Comment la ministre Geneviève Fioraso démine les relations entre les industriels du spatial

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La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, va instituer des rendez-vous réguliers avec le Centre national d'études spatiales (CNES) et les industriels du spatial afin de fluidifier les relations entre les grands patrons de cette filière. Elle a demandé aux industriels de travailler sur une feuille de route pour Ariane 6.

Geneviève Fioraso est pugnace. A raison avec les industriels de la filière spatiale française, qui ont souvent l'habitude de se chamailler pour avoir plus de crédits et qui divergent sur des questions de stratégie. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, en charge de l'espace, n'a d'ailleurs pas l'intention de leur lâcher les mollets. Car elle n'a pas du tout envie de revivre un mauvais "remake" de la préparation à hue et à dia de la position française pour la conférence ministérielle des Etats membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) de Naples (20-21 novembre), qui s'est déroulé à couteaux tirés entre le Centre national des études spatiales (CNES) et les industriels de la filière lanceur Ariane 5 (Astrium et Safran).

C'est donc dans ce contexte qu'elle a convié lundi 10 décembre au ministère pour un déjeuner les grands patrons du CNES et des principaux industriels de la filière spatiale (Astrium, Safran, Thales Alenia Space, Air Liquide et Arianespace) "pour échanger sur les résultats de Naples et établir la feuille de route jusqu'au prochain conseil ministériel de 2014", a expliqué un communiqué publié mercredi le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Un déjeuner qui a duré 2h30. "J'ai été impressionné du temps que la ministre a consacré aux questions spatiales", raconte un des participants à ce déjeuner. "Elle a été traumatisée de voir à quel point la position du camp français n'était pas aligné à son arrivée au ministère", rappelle un autre. Pas question de repartir sur de mauvaises bases. Car la prochaine conférence ministérielle arrive très rapidement dans dix-huit mois. "L'idée est qu'il ne faut pas que ce qui s'est passé pour la préparation de Naples ne se reproduise pas à nouveau", précise-t-on à "La Tribune". D'où l'idée d'instituer des rendez-vous réguliers tous les semestres environ avec les mêmes participants. Le prochain est prévu en mai, selon nos informations.

Une feuille de route pour Ariane 6

Ces rendez-vous vont permettre aux industriels, sous l'oeil bienveillant de Geneviève Fioraso, de "partager les positions de chacun" et de "faire le point sur certains dossier techniques", précise un participant. Bref de définir une "vision commune" sur une stratégie spatiale française. A la ministre d'intervenir à ce moment-là pour désarmorcer rapidement les conflits avant qu'ils ne dégénèrent en combat de boxe et de trouver des compromis quand il existe entre les industriels des intérêts divergents. Lundi, tout était beau et tout était joli. "Tout le monde s'est réjoui autour de la table des résultats de la conférence ministérielle", fait remarquer un convive, qui précise que la ministre "très motivée, veut avancer" pour arriver sur des positions communes dans dix-huit mois. "Il est important que tous les acteurs français se mobilisent et se coordonnent ! La France a toujours joué un rôle de pionnier et de leader dans la construction de l'Europe spatiale et de son industrie, et elle ambitionne de le poursuivre", a-t-elle expliqué dans le communiqué de son ministère.

Plus concrètement, les industriels vont travailler sur une feuille de route pour Ariane 6. De quoi parte-t-on exactement ? "Faut-il lancer une nouvelle organisation industrielle globale ou faut-il garder la supply chain d'Ariane 5 ?", détaille l'un d'eux. Tout est sur la table. L'Allemagne sera également mise dans la boucle des discussions. C'est la moindre des choses, les sites de l'industrie des lanceurs étant des deux côtés du Rhin. Un dossier où il reste beaucoup de travail même si les industriels ne partent pas de zéro. Et surtout qui devra être déminé régulièrement. Mais Geneviève Fioraso a déjà obtenu cet été haut la main son diplôme de "casque bleu".

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Commentaires
a écrit le 13/12/2012 à 17:04 :
c'est sans doute la seule ministre de ce gouvernement qui tient la route! Bizarre, c'est la seule qui a fait autre chose que fonctionnaire de gauche......

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