Safran et EADS se disputent les activités spatiales de l'italien Avio

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Lancement de la première fusée Vega, le plus petit des trois lanceurs utilisés à partir de Kourou, en Guyane Copyright Reuters
Lancement de la première fusée Vega, le plus petit des trois lanceurs utilisés à partir de Kourou, en Guyane Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Astrium (EADS) et Herakles (Safran) convoitent tous les deux les activités espace du groupe italien Avio, selon des sources concordantes.

C'est le match des prochaines semaines qui agite toute la communauté spatiale européenne. Astrium (EADS) et Herakles (Safran) convoitent tous les deux les activités espace du groupe italien Avio (296,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011 pour 800 salariés environ), selon des sources concordantes... à condition bien sûr que l'Etat italien autorise cette opération. "Pas sûr", explique un bon connaisseur du dossier, qui estime que la décision n'a pas été prise Pourtant, les deux actionnaires d'Avio, Cinven (81%) et Finmeccanica (14%), avaient précisé en décembre à l'occasion de l'annonce de la cession des activités aéronautiques du groupe italien à General Electric, qu'ils allaient désormais travailler à établir les "alliances industrielles" les plus aptes à garantir "la compétitivité à long terme" de cette activité.

De réelles synergies industrielles et technologiques avec Safran

La filiale spatiale d'EADS, Astrium, et Safran sont dans les starting-blocks. Ces deux groupes ne seront certainement pas les seuls, des fonds italiens risquent de s'inviter dans cette opération. Mais, industriellement, les deux groupes français ont de réelles synergies industrielles et technologiques à faire jouer avec Avio, notamment Safran dans la propulsion (lanceurs spatiaux et missiles tactiques, dont l'Aster), qui représente environ 90% du chiffre d'affaires des activités spatiales d'Avio. Herakles possède des filiales communes avec Avio dans la propulsion stratégique et spatiale (40 % de Regulus et 50 % d'Europropulsion). Regulus réalise la production du propergol solide des segments médian et arrière des 2 MPS (Moteurs à Propergol Solide) d'Ariane 5 et du P80 Vega tandis que Europropulsion assure la maîtrise d'?uvre de la propulsion des MPS d'Ariane 5 et du P80 du Vega. Enfin, Herakles détient à parité avec le missilier MBDA Roxel, leader européen dans l'industrie des systèmes de propulsion d'armes tactiques et les missiles de croisière.

Du coup, Safran, qui attend un signe de Rome, reste très intéressé par les activités spatiales d'Avio, qu'il convoitait il y a peu de temps encore en entier. "Nous voulons payer le juste prix", assure-t-on en interne. Ni plus, ni moins. Ce serait d'ailleurs une consolidation intelligente de l'industrie spatiale européenne. Mais... en matière d'acquisition Safran est (trop?) prudent. Son partenaire historique, General Electric, lui a soufflé Avio au nez et à la barbe; Thales s'éloigne jour après jour de l'orbite de l'équipementier pourtant bien placé en 2012, et Zodiac continue à faire de la résistance.

Astrium intéressé par les activités lanceurs d'Avio

De son côté, Astrium s'intéresse aux activités lanceur, Avio étant l'actionnaire à 70% du groupe italien ELV (les 30% restants sont détenus par l'agence spatiale italienne, ASI), maître d'oeuvre du lanceur Vega, qui peut lancer des petits satellites jusqu'à 1,5 tonne sur une orbite polaire à 700 km d'altitude. En outre, Avio revendique 14% de la valeur d'un lanceur Ariane 5. Ce qui n'est pas pour déplaire à Astrium même si une grande partie est réalisée dans la propulsion, coeur de métier de Safran. Mais EADS, qui a longtemps lorgné au début des années 2000 SNPE Matériaux Energétiques (devenues depuis Herakles) sans dégainer, entretient sur son site de Brême en Allemagne des activités de propulsion. Du coup, avec la possible vente d'Avio, "c'est un peu retour à la case départ", souligne un connaisseur du dossier. Soit un nouveau match Safran-EADS.

Par ailleurs, Astrium souhaite grandir en Italie, comme l'a annoncé son patron, François Auque à l'occasion des voeux à la presse. "Nous ne voulons pas laisser le monopole à une seule entreprise", avait-il expliqué, visant Thales Alenia Space. C'est dans ce cadre qu'Astrium a récemment acheté une PME italienne, Space Engineering, spécialiste italien des télécoms et des technologies radar, et notamment sa principale filiale Teleinformatica e Sistemi.

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Commentaires
a écrit le 05/02/2013 à 12:54 :
il faut que le camp français dégaine, les allemands essaient de faire main basse sur tout le secteur pour le rapatrier chez eux... chez airbus, ils ont déjà raflé la chaîne d'assemblage de l'A320, et la garantie de produire son successeur.
a écrit le 05/02/2013 à 12:50 :
L'aero pour GE, le spatial pour SAFRAN !
Réponse de le 05/02/2013 à 13:17 :
SAFRAN est partenaire de GE sur le réacteur le plus vendu au monde (CFM56, et le successeur en développement). 50% du consortium. Vous dites n'importe quoi.
Réponse de le 05/02/2013 à 18:07 :
Les moteurs d'avion pour ge
Les moteurs de fusées pour safran, ou astrium, ou un fond de pension.....

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