Airbus n'est toujours pas chaud pour un nouvel ATR

Alors que la direction d'ATR veut lancer un nouvel turbopropulseurs de 90 sièges, le PDG d'Airbus estime que la priorité est plutôt d'augmenter les cadences de production.
Fabrice Gliszczynski
Un ATR de la compagnie indonésienne Garuda
Un ATR de la compagnie indonésienne Garuda (Crédits : ATR)

Cela fait près de trois ans qu'ATR ronge son frein et cela risque de durer. Détenu à 50-50 par Airbus Group et l'italien Finmeccanica, le constructeur d'avions turbopropulseurs (à hélices),  veut lancer le développement d'un nouvel avion de 90 sièges mais se heurte toujours au refus d'Airbus.

«ATR rencontre un grand succès et continue d'innover, mais je ne crois pas qu'il faille à court et moyen terme tout casser en lançant un nouvel avion. Je ne comprends pas l'empressement de certains. Quand on est leader sur un marché, la montée en cadence constitue la priorité», a déclaré lundi Fabrice Brégier, le PDG d'Airbus, en marge de la présentation des résultats commerciaux historiques de l'avionneur.

1,5 à 2 milliards de dollars

Pour la direction d'ATR au contraire, le marché pour un tel avion est juteux. Il s'élève, selon elle, à 1.100 appareils au cours des 20 prochaines années. De quoi justifier entre 1,5 et 2 milliards de dollars de coûts de développement nécessaires à ce programme. L'idée est d'investir dès aujourd'hui avant l'arrivée de nouveaux concurrents chinois, voire coréens. En septembre son PDG Filippo Bagnato indiquait que le motoriste Pratt et Whitney testait un moteur de nouvelle génération qui pourrait être disponible dans deux à trois ans. Pour lui,  un nouvel avion aurait aussi une économie de 10 à 15 % par siège par rapport au dernier ATR-72.

Pas la priorité

L'été dernier, le PDG d'Airbus ne cachait pas son scepticisme sur le potentiel de ce marché. En outre, jusqu'ici, EADS (aujourd'hui Airbus Group) estimait que Airbus n'avait pas les moyens humains (ingénieurs et techniciens de son bureau d'études de Toulouse) à consacrer à ce projet, qui n'est pas prioritaire. La résolution des problèmes de microfissures sur les ailes des A380 et les premières livraisons de l'A400M ont soulagé les bureaux d'études. Pour autant, en 2014, Airbus est focalisé sur la campagne d'essais en vol de l'A350 et la préparation de sa montée en cadence, un enjeu crucial. La certification de l'A320 Neo est également un autre défi.

 

 

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Fabrice Gliszczynski

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Commentaires 10
à écrit le 20/01/2014 à 10:06
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Cette décision d'Airbus a de quoi surprendre en effet. La niche est réelle et le développement de nouveaux marchés, en Asie, en Amérique du Sud ou encore en Afrique, offre des opportunités très intéressantes pour le constructeur. En effet, Embraer et...

à écrit le 19/01/2014 à 4:16
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Bregier a tout faux. Bien sûr qu'il y a un marché sur le 90 places! Et bien sûr qu'il faut se réveiller maintenant a concevoir cette version avant les autres! C'est évident sauf pour une seule personne qui tient les rênes... Un seul qui décide pour t...

à écrit le 15/01/2014 à 19:08
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Je reste persuadé qu'une version ATR 100 places serait un excellent choix pour les courtes distantes, en remplacement des jets types Airbus A318, Bombardier CRJ 100 et Avro RJ85 et autres,certainement plus gourmands en carburant, maintenance et assis...

le 19/01/2014 à 4:18
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CRJ 1000 tu veux dire!

à écrit le 15/01/2014 à 16:23
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Pourquoi ne pas profiter de la baisse de charge au bureau d'études Airbus pour lancer la définition de ce nouvel ATR ?

à écrit le 15/01/2014 à 16:20
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C'est le problème classique dès qu'on s'associe par manque de choix, les mariages d'intérêt d'entreprises de mentalités totalement differéntes. Cela se passe de même avec Air France-KLM par rapport à des nouvelles lignes et avec Renault-Nissan-Mitsub...

à écrit le 15/01/2014 à 14:27
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C'est la que l'on se dit que les pouvoirs publics peuvent appuyer de leurs poids. Faire preuve de scepticisme sur le potentiel du futur ATR relève de la faute, les problèmes de microfissures ne concernent pas visiblement que les ailes des A380.

à écrit le 15/01/2014 à 11:46
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Grossière erreur. Les chinois ou les canadiens Bombardier s'en chargeront...

le 15/01/2014 à 15:11
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En effet. Et c'est d'autant plus aberrant que prendre une niche lorsque l'on sait d'où ATR ressort... Et en même temps, si c'est pour nous pondre un zing en plastique jetable car c'est à la mode... y'a des coups d'hélice dans le fion qui se perdent.

à écrit le 15/01/2014 à 10:18
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Navrant de freiner sinon condamner un producteur utile ; quelle erreur d'avoir bâti un conglomérat monopolisateur !

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