Terrorisme : la DCRI a neutralisé 121 personnes depuis 2008

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Très critiquée après l'affaire Merah, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), issue en 2008 du rapprochement entre les anciens Renseignements généraux (RG) et la Direction de la sûreté du territoire (DST), a néanmoins réussi depuis sa création à neutraliser plusieurs réseaux et à faire échec à des opérations terroristes en préparation. Sur la photo, les membres de l'unité spéciale de la police (RAID) après l'intervention contre Mohamed Merah qui s'était retranché dans un apparte
Très critiquée après l'affaire Merah, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), issue en 2008 du rapprochement entre les anciens Renseignements généraux (RG) et la Direction de la sûreté du territoire (DST), a néanmoins réussi depuis sa création à neutraliser plusieurs réseaux et à faire échec à des opérations terroristes en préparation. Sur la photo, les membres de l'unité spéciale de la police (RAID) après l'intervention contre Mohamed Merah qui s'était retranché dans un apparte
Depuis 2008, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a interpellé 272 personnes, dont 121 ont été mises en examen, 76 écrouées et 45 placées sous contrôle judiciaire. Pour autant, le patron de la DCRI rappelle qu'elle "n'est pas infaillible" comme le rappelle l'affaire Merah.

Très critiquée après l'affaire Merah, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), issue en 2008 du rapprochement entre les anciens Renseignements généraux (RG) et la Direction de la sûreté du territoire (DST), a néanmoins réussi depuis sa création à neutraliser plusieurs réseaux et à faire échec à des opérations terroristes en préparation. "Depuis 2008, date de la création de la DCRI, et uniquement pour ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, nous avons interpellé 272 personnes, dont 121 ont été mises en examen, 76 écrouées et 45 placées sous contrôle judiciaire. Cela montre l'étendue du travail réalisé", explique le directeur central du renseignement intérieur, Patrick Calvar. Pour la DCRI, la lutte contre le terrorisme - terrorisme islamiste, terrorisme d'Etat et terrorisme domestique - est une "priorité absolue, qui se traduit par une stratégie préventive visant à identifier les réseaux et à les neutraliser par la conjonction du renseignement et du judiciaire", précise-t-il.

"Nous ne sommes pas infaillibles"

Pour autant, en matière de lutte contre le terrorisme, "nous ne sommes pas infaillibles, souligne le patron de la DCRI. Nul, dans ce métier, ne peut se prévaloir d'une réussite à tout coup et, parfois, les choses ne se passent pas aussi bien que nous aurions pu l'espérer"... même si la DCRI entretient des relations avec 170 services dans le monde. "Nous devons chercher le renseignement très en amont, précise-t-il. Nous avons un rôle exclusivement défensif". Il regrette néanmoins "la très forte pression de l'opinion publique", qui pèse sur la DCRI. "Si nous n'obtenons pas de résultats, nous sommes immédiatement montrés du doigt, accusés d'incurie et vilipendés", rappelle-t-il.

Le directeur central de la DCRI gère un budget de fonctionnement de 36 millions d'euros, fonds spéciaux compris, pour un effectif qui dépasse légèrement 3.000 fonctionnaires. Avant la fusion, la DST comptait 1.773 agents et la DCRG 3.364 fonctionnaires.

Des pouvoirs limités

Face à des "méthodes très inventives" de "nouveaux adversaires", la DCRI demande aux pouvoirs publics de faire évoluer ses moyens d'actions. "On doit s'interroger sur les modes opératoires utilisés par nos adversaires, en faire l'inventaire précis et, en regard, celui de nos capacités à y faire face. S'il apparaît que nous sommes inefficaces sur le plan du renseignement car les pouvoirs dont nous disposons ne nous permettent pas de faire une surveillance de qualité, il faudra aller plus loin, par la loi".  Patrick Calvar plaide en faveur "d'un dispositif qui, s'inspirant de la loi Perben II, instaurerait un cadre très strict d'autorisations a priori et de contrôle a posteriori. C'est ce dont nous avons besoin pour remplir efficacement nos missions de renseignement."

De quoi parle-t-on ? Pour le patron de la DCRI, "il faut définir les domaines dans lesquels nous pouvons agir ; délivrer des autorisations a priori de manière que personne, dans un service, ne puisse décider seul de ce qu'il peut faire ; définir aussi un contrôle a posteriori pour vérifier si l'action menée a été légitime et conduite dans le cadre légal. Ne pas prévoir un cadre de ce type, c'est se priver de capacités importantes, risquer des dérapages et accepter que la légitimité des services soit systématiquement mise en cause. C'est le point clé de ce que doit être l'évolution d'un service de sécurité intérieure qui ne peut ignorer la contrainte légale dans laquelle il est tenu d'agir". Car la DCRI n'a pas le droit dans le cadre d'une opération de renseignement de piéger une personne de façon informatique, audio à domicile et de véhicules. "Aucune de ces techniques n'est autorisée en renseignement, confirme Patrick Calvar. Pourtant, on nous demande de déterminer la dangerosité d'un individu puis de déclencher une action judiciaire pour le neutraliser ; comment sommes-nous censés
procéder ?".

"Nous n'abandonnons pas"

La DCRI continue à enquêter sur des attentats commis dans les années 1990. C'est le cas de l'attentat meurtrier de décembre 1996 à la station de métro Port-Royal, à Paris. "Nous ignorons toujours qui est à l'origine de cet acte", souligne Patrick Calvar. La DCRI recherche "toujours qui était derrière les attentats commis rue des Rosiers et contre la synagogue de la rue Copernic". "Il nous faut du temps, et il faut nous laisser ce temps, mais je puis vous assurer que nous n'oublions jamais. Voyez Carlos", rappelle-t-il.  Et d'ajouter "nous n'abandonnons pas". Pour autant, insiste-t-il, "notre métier n'est pas simple, et toute action qui se termine par un décès est cruelle. C'est pour nous un échec qui montre que nous n'avons pas su anticiper, et nous le vivons mal. Notre société n'admet plus l'échec ; malheureusement, il y en aura toujours, aussi vigoureusement nous efforçons-nous d'en réduire le nombre et les conséquences."

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Commentaires
a écrit le 01/04/2013 à 21:05 :
Dans le budget de fonctionnement, il y a les paies des agents. 36 millions divisés par 3000, ca fait 12k?/an soit par agent et par mois : 1000 ?.

Ce qui implique que , soit le budget de fonctionnement réel comporte une partie officieuse donc financement par des moyens occultes. Soit, il y a énormément de temps partiel dans le renseignement et ce sont des boulots pour la plupart non qualifiés. Soit il y a beaucoup moins de 3000 agents. Soit un mélange des trois.
a écrit le 13/03/2013 à 16:37 :
Zorro VALLS nous conte fleurette en disant que la DCRI ne fait rien. C'est plutot lui qui ne fait pas grand chose sinon des belles paroles en accusant les autres de ses incuries. Pauvre France ou vas tu avec de tels ministres
a écrit le 12/03/2013 à 19:46 :
Petit rappel historique pour les prochaines fois : nombre d'actes de terroristes dus à la gauche en 50 ans sur le sol français : quatre vingt trois. Terrorisme islamiste : huit. Nombre imputables à l'extrême-droite : zéro. Et l'on continue à avoir deux fois plus d'agents surveillant les patriotes que les gauchistes. Etrange, non ?
Réponse de le 13/03/2013 à 10:50 :
Détaillez s'il vous plait. Et vous commencez vos statistiques après les exploits de l'OAS, sûrement de gauche ...Bizarre, vous avez dit bizarre ...?
a écrit le 12/03/2013 à 17:57 :
Pour paraphraser Churchill: il est rare que tant de civils doivent leur sécurité à si peu de personnes. Depuis des années, nous eu très peu de victimes d'attentat en France. Nous le devons à ces policiers et ces agents de l'ombre qui travaillent en amont pour neutraliser les terroristes avant qu'ils ne passent à l'acte. Ils découvrent régulièrement des groupes et des armes grâce à leur professionnalisme, malgré des contraintes juridiques sévères, et épargnent ainsi des vies humaines. On parle de l'affaire Merah - qui n'est heureusement qu'une exception - mais on ne parle pas de toutes celles qui ont été évitées, comme on ne parle pas des trains qui arrivent à l'heure.

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