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Terrorisme : la DCRI a neutralisé 121 personnes depuis 2008

Michel Cabirol

Publié le 12 mars 2013 à 15:45

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Depuis 2008, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a interpellé 272 personnes, dont 121 ont été mises en examen, 76 écrouées et 45 placées sous contrôle judiciaire. Pour autant, le patron de la DCRI rappelle qu'elle "n'est pas infaillible" comme le rappelle l'affaire Merah.

Très critiquée après l'affaire Merah, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), issue en 2008 du rapprochement entre les anciens Renseignements généraux (RG) et la Direction de la sûreté du territoire (DST), a néanmoins réussi depuis sa création à neutraliser plusieurs réseaux et à faire échec à des opérations terroristes en préparation. "Depuis 2008, date de la création de la DCRI, et uniquement pour ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, nous avons interpellé 272 personnes, dont 121 ont été mises en examen, 76 écrouées et 45 placées sous contrôle judiciaire. Cela montre l'étendue du travail réalisé", explique le directeur central du renseignement intérieur, Patrick Calvar. Pour la DCRI, la lutte contre le terrorisme - terrorisme islamiste, terrorisme d'Etat et terrorisme domestique - est une "priorité absolue, qui se traduit par une stratégie préventive visant à identifier les réseaux et à les neutraliser par la conjonction du renseignement et du judiciaire", précise-t-il.

"Nous ne sommes pas infaillibles"

Pour autant, en matière de lutte contre le terrorisme, "nous ne sommes pas infaillibles, souligne le patron de la DCRI. Nul, dans ce métier, ne peut se prévaloir d'une réussite à tout coup et, parfois, les choses ne se passent pas aussi bien que nous aurions pu l'espérer"... même si la DCRI entretient des relations avec 170 services dans le monde. "Nous devons chercher le renseignement très en amont, précise-t-il. Nous avons un rôle exclusivement défensif". Il regrette néanmoins "la très forte pression de l'opinion publique", qui pèse sur la DCRI. "Si nous n'obtenons pas de résultats, nous sommes immédiatement montrés du doigt, accusés d'incurie et vilipendés", rappelle-t-il.

Le directeur central de la DCRI gère un budget de fonctionnement de 36 millions d'euros, fonds spéciaux compris, pour un effectif qui dépasse légèrement 3.000 fonctionnaires. Avant la fusion, la DST comptait 1.773 agents et la DCRG 3.364 fonctionnaires.

Des pouvoirs limités

Face à des "méthodes très inventives" de "nouveaux adversaires", la DCRI demande aux pouvoirs publics de faire évoluer ses moyens d'actions. "On doit s'interroger sur les modes opératoires utilisés par nos adversaires, en faire l'inventaire précis et, en regard, celui de nos capacités à y faire face. S'il apparaît que nous sommes inefficaces sur le plan du renseignement car les pouvoirs dont nous disposons ne nous permettent pas de faire une surveillance de qualité, il faudra aller plus loin, par la loi".  Patrick Calvar plaide en faveur "d'un dispositif qui, s'inspirant de la loi Perben II, instaurerait un cadre très strict d'autorisations a priori et de contrôle a posteriori. C'est ce dont nous avons besoin pour remplir efficacement nos missions de renseignement."

De quoi parle-t-on ? Pour le patron de la DCRI, "il faut définir les domaines dans lesquels nous pouvons agir ; délivrer des autorisations a priori de manière que personne, dans un service, ne puisse décider seul de ce qu'il peut faire ; définir aussi un contrôle a posteriori pour vérifier si l'action menée a été légitime et conduite dans le cadre légal. Ne pas prévoir un cadre de ce type, c'est se priver de capacités importantes, risquer des dérapages et accepter que la légitimité des services soit systématiquement mise en cause. C'est le point clé de ce que doit être l'évolution d'un service de sécurité intérieure qui ne peut ignorer la contrainte légale dans laquelle il est tenu d'agir". Car la DCRI n'a pas le droit dans le cadre d'une opération de renseignement de piéger une personne de façon informatique, audio à domicile et de véhicules. "Aucune de ces techniques n'est autorisée en renseignement, confirme Patrick Calvar. Pourtant, on nous demande de déterminer la dangerosité d'un individu puis de déclencher une action judiciaire pour le neutraliser ; comment sommes-nous censés
procéder ?".

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"Nous n'abandonnons pas"

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La DCRI continue à enquêter sur des attentats commis dans les années 1990. C'est le cas de l'attentat meurtrier de décembre 1996 à la station de métro Port-Royal, à Paris. "Nous ignorons toujours qui est à l'origine de cet acte", souligne Patrick Calvar. La DCRI recherche "toujours qui était derrière les attentats commis rue des Rosiers et contre la synagogue de la rue Copernic". "Il nous faut du temps, et il faut nous laisser ce temps, mais je puis vous assurer que nous n'oublions jamais. Voyez Carlos", rappelle-t-il.  Et d'ajouter "nous n'abandonnons pas". Pour autant, insiste-t-il, "notre métier n'est pas simple, et toute action qui se termine par un décès est cruelle. C'est pour nous un échec qui montre que nous n'avons pas su anticiper, et nous le vivons mal. Notre société n'admet plus l'échec ; malheureusement, il y en aura toujours, aussi vigoureusement nous efforçons-nous d'en réduire le nombre et les conséquences."

Michel Cabirol

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