcs et des toitures végétales figure aussi parmi les mesures encouragées,dans le sillon de quelques modèles tels que Ljubljana, capitale verte de l'Europe en 2016.

Gouvernements, municipalités et diverses parties prenantes sont appelées à se mobiliser. Mais comment encourager les villes, qui jusqu'à présent consacrent moins de 1% de leur budget annuel aux espaces verts, à s'engager plus franchement dans cette voie? Au-delà des 15 milliards d'euros qui seront consacrés d'ici à 2020 à l'objectif de développement durable en milieu urbain par le Fonds européen de développement régional (FEDER), une autre considération pourrait jouer : la rentabilité.

Plus de 8 Français sur 10 souhaitent habiter à proximité d'un espace vert

Accroître les espaces verts de ne serait-ce que 10% aurait en effet des répercussions économiques bénéfiques sous plusieurs angles, démontre une étude récemment réalisée par le cabinet Asterès et commandée par l'Union nationale des entreprises du paysage (Unep). Parmi les conséquences les plus immédiates et visibles, celles sur les économies d'énergie et le marché immobilier : les toitures végétalisées permettent une réduction de la facture énergétique de plus de 30%, alors que la présence d'un espace vert à 100 mètres peut représenter jusqu'à 10.000 euros de plus-value pour un immeuble. Plus de 8 Français sur 10 souhaitent habiter à proximité d'un espace vert, révélait d'ailleurs une précédente enquête de l'Unep.

Leur impact sur la santé est par ailleurs non négligeable. Les habitants des villes vivant à proximité d'un espace vert se déclarent moins souvent frappées par des des maladies courantes telles que l'hypertension artérielle et l'asthme, et se sentent en moyenne plus jeunes de cinq ans. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce meilleur état de santé - auto-déclaré mais aussi constaté dans diverses études scientifiques : une activité physique plus intense, moins de pollution... Augmenter de 10% la densité des espaces verts en ville pourrait ainsi permettre d'économiser 94 millions d'euros par an en dépenses de santé pour ces deux affections, selon l'étude.

Trois emplois tous les 200.000 euros investis

Plus d'espaces verts peut aussi contribuer à réduire le chômage, fait valoir l'Unep. Le secteur du paysage, qui aujourd'hui enregistre 5,34 milliards d'euros de chiffre d'affaires engendré par 91100 actifs, serait en ce sens l'un de plus productifs d'ailleurs : tous les 200.000 euros investis permettraient de créer trois emplois, soit 3.5 plus que la moyenne des autres secteurs économiques, constate l'étude. "La présence d'espaces verts favorise l'attractivité démographique et touristique des villes, ce qui renforce les activités économiques initialement présentes et suscite de nouvelles implantations d'entreprises", avance enfin l'étude, sans fournir toutefois de données à ce sujet.

Pour inciter concrètement les collectivités locales, la conscience de ces atouts risque toutefois de ne pas suffire. En l'absence d'instruments concrets de valorisation positive, les coûts de création et d'entretien de ces biens collectifs gratuits, non compensés par aucun prix de marché, ne peut en effet qu'entretenir une sous-estimation de leur valeur économique accompagnée d'une logique de sous-investissement, regrette l'Unep.

C'est pourquoi l'organisation appelle à la mise en place d'une valorisation économique "artificielle", via par l'exemple "l'obligation de prévoir des espaces verts dans tous les programmes d'aménagements urbains (dès les permis de construire), ou encore l'instauration d'une TVA réduite sur les créations d'espaces verts, à l'instar des achats horticoles, afin de limiter le coût des aménagements paysagers pour les communes". "Autant de mesures qui permettraient de développer le végétal et de répondre à l'attente de nos concitoyens", souligne la présidente de l'Unep Catherine Muller, et qui viendraient concrètement en aide des élus locaux.

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Commentaires
a écrit le 31/05/2016 à 16:03 :
Il serait justifié d'avoir un quota d'espaces verts voire également d'arbres fruitiers et jardins potagers dans les plans d'urbanisme.
a écrit le 31/05/2016 à 13:24 :
Super, bonne nouvelle ... enfin, en théorie ! Parce qu'une fois de plus dans la réalité, bizarrement, les promoteurs qui ont envahis mon quartier n'ont rien d'autre comme priorité que de racheter les maisons avec les jardins, les rayer de la carte et les remplacer par immeubles avec 3 pauvres petits m² de pelouse sur une dalle en béton et 3 arbres en pots (histoire de faire la pub sur un "environnement végétalisé") ! Encore une fois, on est loin de la théorie avec la vie réelle.

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