Après une année 2017 traumatisante, Arquus a su se remettre en selle en 2018

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Arquus a signé pour 1,26 milliard d'euros de contrats, dont 700 millions ont pu être mis en vigueur en 2018
Arquus a signé pour 1,26 milliard d'euros de contrats, dont 700 millions ont pu être mis en vigueur en 2018 (Crédits : Renault Trucks Defense)
En 2018, Arquus s'est relancé. Le chiffre d'affaire pro forma a cru de 25% et les commandes de 10%. Son PDG Emmanuel Levacher s'est aussi découvert un gros appétit...

Après une fin d'année 2017 traumatisante (perte d'une compétition majeure portant sur le successeur du VAB et arrêt du processus de vente), Arquus a finalement su rebondir en 2018. Et même très bien. Le PDG d'Arquus Emmanuel Levacher a annoncé mardi une hausse de 25% de son chiffre d'affaires pro forma, qui s'est élevé l'an dernier à "environ 500 millions d'euros" (contre environ 550 millions en 2016 et 2017). Car, en 2018, le constructeur de blindés légers a perdu Mack Defense et l'activité australienne (MCO des camions Mack Australia) ainsi que les camions civils militarisés repris par Renault Trucks. Arquus a d'ailleurs battu un record d'activité industrielle avec 462.713 heures de production (1.500 emplois, dont 1.032 en CDI).

A plus long terme, Arquus souhaite s'inscrire dans le programme de char lourd européen (MGCS) mené par le groupe franc-allemand KNDS. "On veut être dans ce programme", a expliqué son PDG. "On aimerait bien apporter notre petit grain de sel en matière de mobilité, y compris sur des technologies nouvelles et surtout sur des sujets où l'on estime être légitime. Nous sommes capables de fournir des organes mécaniques, des moteurs diesel et des machines électriques à haute puissance. Il n'y a pas que MTU Deutschland... Il peut y avoir d'autres solutions", a précisé son président Emmanuel Levacher, qui mise sur l'innovation pour monter à bord du MGCS. "Le char de demain sera-t-il encore un char?", s'est-il d'ailleurs interrogé.

Des ventes tous azimuts pour Arquus

Sur le plan commercial, Arquus a également su cavaler en signant pour 1,26 milliard d'euros de contrats, dont 700 millions ont pu être mis en vigueur en 2018 (en hausse de 10% par rapport à 2017). C'est la France qui a été le meilleur client d'Arquus l'an dernier (54%), puis le Moyen-Orient (27%) grâce au Koweït (330 blindés Sherpa Light pour 270 millions d'euros) et, enfin, l'Europe grâce au contrat CAMO (vente de plus de 382 Griffon et 60 Jaguar) en Belgique (250 millions d'euros environ pour Arquus), qui n'a pas été encore mis en vigueur. Le carnet de commandes s'est élevé fin 2018 à 6 milliards d'euros, dont 1,2 milliard ont déjà été affermis.

Au-delà, Arquus a montré l'an dernier une activité commerciale intense en remettant 201 offres commerciales : 89 en France, 42 en Afrique, 33 en Asie, 26 en Europe, 22 au Moyen-Orient et 19 en Amérique. Par ailleurs, Arquus a signé en octobre dernier un partenariat avec le groupe américain AM General, qui cherchait à compléter sa gamme, pour produire Bastion, un blindé de 12 tonnes pour le transport de troupes, sous licence aux Etats-Unis.

Des promesses de contrats

En 2019, Arquus devra affermir un certain nombre de contrats signés. Il garde également en ligne de mire un nouveau grand contrat au Koweït (Sherpa et VAB Mark 3), où la ministre des Armées Florence Parly a beaucoup insisté lors de sa visite les 3 et 4 décembre sur ce prospect. Elle a pu rencontrer l'émir du Koweït, Cheikh Sabah Al Ahmad Al Jaber Al Sabah, son homologue koweïtien Premier vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Cheikh Nasser Sabah Al Ahmed Al Jaber Al Sabah, ainsi que le vice-président de la Garde nationale (KNG), Cheikh Mesha'al Ahmed Al Jaber Al Sabah.

Arquus propose également une nouvelle version du Sherpa aux Pays-Bas, qui souhaite acquérir 1.000 véhicules tactiques protégés 4x4 de 11 à 12 tonnes. En outre, le contrat VBCI au Qatar pourrait également gonfler son carnet de commandes d'environ 300 millions d'euros. Enfin, le constructeur vise avec le Bastion des ventes plus modestes au Sahel pour les forces du G5 ainsi qu'au Moyen-Orient et en Egypte.

Consolidation?

Interrogé sur l'intérêt d'une absorption dans un vaste ensemble franco-allemand composé de KNDS (Nexter et KMW) et de Rheinmetall, Emmanuel Levacher n'y est pas favorable même s'il admet ne pas avoir "certainement la taille critique qu'il faudrait avoir pour soutenir tous nos efforts sur tous les fronts qu'on a ouverts en termes de produits et de géographies". Il a également reconnu que "d'un point de vue politique, il y a bien la place pour un nouveau mécano industriel".

Mais il a rappelé que "pour que cela ait du sens, il faut une rationalité économique, technologique et sociale mais aussi une grande complémentarité entre les partenaires. Si on fait exactement la même chose, on risque se passer du temps à se bagarrer pour savoir comment se partager le gâteau. D'autre part, même si on apportait Arquus à KNDS, ça ne rééquilibrerait pas vraiment l'ensemble, car Rheinmetall est bien plus gros".

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Commentaires
a écrit le 14/03/2019 à 23:16 :
Mr. Cabirol, je me demande pourquoi vous n'écrivez rien sur la tentative de Rheinmetall d'acquérir KNDS KMW+Nexter. Dans les journaux allemands il y a des articles depuis Nov 2018. Vous pourriez attaquer encore une fois l'Allemagne qui essaye de détruire l'industrie française aprés avoir volé la super techno française unique en armement terrestre. Une autre conspiration allemande par excellence contre la France angélique. Allez. Sérieux. Ça n'est pas intéressant pour La Tribune? Un groupe européen d'armement terrestre KMW-Nexter-BAe-Arquus-Rheinmetall pesant entre 10 et 12 milliards. C'est pas mal quand-même.
a écrit le 12/02/2019 à 13:23 :
Bon répondre à certaine question: le chars de demain sera un tanck , çar eux seule ons une forte puissance de feu, une vrais mobilité tout terrain et une protection digne de se nom ... Çar lorsque les guerre fair rage , ils faut mieux avoir avoir du lourds....
Maintenant reste de savoir si un char moyen( 40 á 50 tonnes ) n'est pas plus favorable à la situation des européens ....
a écrit le 10/02/2019 à 10:32 :
Bon ils est claire que pour l'Afrique , ils est souhaitable de disposer de véhicule fiable et costaux, capable de survivre a des pistes catastrophique et a une maintenance alléger.... L'armement devra pouvoir etre modulable , le 40 MM me semble efficace contre Le pickup et autre véhicule de fortune , mais tres insuffisant face au bmp et autre char T55...
a écrit le 08/02/2019 à 20:30 :
On est d’accord polaris!
Pour le combat éventuel en Europe il faut viser du PUMA ou équivalent, et pour l’Afrique surtout pas le couple griffon/jaguar.. plutôt une AML façon 21e siècle, type le krab de panhard, (mais sans le zeste auverland pour gagner en fiabilité) en version 25mm + un VAB revalorisé ?
a écrit le 08/02/2019 à 14:27 :
Le blindé à roues, quand il est léger et rustique, est adapté aux pistes et climats africains. Pas sûr que cela soit le cas des griffons/Jaguars lourds et sophistiqués.. alors, véhicules inadaptés au combat et centre Europe et africain? Plaisir d’officiers plus geek qu’hommes de terrain? Gros à parier qu’une partie de ce programme tombera à l’eau au profit de chenillés type PUMA ou autre, avec une gamelle budgétaire au passage ...
Réponse de le 08/02/2019 à 15:37 :
Le Puma est un excellent VCI, mais bien trop lourd et bien trop cher... il est conçu pour accompagner un MBT dans un face-a-face avec une force blindée lourde, ou pour du combat urbain, mais pas du tout pour un théâtre rustique et cassant comme l'Afrique.
a écrit le 08/02/2019 à 12:38 :
Pour ma part, je n'y crois pas pour deux raisons

- la première, c'est que les allemands ne cèdent jamais de terrain, ils en prennent à l'usure. Arquus ne doit pas imaginer qu'ils pourront être candidat face à MTU pour les moteurs ou autres. Enfin, "imaginer" et "être candidat", si, ça ils peuvent...

- la seconde, c'est qu'Arquus, sauf erreur de ma part, est positionné sur les véhicules à roues. D'ailleurs la France est surtout positionnée sur les véhicules à roues qui sont bien adaptées aux intervention en Afrique. le Leclerc est une exception. Hors l'Allemagne ne jure que pas les véhicule à chenilles, pour le théatre européen face à la Russie. Donc, Arquus est hors jeu pour le char européen.

A terme, l'Europe de la défense se construit bel et bien, mais dans le cadre de l'Otan : les unités deviennent interopérable sous commandement Otan. Donc elle se fera autour des véhicules lourds, chenillés, pour un éventuel conflit de haute intensité face à la Russie. Là, c'est la France qui est hors jeu, militairement et politiquement, car elle a une politique plus axée sur les interventions extérieures.

Au final, on va sans doute avoir :
- la seule compétence terrestre qui peut interesser l'Europe (le char de combat) passer sous contrôle effectif de l'industrie allemande.
- les compétences spécifiques à la France (véhicule à roues) chez Nexter seront progressivement abandonnés, car sans intérêt sur le marché européen OTAN
- un acteur moins important (Arquus) qui sera tout ce qui reste comme industrie française dans le militaire terrestre
- A horizon plus loin (30-50 ans), une fois les jaguars et griffons livrés à l'armée, il n'y aura plus de compétence pour remplacer ces matériels à roues, et progressivement la France n'aura plus les matériels adaptés pour avoir une politique d'intervention.
Réponse de le 08/02/2019 à 15:40 :
Il est clair qu'un moteur packagé par Aquus face à un bon vieux V12 diesel MTU allemand, autant oublier... on n'a pu vendre le Leclerc aux EAU qu'à la condition de l'équiper d'un moteur MTU, alors qu'objectivement le diesel X10 hyperbar français était largement meilleur...
Réponse de le 08/02/2019 à 17:28 :
Il est dommage que la SACM est rendus l'âme,on aurait pu avoir un concurrent sérieux face à MTU.
D'ailleurs mais il me semble que Arquus soit RTD,ne conçoit pas de moteur, à moins qu'on parle des moteurs E9Mack par exemple ? Mais ils sont américains je crois non ?

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