EADS-BAE Systems : mais de quoi se mêle l'Etat allemand dans cette fusion ?

Le groupe EADS commence à s'irriter sérieusement de l'interventionnisme de Berlin dans le rapprochement entre les groupes EADS et BAE Systems. D'autant que l'Etat allemand n'a aucun droit de veto sur cette opération.

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La position de principe sur la fusion EADS-BAE Systems adoptée par l?Etat allemand est pour le moins surprenante. Encore plus surprenante pour un Etat qui n?avait cessé de donner par le passé des leçons à Paris sur son interventionnisme dans le groupe EADS. Car à bien y regarder, l?Etat allemand, contrairement à l?Etat français qui détiendra 9 % dans le futur groupe, n?y aura aucune participation ? du moins dans un premier temps. L'Allemagne, qui n'a jamais su conclure les négociations pour son entrée dans le capital d'EADS, ne dispose donc aujourd'hui d'aucun droit de veto sur ce rapprochement. Or, "l?Allemagne est le pays qui parasite aujourd?hui le plus l?environnement des négociations alors qu?il n?a aucun droit dans EADS, ni, par conséquent, dans le futur groupe", explique-t-on au sein du groupe européen. Ce que confirme une source proche du dossier interrogée par "latribune.fr", "le bordel allemand crée beaucoup de désordre". "En France, le dossier est bien géré, ce qui n?est pas le cas en Allemagne, regrette cette même source. On ne sait pas qui porte actuellement le dossier".

L'Allemagne veut une action spécifique mais à quel titre ?

Aucun droit ne ne veut pas dire automatiquement que l?Etat allemand n?aura pas son mot à dire... mais il ne donnera qu?un avis, rappelle-t-on au sein du groupe européen. "Nous, ce qui nous importe, c?est la position de notre actionnaire allemand qui est jusqu?à nouvel ordre Daimler (Ndlr, 15 % du capital et 22,5 % des droits de vote)". Clairement, EADS commence à s?agacer sérieusement de l?interventionnisme tous azimuts de l?Etat allemand dans cette opération. D?autant que ce dernier souhaite, à l?image de la Grande-Bretagne et de la France au titre de leurs activités nucléaires, détenir une action spécifique. A quel titre ? Au titre des activités dans l?aéronautique militaire, l?Eurofighter, explique-t-on à "latribune.fr". Ce qui paraît surréaliste. Pour autant, à l?image de la France et de la Grande-Bretagne, le gouvernement allemand défend ? à juste raison ? l?emploi, les sites industriels et les bureaux de recherche et développement (R&D). "C?est le tronc commun des revendications des trois Etats", confirme-t-on à "latribune.fr". Les négociateurs travaillent avec chacun des trois pays sur des engagements écrits en vue de donner des garanties sur l'emploi et la préservation des sites, selon nos informations. C'est dans ce contexte que le député du Parti libéral FDP, partenaire de la chancelière, Martin Lindner, a estimé que ce qui comptait "ce n?est pas l?influence des gouvernements sur EADS ou ses composantes, il s?agit de garder certaines technologies dans ce pays". Berlin craint également que la filiale défense d?EADS, Cassidian, ne fasse les frais d?une restructuration au profit des sites britanniques. Pour autant, l'ex-patron de Cassidian, Stefan Zoller, n?avait pas hésité à tailler à la hache dans les sites français au profit de ceux basés en Allemagne.

Pourquoi faudrait-il une position commune entre Paris et Berlin ?

Enfin la chancelière allemande Angela Merkel tente d?entraîner François Hollande sur la pente dangereuse d'une position commune entre les deux pays. "Nous n?avons pas pris de décision", avait-elle annoncé samedi lors des entretiens qu?elle avait eu avec François Hollande. Or, les deux pays n?ont pas les mêmes droits. Ce que semble avoir compris le chef de l?Etat français qui n?a évoqué pour sa part qu?une "concertation étroite" entre les deux pays sur ce dossier, qui est "un enjeu qui concerne l?Europe mais aussi nos deux pays, compte tenu de la composition du capital de cette entreprise". "La France, qui elle a des droits, n?a pas à se laisser entraîner dans une position commune avec l?Allemagne", maugrée-t-on dans l?entourage du groupe EADS. La France, qui restera actionnaire dans le futur groupe, est en mesure de négocier certains des avantages dont elle jouit déjà au titre de son pacte d?actionnaires au sein d?EADS. "Il ne faut pas qu?elle rate le train", avertit-on sein d?EADS. Ce qui irrite toutefois le président d?EADS, Tom Enders, toujours aussi soucieux d'éloigner les Etats de la gestion du groupe. La présence des actionnaires publics "dans des groupes de cette taille" n?est pas "absolument nécessaire", a-t-il redit ce mercredi à l?issue de son audition par les députés allemands. Mais il s?y est quand même résolu? tout comme les Britanniques, qui n?ont pas mis de veto à la présence de l?Etat français dans le capital d?EADS, confirme une source proche du dossier. Et EADS et BAE Systems attendent que Angela Merkel, qui n'a pas émis de blocage de principe sur cette opération, siffle la fin de la récréation en Allemagne.

L'Allemagne n'aura pas la parité avec la France

L'équilibre actionnarial franco-allemand existe tant que le constructeur allemand Daimler reste dans le capital du futur groupe. Mais il a réitéré son désir d'en sortir. L 'Etat allemand doit aujourd'hui se reposer la question de savoir si il lui est nécessaire d'entrer dans le capital du futur groupe. Pas sûr toutefois qu'il puisse racheter la participation de Daimler sur le plan politique. "Est-ce que l'Etat allemand peut mettre sur la table 6 à 7 milliards d'euros pour racheter la participation de Daimler ?", s'interroge une source proche du dossier. Et de conclure que l'Allemagne, une fois Daimler sorti, ne pourra plus avoir la parité avec la France.

 

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Commentaires 23
à écrit le 01/10/2012 à 20:36
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Bonjour, le problème ses que dans cette construction s?est que les Anglais joue et respire a chaque minute Américain. Cette histoire n?est pas claire car la volonté de la GB de diminuer l?influence de la France et de l?Allemagne dans ce futur groupe?...

à écrit le 27/09/2012 à 9:55
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Cette fusion, c'est un peu la construction d'une communauté européenne de défense. FR-DE-UK. Il est juste que les gouvernements des états concernés soient un peu nerveux. C'est du jamais vu, comme la construction monétaire de l'euro avec le succès qu...

le 27/09/2012 à 14:20
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Pas mieux.

le 01/10/2012 à 20:40
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Malheuresement la GB ( UK) n'est pas dans la zone EURO, et il sont loins de jouer dans le même cours que nous. Ils font tout se qu'il peuvent pour nous couler a vrais dire. A réfléchir

à écrit le 27/09/2012 à 9:45
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60/40... de toute manière, on se met de la vaseline! j'aime bien le côté management d'eads qui ne veut plus d'Etats... alors que c'est grâce à ces Etats que son groupe existe... pôv'gars!

le 27/09/2012 à 11:36
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Le 60/40 n'a qu'un seul et unique objectif : diminuer au maximum le poids de la France dans le nouveau groupe. La France n'a aucun intérêt a cette fusion. AUCUN, ni stratégique, ni industriel, ni même financier. Il semble que pour une fois le gouvern...

à écrit le 26/09/2012 à 23:31
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Quoi ? Un gouvernement ose interférer dans la gouvernance d'une entreprise privée alors qu'il n'est même pas actionnaire !!!!! C'est un scandale, une honte ! Ce ne serait pas possible en Allemagne. Jamais ! Les politiques et les journaux allemands cr...

à écrit le 26/09/2012 à 23:22
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EADS (Airbus) est une entreprise commune franco-allemande (une des très rares qui marchent). L'Etat francais y a gardé sa participation, l'Etat allemand aussi, ne serais-ce que par le biais de la participation da Daimler/DEBIS. Maintenant, les allem...

à écrit le 26/09/2012 à 23:05
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Ceci est une réquisition militaire pure et simple où le Pentagone fait d'une pierre plusieurs coups. Washington met la main sur le marché européen de la défense après celui de l'aéronautique depuis que Boeing fabrique le tronçon central de l'A350, et...

le 27/09/2012 à 14:31
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Pas du tout d'accord avec vos arguments. BAE System ne fait cette fusion que pour sa survie. Sachant que les américains ont coupé à coup de hache dans le budget de la défense, c'est 20% du CA de BAE qui disparaît.Ensuite le rerste du CA se fait essen...

le 27/09/2012 à 15:30
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@ KCM67 - Washington exploite Londres et fait mine de soutenir l'UE qu'elle cherche en fait à reconfigurer suivant sa volonté et ses intérêts après l'avoir détruite. La responsabilité de la crise européenne repose entièrement sur Washington. D'où l'e...

à écrit le 26/09/2012 à 22:09
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Que fait le gouvernement allemand ? Il défend les intérêts de sa population, lui. Chose qu'on ne voit guère en France, où nos benêts dirigeants sont prêts à tous les sacrifices pour leur utopie de l'Europe.

le 27/09/2012 à 15:03
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Oui. La manière dont le gouvernement ferme les yeux et abandonne aussi rapidement le sort du secteur le plus stratégique est suspecte. De plus, ce projet permet aux 3 promoteurs financiers du projet Morgan, Goldman Sachs et HSBC (que du beau monde......

à écrit le 26/09/2012 à 19:07
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BAE, c'est pas eux qui sont sortis d'un consortium europeen il n'y a pas si longtemps? ils ne seraient pas dans la panade, dites, hein? auquel cas ft faire comme les chinois, attendre qu'ils soient au bord du depot de bilan ! business is business... ...

à écrit le 26/09/2012 à 18:34
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"En France, le dossier est bien géré, ce qui n?est pas le cas en Allemagne, regrette cette même source. On ne sait pas qui porte actuellement le dossier", ou peut-être que nos gouvernants n'ont pas vu arriver les ennuis, et que les allemands ont eu l...

à écrit le 26/09/2012 à 18:10
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L'etat allemand et certain etats federaux sont actionnaires d'EADS via Daimler. Extrait du site d'EADS: "On February 9, 2007, Daimler reached an agreement with a consortium of private and public-sector investors by which it effectively reduced its sh...

à écrit le 26/09/2012 à 17:46
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tout simplement , les principaux Actionnaires ont leur mot à dire , non ?

le 26/09/2012 à 18:00
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mais l'Etat allemand n'est pas actionnaire, non ?

le 26/09/2012 à 18:14
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Si l'etat allemand est actionnaire au travers de Daimler On February 9, 2007, Daimler reached an agreement with a consortium of private and public-sector investors by which it effectively reduced its shareholding in EADS by 7.5%, while retaining its ...

à écrit le 26/09/2012 à 17:23
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De quoi se mêle l'Etat français dans une restructuration de SANOFI? SANOFI est une entreprise EUROPEENNE - Sanofi/Aventis, Aventis était Rhone-Poulenc et Hoechst! Grâce aux démarches de Sarkozy auprès d'un certain Prodi, Commissaire à Bruxelles, San...

à écrit le 26/09/2012 à 17:23
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La FRANCE est quand même à la base du groupe EADS et il est tout à fait normal qu'elle reste actionnaire du "futur groupe" et qu'elle soit sourcilleuse de ses intérêts. La démarche allemande et ses réticences sont curieuses voire suspectes. Heureusem...

à écrit le 26/09/2012 à 17:17
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Soyons sérieux , Daimler dont plus de 40%%du capital est au main d'actionnaires allemand comme la Deutsche bank, est le representant officieux de l'etat allemand. Pour le reste certains semblent défendre cette fusion au nom d'un certaine ideologie ...

à écrit le 26/09/2012 à 17:14
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Encore heureux que la France reste actionnaire ! Les britanniques n'ont certainement aucun droit de veto la-dedans, surtout si c'est BAE qui joue sa survie dans les trois ans.

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