EADS : la France est-elle prête à baisser pavillon devant l'Allemagne ?

Paris est-il près de brader ses intérêts patrimoniaux dans le groupe européen ? C'est ce qu'affirme le quotidien économique, le "Handelsblatt".
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Si l'on en croit le journal économique "Handelsblatt", Paris, Berlin et Madrid devraient aboutir à un accord fin novembre concernant l'actionnariat du groupe aéronautique et de défense EADS, qui verrait les parts des gouvernements allemands et français s'établir à un niveau de 12 % chacun. Selon le journal, qui cite des sources "proches des négociations", l'Etat allemand prévoit de porter prochainement sa participation dans EADS à 12 %, contre aucune participation directe à ce jour, tandis que la France réduirait la sienne de 15 % à 12 %. La participation de l'Espagne resterait à un niveau inchangé, soit 5,5 % du capital du groupe. Au total, la part des Etats dans EADS ne devrait plus excéder 30 %, faisant chuter nettement leur poids. "Les négociations entre les trois pays doivent être conclues fin novembre", a précisé le journal.

Des questions en suspens

La conclusion de ces négociations, si les informations du quotidien économique allemand se révélaient exactes, poserait une fois encore le problème du déséquilibre dans l'influence du couple franco-allemand dans EADS : la France accepte la plupart des exigences de l'Allemagne. Plus de dix ans après la création d'EADS (fusion Aerospatiale-Matra avec Dasa à parité), qui a vu la France faire un très beau cadeau politique à l'Allemagne en bradant ses intérêts industriels (Aerospatiale), Paris serait-il en train de tendre l'autre joue ? Le gouvernement français fera-t-il ce geste en faveur de l'Allemagne avec des contreparties significatives ?

Montée en puissance de l'Etat allemand dans EADS

En outre, selon le "Handelsblatt", à l'avenir, les décisions devront être prise dans un "processus transparent", c'est-à-dire validées par le conseil d'administration et l'assemblée annuelle des actionnaires, et ainsi éviter "les magouilles" en sous-main. Mais cette volonté risque d'être contrariée par les politiques, écrit le quotidien, qui rappelle que Berlin a déjà fait savoir qu'il ne voulait pas abandonner son pouvoir d'influence sur les décisions d'investissement. Actuellement, la France détient 15 % des parts d'EADS, tandis que le groupe Lagardère en détient 7,5 %, qui souhaite vendre en 2013. En Allemagne, 15 % des parts du groupe aéronautique sont détenues par le constructeur automobile Daimler, qui veut se désengager d'ici à la fin de l'année, et 7,5 % par un consortium public-privé, Dedalus.

Daimler veut vendre

Berlin veut accélérer le rachat prévu de la moitié des parts de Daimler dans EADS pour éviter une vente sur le marché libre qui romprait l'équilibre franco-allemand dans le groupe. Le ministère allemand des Finances a récemment demandé dans une lettre à la commission parlementaire du budget d'autoriser le déblocage de 1,6 milliard d'euros pour que la banque publique KfW, le bras financier du gouvernement fédéral, puisse racheter ces parts. Au total, en ajoutant le rachat prévu de 4,5 % des 7,5 % du capital d'EADS détenu par Dedalus, l'Etat allemand pourrait débourser quelque 3 milliards d'euros pour garder cet équilibre.

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Commentaires 3
à écrit le 21/11/2012 à 11:38
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Dire que la France ne doit pas dominer peut être une façon accusatrice de cacher la volonté de domination de l'autre partie ! Au début d'EADS, DASA n'était pas au niveau d'Aerospatiale en matière de savoir faire. Il ne faut pas oublier l'histoire. La...

à écrit le 21/11/2012 à 11:10
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l/Allemagne a raison de vouloir la parité des états France-Allemagne. ****************************************************************************** La France ne doit pas dominer ! *************************************

à écrit le 20/11/2012 à 23:53
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Ca veut dire quoi en 2012 un "Interet Patrimonial " ?

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