La CGC tire à boulet rouge sur le PDG de Thales

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Michel Cabirol
Michel Cabirol (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le syndicat des cadres a publié un tract incendiaire contre la direction de Thales. Il y dénonce une démotivation générale et critique durement le plan de réorganisation du PDG de Thales Luc Vigneron.

Ambiance, ambiance chez Thales. Même la CGC d'ordinaire modérée, tire à boulet rouge sur la direction du groupe d'électronique, en publiant un tract très critique vis-à-vis de la situation du groupe. Selon le syndicat des cadres, "les anciens n'y retrouvent plus l'excellence collective technique et industrielle qui les avaient stimulés et motivés durant des années. Les plus jeunes n'imaginent plus leur avenir dans ce groupe sans stratégie lisible".

Un constat qui pousse le personnel à la "démotivation". Cette dernière "gagne toutes les couches du personnel, de l'ouvrier aux cadres, y compris aux dirigeants, toutes les tranches d'âge, du plus jeune au plus vieux". Et la CGC s'inquiète sur les perspectives. " Plus inquiétant, plus grave encore, la démotivation naissante s'étend pour la première fois, jusqu'aux cadres dirigeants. Il suffit de constater les départs précipités du jour au lendemain, et, pour d'autres, des responsabilités réduites au minimum". Dans ce contexte très noir, la CGC, estimant que le PDG "a décidé de brimer au travers de mesures vexatoires, comme les voitures de fonction, et ce sans réelles économies", pose un certain nombre de questions qui traduisent le désarroi des cadres: "Comme le laisse entendre la rumeur, compte-t-il trouver 1,3 milliard d'économies par la limitation des forfaits des téléphones portables, par la diminution de la participation de la direction au restaurant d'entreprise, par le rabais des subventions au CE, par une baisse des revenus variables obtenus au travers d'objectifs inatteignables, par une politique salariale insignifiante, par des suppressions d'emploi, par des délocalisations?". Et de conclure, "la direction souhaite-t-elle faire partir ses forces vives?".

La CGC est également vent debout contre le plan de réorganisation de Thales. "Force est de constater, fait-elle valoir, que le groupe semble être complètement désorganisé, nageant dans un flou et une confusion jamais connues à ce jour". Le syndicat critique "la logique dite pays", qui transfère certaines prérogatives des divisions vers les pays responsables du compte d'exploitation (pertes et profits). En clair, explique-t-elle, "ce projet ne nous semble pas abouti, et soulève beaucoup de questions auxquelles nos dirigeants ne sont pas en capacité de répondre". Et de se demander "quel est le projet de notre PDG pour le groupe: un management basé sur la peur et le stress qui risque de nous entraîner vers un syndrome à la France Télécom?"

Enfin dernières questions adressées à l'actionnaire industriel de référence, Dassault Aviation et a l'Etat: "quelle feuille de route l'Etat et le groupe Dassault ont-il données à notre président? Cash et dividende, ou avenir industriel: quelle est sa priorité?".

La CGC ouvre la porte au PDG Luc Vigneron qui doit être "convaincant s'il veut gagner l'adhésion des cadres et du groupe a son organisation, à son projet tant qu'il est encore temps". La balle est dans son camp.

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Commentaires
a écrit le 02/02/2010 à 19:01 :
Nous avons hérité d'un autiste. Une espèce de dirigeant dégénéré, sans panache, de ceux qui permettent de vérifier la règle qu'il existe la même proportion de cons partout, même à la sortie de cette école dont je suis issu. Il a programmé la mort de Thales, monument cohérent bâti par Denis Ranque et son état major, profitable et assis sur des bases financières et technologiques saines, en se laissant frapper par le syndrome Alcatel dont on connait la réussite. Alcatel est mort après que Suard ait été remplacé par Tchuruck. Thales vas couler après le remplacement de Denis par cet incompétent.
Il est urgent que Dassault ouvre les yeux. Thales était un bon investissement mais il fallait laisser l'équipe en place. Maintenant, Charles Edelstein va se bouffer les c... s'il maintient ce taré à la tête de cette société.
Je suis un cadre supérieur de cette société que j'ai vu grandir depuis + de 15 ans. Je me fous pas mal qu'on me donne une clio à la place de mon Espace, je me cogne de prendre un bonus de misère en 2010, je me contrefous de n'avoir qu'un forfait téléphone réduit à 2 heures par mois. Ce qui me fait peine, c'est de voir des jeunes motivés qui veulent quitter la société, de voir toute une équipe soudée qui se démotive, d'entendre en permanence et de tout le monde qu'on est dirigé par un crétin, d'être considéré comme un mourrant par mes amis...
C'est une urgence médicale de virer ce type. Il n'est suivi par personne et ne suit personne. Il a décidé une direction que personne n'assume. Il va casser Thales et Dassault aura jeté les bijoux de famille aux chiottes.
Virez le vite, on suivra le suivant... il ne pourra être que meilleur.
a écrit le 01/02/2010 à 18:24 :
basbourg, vous avez entièrement résumé la situation. SCOTT aussi.
pas de vision à moyen et long terme de la DG, résultats à court terme, cash et dividendes sont les seuls éléments qui comptent.... sans compter le sport national : la chasse aux coupables, encore et toujours. Voici pour l'ambiance. Le syndrome France Telecom n'est pas forcément très loin à Thalès.
a écrit le 01/02/2010 à 13:51 :
Sont-ce les mêmes "consultants" (anglo-saxons) en stratégie qui accompagnent le management de Thales et accompagnaient celui de France Telecom ?
Cela ne m'étonnerait pas !
a écrit le 01/02/2010 à 9:50 :
Je suis maintenant à la retraite (j'étais cadre supérieur), souvent je vais revoir mes anciens collégues, j'ai passé toute ma carriére chez Thomson CSF puis chez Thales . Ce qui me frappe, c'est qu'il y avait toujours malgré des imperfections et quelques abus un respect de la Direction Générale et des décisions prises, et tout compte fait , il avait un consensus et une bonne ambiance . Ce qui faisait que tout le monde était motivé et s'investissait fortement dans le travail . Je peux constater maintenant que ce n'est plus vrai et que ceci a été amplifié par le dénigrement de tout ce qui a été fait auparavant . Des décision semblent être prises sans consultation . Un contrôle tatillon sur du détail et la prise en main de certaines opérations semblent être la préoccupation actuelle de la Direction Générale . Mais pas de vision stratégique apparente . Je plains ceux qui sont encore au travail et je me trouve trés bien d'être à la retraite .
a écrit le 31/01/2010 à 23:17 :
Changer les cadres dirigeants, l'organisation, les processus... Du rarement vu ! Si ce plan est un succès : une grande leçon de management, je m'incline. Par contre prétendre que les cadres de THALES sont étanche à une remise en question, qu'ils ne se préoccupent pas de leurs équipes, de leurs partenaires, de leurs clients et sous-traitants est affligeant. Avec de tels propos, la démotivation guette ; certains vont prendre le temps de s'occuper de leur famille pour s'épargner la suffisance... Au fait Freedom : Ils roulent en quoi chez EADS ?
a écrit le 31/01/2010 à 22:11 :
Freedom doit être le chargé de COM du nouveau Thales!
Il est tout à fait exact que la démotivation est grande dans Thales et sans ses cadres Thales n'existe pas. Ce sont ses ingénieurs et leur totale motivation/dévouement qui font la force de Thales. Donc ne cassons pas un si bel outil.
a écrit le 31/01/2010 à 20:25 :
S'agit-il s'émouvoir d ces pauvres Cadres Dirigeants qui, comme le titrait récemment Les Echos, allaient devoir à l'image de Luc Vigneron, rouler en Scénic au lieu des luxueuses berlines allemandes habituelles ?
S'agit-il de plaindre les mêmes Cadres Dirigeants qui ont toujours plus été centrés sur leur carrière professionnelle, leur BSO et leur train de vie que la satisfaction de leurs clients, de leurs équipes, de leur partenaires, de leurs sous-traitants ?
S'agit-il de pleurer sur ces mêmes Cadres Dirigeants qui sacrifient leur famille pour satisfaire leur égo turgescent ?
Ne plaisantons pas ! ces quinquas désabusés, prétentieux ont depuis longtemps atteint, pour beaucoup, leur niveau d'incompétence et ont réellement besoin d'être remplacés par du sang neuf ...et je salue l'idée de Luc Vigneron de faire la place belle aux jeunes !
Au moins Thalès y gagnera en crédibilité sur ses marchés et leurs compétiteurs cesseront de les nommer ironiquement : "les papis embourgeoisés"de chez Thalès.
Et tant pis pour ces messieurs, très Balzaciens, qui ignorent ce que pourrait être la "remise en question".
a écrit le 31/01/2010 à 20:10 :
Excellent tract, véridique. Bravo à la CGC qui a su retranscrire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

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