Martin, Bové, Notat...le syndicalisme, un tremplin vers la politique ou l'entreprise

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Edouard Martin serre la main de François Hollande lors de la venue de celui-ci à Florange le 26 septemebre dernier. Le syndicaliste de la CFDT - et visage du combat des métallos d'ArcelorMittal contre la fermeture des hauts-fourneaux - a annoncé le 17 décemebre qu'il conduirait la liste socialiste lors élections européennes de 2014 dans la circonscription du Grand Est.
Edouard Martin serre la main de François Hollande lors de la venue de celui-ci à Florange le 26 septemebre dernier. Le syndicaliste de la CFDT - et visage du combat des métallos d'ArcelorMittal contre la fermeture des hauts-fourneaux - a annoncé le 17 décemebre qu'il conduirait la liste socialiste lors élections européennes de 2014 dans la circonscription du Grand Est. (Crédits : Reuters)
L'annonce de la candidature d'Edouard Martin aux élections européennes de 2014 sous la bannière PS a fait grand bruit. Pourtant, ce n'est pas la première fois qu'un syndicaliste bifurque de la sorte. Bien avant l'ex-leader de la CFDT de Florange, d'autres ont emprunté cette voie, certains se dirigeant même vers le privé. D'Edmond Maire à José Bové en passant par Nicole Notat, gros plan sur ces multiples reconversions plus ou moins réussies.

Du côté de Florange et des syndicats d'ArcelorMittal, on parlait davantage d'élections et de politique que de lutte sociale ces dernières semaines. C'est tout d'abord Edouard Martin - syndicaliste à la CFDT et visage du combat des métallos d'ArcelorMittal contre la fermeture des hauts-fourneaux à Florange - qui a annoncé le 17 décembre dernier qu'il conduirait la liste socialiste lors élections européennes de 2014 dans la circonscription du Grand Est. Un engagement qui a fait beaucoup de bruit et suscité énormément de critiques, notamment du côté de ses pairs

Mais le 18 décembre, on apprenait que l'un de ses premiers contempteurs, Walter Broccoli  - ancien secrétaire local de FO de Florange - était préssenti pour faire partie de la liste UMP de Anne Grommerch à Thionville (Moselle). Ce que l'intéressé n'a pas fermement nié dans un premier temps avant de démentir formellement.

Quoi qu'il en soit, dès lors qu'un syndicaliste franchit le Rubicon, des cris d'orfraie se font entendre car les syndicats français se veulent indépendants des partis politiques depuis près de 25 ans - l'élection présidentielle de 2012 faisant exception  quand la CGT avait appelé officiellement à voté PS.

Mais dans les faits, du syndicat à la politique, il n'y a qu'un pas... que d'autres ont franchi bien avant Edouard Martin et Walter Broccoli, certains bifurquant même vers le privé. Tour d'horizon de ces reconversions.

  • José Bové, le militant adepte de l'action "coup de poing" devenu député européen

Installé sur le camp du Larzac dès 1973, José Bové va participer à la fondation de la Confédération paysanne en 1987. Il sera membre du secrétariat national jusqu'en 1991. Adepte des opérations "coup de poing", il fait la une des journaux en 1999 après le saccage d'un McDonald's pour protester contre les mesures de rétorsion douanière adoptées alors par les autorités américaines à l'encontre du foie gras et du roquefort. 

Manifestations contre l'OMC, condamnations judiciaires, participation au forum social mondial : les années qui suivent sont agitées et bien remplies pour José Bové. Puis, après avoir quitté la confédération paysanne en 2003, il devient le porte-parole de Via Capesina - un mouvement paysan international des petits et moyens producteurs - en 2004.

Mais José Bové continue de se mêler de la vie politique française et fera partie des opposants à la constitution européenne en 2005 au coté de la gauche de la gauche. Deux ans plus tard, après s'être publiquement déclaré comme "disponible" pour être l'unique candidat de celle-ci - et de négociations sans réussite avec les hérauts de l'extrême-gauche - il décide de présenter sa propre liste à l'élection présidentielle, où il obtiendra 1,32% des suffrages avant d'appeler à voter pour Ségolène Royal.

En dépit de ce score, José Bové va persévérer. En 2009, il est tête de liste dans le Sud-Ouest pour Europe Ecologie - dont il a rejoint les rangs quelques mois plus tôt - et obtient un siège au Parlement européen. Deux ans plus tard, après avoir soutenu Nicolas Hulot à la primaire des écolos devant désigner leur candidat pour la présidentielle de 2012, il est intégré à l'équipe de campagne d'Eva Joly qui en fait l'un des porte-parole.

Aujourd'hui vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, José Bové est en course pour un nouveau mandat d'eurodéputé. En 2014, il sera encore la tête de liste d'EELV dans le Sud-Ouest et pourrait être le candidat des Verts européens pour succéder à José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne.

  • Jacques Chérèque, de la CFTC au ministère délégué à l'aménagement du territoire et à la reconversion

Si Jacques Chérèque commence son parcours syndical à la CFTC, il va participer à la vague de déconfessionnalisation du mouvement donnant naissance en 1964 à la CFDT, dont il sera longtemps le numéro deux derrière Edmond Maire (voir ci-dessous). Membre du PSU, il adhère au parti socialiste après les assises du socialisme organisées par Michel Rocard en 1974.

En 1984, le père de François vire sa cuti lorsqu'il est nommé préfet délégué en charge de la reconversion de l'industrie sidérurgique lorraine. En 1988, il intègre le gouvernement Rocard en tant que ministre délégué à l'aménagement du territoire et à la reconversion. Il le restera jusqu'en 1991 où François Mitterrand le congédiera "sans préavis, ni entretien préalable", raconte-il dans son livre La rage de faire, paru en 2007.

  • André Sainjon, à mi-chemin entre la politique et le privé

Membre du comité central du PCF et secrétaire général de la fédération de la métallurgie CGT pendant 12 ans, André Sainjon plaque tout en 1988. En 1989, il est élu député européen sur la liste PS conduite par Laurent Fabius avant d'être réélu cinq ans plus tard - en se présentant cette fois sous l'étiquette de l'Alliance radicale européenne emmenée par Bernard Tapie - quelques mois avant de perdre sa bataille pour la mairie de Clichy-sous-Bois en 1995.

Elu député européen en 1989, sur la liste Fabius, il fut réélu en 1994, au côté de Bernard Tapie, sur la liste Energie radicale. Il dirige aujourd'hui une importante filiale des Charbonnages de France. 
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/informations/des-initiales-a-1-million-de-francs_642926.html#FDoAG8fRvi7o9F3v.99V
Elu député européen en 1989, sur la liste Fabius, il fut réélu en 1994, au côté de Bernard Tapie, sur la liste Energie radicale. Il dirige aujourd'hui une importante filiale des Charbonnages de France. 
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/informations/des-initiales-a-1-million-de-francs_642926.html#FDoAG8fRvi7o9F3v.99
Elu député européen en 1989, sur la liste Fabius, il fut réélu en 1994, au côté de Bernard Tapie, sur la liste Energie radicale. Il dirige aujourd'hui une importante filiale des Charbonnages de France. 
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/informations/des-initiales-a-1-million-de-francs_642926.html#FDoAG8fRvi7o9F3v.99
Elu député européen en 1989, sur la liste Fabius, il fut réélu en 1994, au côté de Bernard Tapie, sur la liste Energie radicale. Il dirige aujourd'hui une importante filiale des Charbonnages de France. 
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/informations/des-initiales-a-1-million-de-francs_642926.html#FDoAG8fRvi7o9F3v.99

En 2000, André Sainjon prend la tête de la Société nationale d'électricité et de thermique (Snet) qui est alors une entreprise publique de plus de 1.000 salariés et filiale importante des Charbonnages de France. Celle-ci sera privatisée en septembre 2004. Il déclarait alors, comme le rapportent nos confrères du Point :

ne importante filiale des Charbonnages de France
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/informations/des-initiales-a-1-million-de-francs_642926.html#FDoAG8fRvi7o9F3v.99entreprise qui sera privatisée en septembre 2004. Il déclarait alors, comme le rapporte nos confères du Point :

Certains me voient comme un renégat (...) Mais, aujourd'hui, je peux me regarder dans la glace. J'ai accepté de diriger la SNET avec un seul objectif : sauver cette entreprise.

Il demeurera encore quelques années président du conseil d'administration de la Snet rebaptisée ensuite Endesa France. Côté politique, nommé Vice-président du Parti radical de gauche (PRG) à la fin des années 1990, André Sainjon a conservé ce poste pendant près de dix ans, et il est encore aujourd'hui membre du bureau national.

  • Edmond Maire, le partisan du changement devenu président de VVF

"Le monde change, changeons notre syndicalisme", proclamait la CFDT dans les années 1980. Et Edmond Maire reste comme celui qui a réussi le tour de force de faire évoluer l'image du syndicalisme. Syndiqué à la CFTC dès 1954, il a été l'un des fers de lance du mouvement de déconfessionnalisation de 1964 (voir ci-dessus). Cette même année, il est élu secrétaire général de la fédération de la chimie CFDT.

En 1971, Il devient le secrétaire général de la CFDT et le restera jusqu'en 1988. Jean-Michel Helvig, auteur du livre Edmond Maire, une histoire de la CFDT sorti il y a quelques semaines, écrit que ce "machiavélique au coeur pur" n'aura pas été "un patron de coeur, mais de raison."

Après avoir quitté la CFDT, il devient cette fois patron de Villages Vacances Familles (VFF) dont il accepte la présidence en 1989. Et Edmond Maire va réorganiser en profondeur cette structure née du tourisme social d'après-guerre et qui réalise alors près d'un milliard de francs de chiffre d'affaires annuel, gère quelque 170 établissements (villages, hôtels, résidences, campings), emploie près de 1 000 permanents et compte pas loin de 600 000 clients. Dans le détail, il va notamment augmenter le budget publicité, troquer une baisse de 1% des rémunération de ses salariés contre 23 jours et demi de vacances supplémentaires et réduirera même les effectifs à la fin des années 1990.

Mais au VVF, à majorité CFDT, il délègue les négociations à ses collaborateurs et déclarera, comme le rapportent nos confrères de l'Express :

Les syndicats s'organisent comme ils veulent. Ce n'est pas mon problème de chef d'entreprise.

Point d'orgue du changement, Edmond Maire finira par affirmer que VVF - qui est une association depuis sa création en 1959 - ne peut conserver ce statut si la structure veut perdurer. En 1997, son exploitation commerciale est confiée à une société anonyme (SA) : VVF Vacances. Un premier pas vers sa privatisation qui sera définitivement actée en 2006. De son côté, Edmond Maire annonce qu'il passe la main en 1998, avant de reprendre quelques mois plus tard du service chez France-Active, association d'insertion et de création d'entreprise.

"Les syndicats s'organisent comme ils veulent. Ce n'est pas mon problème de chef d'entreprise." M. le Président ne mélange pas les genres. Chez VVF, à majorité CFDT, il laisse les négociations à ses collaborateurs.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/informations/le-portrait-edmond-maire-la-tete-de-l-emploi_619019.html#eG4zLDeyYM8eVQqB.99
  • Nicole Notat, de la CFDT à l'organisation des dîners du "Siècle"

Lorsqu'elle est élue secrétaire générale de la CFDT en 1992, Nicole Notat est alors la première femme à diriger une confédération syndicale en France. Dix ans plus tard, elle laissera la place à François Chérèque, "de peur de faire le mandat de trop", confie t-elle alors. Et à peine retirée de la vie syndicale, elle bascule dans le privé.

En 2002, elle crée Vigéo, une entreprise de notation sociale. Plus tard, elle complètera cette activité par de l'audit et du conseil. Fin 2012, plus de 2.000 entreprises européennes sont soumises aux analyses et notations de son agence qui compte près de 100 salariés.

En 2011, elle a été nommé à la tête de l'assocation "Le Siècle", qui organise une fois par mois des diners entre personnalités et décideurs du monde politique, médiatique, économique. A noter aussi qu'elle est membre du conseil de surveillance du journal Le Monde.

A lire aussi :

>> Ces anciens du Raid et de la DCRI qui se reconvertissent dans le privé

>> Le syndicalisme français reprend (un peu) de couleur

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Commentaires
a écrit le 01/01/2014 à 15:41 :
plus aucuns de mes posts ne passent, pouvez me dire ce qu'il faut que j'écrive ? vive la presse "indéoendante" !
a écrit le 01/01/2014 à 15:40 :
plus aucuns de mes posts ne passent, pouvez me dire ce qu'il faut que j'écrive ? vive la presse "indéoendante" !
a écrit le 01/01/2014 à 15:40 :
plus aucuns de mes posts ne passent, pouvez me dire ce qu'il faut que j'écrive ? vive la presse "indéoendante" !
a écrit le 31/12/2013 à 9:16 :
Regardez sur la photo comme il fait allégeance à Flamby, un traître comme tous les syndicalistes.
a écrit le 31/12/2013 à 8:40 :
commencez à l unef en mettant le bazar à la fac et en etant appointe aux mutuelles etudiants apres syndicalisme ( pas besoin de travailler) ou politique au PS faites des sous....et grimpez les echelons des parasites...
a écrit le 30/12/2013 à 22:48 :
Tous faux! A quand un coup de pied dans la fourmilière?
a écrit le 30/12/2013 à 22:23 :
il n'y a pas de syndicats en france, il n'y a que des antennes de partis de gauches, de plus ils ne représentent que 5% des employés (d'où l'urgence à faire des référendum populaires pour toute question de société). Donc ils ne bifurquent pas vers un parti, ils y sont déjà, ils ne font que de la politique politicienne...rien à voir avec les pays nordiques...
a écrit le 30/12/2013 à 20:50 :
Certains syndicats sont des escrocs...Faut se méfier de leurs dirigeants...
TOUT HOMME A UN PRIX, IL SUFFIT DE SAVOIR COMBIEN ! APRÈS IL FINI PAR ÊTRE ACHETÉ !
Dernier exemple: M.Martin...mais il n'est pas le seul...
Quelle trahison!
a écrit le 30/12/2013 à 20:34 :
L'appât du gain facile.
Pour Martin, il est vrai qu'un salaire de député européen, à ne rien faire, le dérange nullement. Il pourra suivre l'exemple de Harlem Désir.
Tout cela exonéré d'impôt
a écrit le 30/12/2013 à 18:54 :
Bravo Monsieur Martin d'avoir compris qu'il sera plus efficace pour vous de faire de la politique que d'être ouvrier.
N'oubliez pas votre bon sens.
a écrit le 30/12/2013 à 18:41 :
l'art de les museler en leur donnant une tribune aux quatre vents . çà c'est fait ......... voilà notre martin pécheur de voix .
a écrit le 30/12/2013 à 16:13 :
Le PS et la CFDT c'est la même chose idéologiquement . Il suffit de le savoir .
a écrit le 30/12/2013 à 15:28 :
vous oubliez d autres syndicats la fnsea en autre ou des syndicalistes finissent soit depute ou meme ministre
Réponse de le 30/12/2013 à 16:15 :
j'ai trouve la bonne planque
a écrit le 30/12/2013 à 15:14 :
La France n'est pas prête de sortir de ses problèmes avec des méthodes de parrainage comme celles ci !!! des incapables semeurs de troubles qui vont prendre des rôles dans la nation sans que le peuple puisse en décider !!!!
A suivre
Réponse de le 30/12/2013 à 18:47 :
pas plus incapable que beaucoup d'autres qui ont compris qu'il valait mieux faire de la politique que de travailler. Et en plus, Gérard Martin me semble plein de bon sens et de pragmatisme... On ne peut pas dire que ce soit le lot commun de nos enarques et autres hauts fonctionnaires !
a écrit le 30/12/2013 à 14:31 :
Comme quoi les syndicalistes n'en ont rien à foutre des personnges "qu'ils défendent" mais ne sont que d'énorme profiteurs.
Ce Martin en est une bonne preuve, un socialo casseur et on lui propose de faire de la politique ... comme quoi, on peut ne pas être blanc comme neige et socialiste
a écrit le 30/12/2013 à 13:45 :
Social Traître!
a écrit le 30/12/2013 à 13:28 :
La CFDT est devenue au fil des ans une filiale du PS. Toutes les malversations de ce syndicat dans l'affaire Sea France ont été classées. Même chose pour la CGT à EdF.
a écrit le 30/12/2013 à 13:27 :
Euh ....à Monsieur le journaliste, mettre Bové entre Martin et Notat, faut pas exagérer .
Bové a quant même des convictions et une ligne de conduite . La CFDT a toujours été très à l'aise dans les doubles discours, les virages , et même les demi-tours .
a écrit le 30/12/2013 à 12:10 :
Le jour ou nos syndicats ne seront pas politisés peux être que les salariés de syndiquerons
Nous voyons bien que depuis que la gauche est au pouvoir il n'y a plus manifestations
Le chômage augmente , la réformette sur les retraites qui épargne l'électorat de gauche
L'honnête intellectuelle à complètement disparue de ce pays
a écrit le 30/12/2013 à 11:12 :
Ou comment faire du fric grâce à la notoriété, car le but en fin de compte est de faire une carrière sur la déprime des autres!
Réponse de le 30/12/2013 à 18:53 :
comme les autres députés, sénateurs et sénateurs Européens... Membres du conseil constitutionnel et membres du conseil économique et social...
Comme les présidents et membres des conseils régionaux, généraux,
Comme les présidents de communautés de communes, de syndicats d’électrification rurale, les syndicats de l'eau, les présidents de société d'économie mixte et les présidents des 1244 agences de l'état... et j'en oublie
Réponse de le 31/12/2013 à 9:15 :
Vous dérapez, plus haut vous avez dit que c'était pour le bien des autres maintenant vous confirmez que c'est comme les autres pour la gamelle et vous croyez que cela nous étonne. C'est simplement un traître.
a écrit le 30/12/2013 à 11:11 :
un pour tous, tous pourris !!

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