Airbus : 2.500 postes supprimés dans la branche défense et espace
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Selon une source proche, l'entreprise compte ainsi supprimer jusqu'à 2.500 postes.
Benoit Tessier
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Selon une source proche, l'entreprise compte ainsi supprimer jusqu'à 2.500 postes.
Benoit Tessier
[Article publié le mercredi 16 octobre 2024 à 11h10 et mis à jour à 20h09] L'entreprise compte bel et bien supprimer « jusqu'à 2.500 postes d'ici à la mi-2026 » dans sa branche « Defense and Space », en difficulté. Airbus l'a indiqué dans un communiqué ce mercredi, confirmant l'information dévoilée plus tôt par une source anonyme consultée par l'AFP, proche des discussions entre la direction et les syndicats du géant industriel européen.
Les modalités de ces réductions d'effectifs, dans une division qui emploie actuellement quelque 35.000 personnes et subit une chute de la demande pour les activités spatiales, n'ont pas été précisées dans l'immédiat. Mais Airbus dit vouloir éviter des « mesures contraignantes » et a promis d'œuvrer à « limiter l'impact » social de cette décision.
Numéro un mondial des satellites de télécommunication, Airbus est en grande difficulté face à la chute de la demande, tout comme Thales, un autre poids lourd du secteur qui avait déjà annoncé au printemps un plan de redéploiement au sein du groupe de 1.300 postes issus de sa branche spatiale Thales Alenia Space.
Le coordinateur CFDT pour l'ensemble du groupe a réagi à cette annonce. « Compte tenu des résultats financiers assez catastrophiques qu'on a eus, on se doutait bien qu'il allait se passer quelque chose de ce genre », a déclaré à l'AFP Hervé Pinard. Pour lui, « il faut que ce soit accompagné non seulement socialement pour ceux qui partent mais aussi pour ceux qui restent, pour qu'ils ne se retrouvent pas dans une situation où on va multiplier les burn-outs parce que les gens auront une charge de travail qu'ils ne seront pas capables d'assumer ». Pour l'heure, le syndicat « analyse les données ». « On n'est pas encore capables de dire comment on va réagir », a précisé Hervé Pinard.
Le coordinateur adjoint de FO D&S, Jean-Daniel Bloquet, a prévenu de son côté que « la réduction des effectifs ne peut pas être la principale variable d'ajustement » et estimé possible « qu'il y ait à moyen terme des mesures d'austérité annoncées si on ne règle pas le problème par les solutions douces qui sont proposées à ce jour ».
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Selon le délégué syndical central CFE-CGC D&S, Thierry Préfol, Airbus donnera des détails sur la répartition des mesures par pays et activité le 4 décembre, une attente qui « a un côté anxiogène » pour les salariés, a-t-il regretté, en soulignant l'importance du « jusqu'à » 2.500 suppressions : « ça ne pourra pas augmenter mais (...) ça peut baisser ».
Fin septembre, l'industriel avait annoncé qu'il allait réorganiser sa production, en se concentrant sur les « fondamentaux » pour maintenir la montée en cadence, tout en excluant tout « plan social ». Airbus avait ainsi annoncé La Tribune le lancement d'un programme « d'amélioration » baptisé LEAD!.
Le constructeur précisait ainsi que « ce plan (lui) permettra d'assurer aujourd'hui (sa) montée en cadence industrielle pour livrer à (ses) clients, de poursuivre (sa) trajectoire de croissance et de préparer (sa) capacité à investir dans de futurs programmes. »
Plombé par de nouvelles charges passées pour son activité spatiale, Airbus a vu son bénéfice divisé par deux au premier semestre. « Notre performance financière à mi-année reflète principalement les importantes charges liées à nos activités spatiales. Nous nous appliquons à résoudre les causes racines de ces difficultés », avait déclaré le président exécutif, Guillaume Faury, au moment de la publication des résultats en juillet.
L'avionneur avait déjà prévenu fin juin qu'il devait passer une nouvelle provision d'« environ 900 millions d'euros » au premier semestre liée au passage en revue des coûts de développement et des perspectives commerciales attendues de certains programmes de satellites de télécommunications et de navigation. Ce montant a finalement été affiné à 989 millions d'euros, à mesure que l'examen programme par programme s'est poursuivi.
En 2023 Airbus avait déjà inscrit une charge de 600 millions d'euros dans ses comptes pour cette même activité spatiale, qui a représenté l'année dernière environ 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur les 65,4 milliards réalisés par le groupe.
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Ces réévaluations concernent avant tout les programmes de satellites de télécommunications et de navigation. Le problème tient au fait qu'il s'agit de satellites adaptés au besoin de chaque client et produits en petites quantités, empêchant les gains d'efficacité d'une production en série, explique-t-on chez Airbus.
(Avec AFP)
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