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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Brexit: aéronautique et labos veulent les mêmes garanties que Nissan

Photo de Jérôme Cristiani

latribune.fr

Publié le 02 novembre 2016 à 12:23 - Mis à jour le 02 novembre 2016 à 17:18

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Airbus, GlaxoSmithKline, AstraZaneca, BAE Systems... les entreprises de l'aéronautique et de l'industrie pharmaceutique britanniques font pression sur le gouvernement de Theresa May pour obtenir, comme l'industrie automobile, des assurances sur le maintien d'un accès libre au marché unique européen après le Brexit.

La révélation de l'accord entre Theresa May et Carlos Ghosn a fait des jaloux. En effet, inquiets pour l'avenir, les secteurs de l'aéronautique et de l'industrie pharmaceutique, tous deux gros exportateurs, mettent la pression sur le gouvernement britannique afin de conserver un accès libre au marché unique européen après que le Brexit. Autant dire que l'annonce, lundi 31 octobre, d'un accord obtenu par Nissan, pilier de l'industrie automobile britannique, négocié auprès de Theresa May elle-même, a fait sérieusement monter la pression sur le gouvernement, les autres acteurs économiques ne voulant pas lâcher leur part du gâteau européen.

Les Big Pharmas et l'industrie aéronautique partagent avec l'industrie automobile les mêmes appréhensions concernant le coût de l'accès au marché unique après la rupture avec l'Union européenne. Mais, selon Reuters, mardi 1er novembre, ils veulent faire entendre leurs inquiétudes spécifiques, en termes de recrutement (libre circulation du capital intellectuel), d'évolution des règlementations, mais aussi... d'accès aux financements européens.

>Lire aussi : Brexit : des risques pour le capital intellectuel du Royaume Uni

Le 23 novembre, les industries pharmaceutiques et des biotechnologies donneront en détail leurs priorités lors d'une réunion du groupe de travail ministériel où siègent les patrons de GlaxoSmithKline, Andrew Witty, et d'AstraZaneca, Pascal Soriot.

Pour mémoire, Nissan a annoncé vouloir investir au Royaume-Uni en attribuant la fabrication de ses nouveaux SUV à l'usine de Sunderland, comme résultat de l'arrangement obtenu avec le gouvernement britannique. Greg Clark, ministre des Entreprises, avait indiqué qu'il s'efforcerait d'obtenir pour l'industrie automobile une suppression des barrières douanières après le Brexit dans le commerce avec les 27 Etats-membres restant dans l'UE.

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Egalité de traitement exigée

Selon Reuters, Steve Bats, président de l'Association britannique des bioindustries (Britain's Bioindustry Association), a déclaré que ce deal avec Nissan prouvait que "le gouvernement est à l'écoute des acteurs économiques", ajoutant que les fabricants de médicaments ont besoin de quelque chose de substantiellement différent, centré sur la mise en place d'un climat favorable à la recherche et au développement (R&D).

"Pour la pharmacie et les biotechs, nous voulons forger des principes  fondamentaux qui nous permette de piloter nos secteurs sur le long terme. Et ça n'est pas aussi simple que pour une usine automobile à Sunderland...", a-t-il ajouté, rapporte l'agence Reuters.

L'automobile, la pharmacie et l'aéronautique sont aujourd'hui les trois secteurs les plus performants de l'industrie britannique. Et les deux derniers veulent être traités de la même façon que le premier.

Selon la citation rapportée lundi par Reuters et publiée par le Dailymail, le président d'Airbus Groupe UK, Paul Kahn, a expliqué:

"La Première ministre a donné des garanties aux fabricants d'automobiles que leur secteur ne serait pas impacté négativement [par le Brexit]. Nous devons veiller à ce que les industries aéronautique, de la défense et spatiale soient écoutées de la même manière."

Les trois secteurs industriels les plus performants

Airbus qui fabrique des avions de ligne, est un exportateur britannique majeur, tout comme son fournisseur le fabricant de moteurs RollsRoyce, et le groupe d'industrie de la défense et aérospatiale, BAE Systems (avions de combat, cybersécurité...).

L'industrie pharmaceutique réclame quant à elle une reconnaissance de l'importance de sa contribution à l'économie du Royaume-Uni. Ainsi AstraZaneca est en train de construire un siège social de 500 millions de dollars au centre de Cambridge, tandis que GSK a prévu d'investir 360 millions de dollars dans l'industrie du pays, cinq semaines après le référendum qui donna la majorité au camp du Brexit.

La régulation, question clé pour l'export

La question de la régulation préoccupe les big pharmas tout autant que l'industrie aéronautique: sans les autorisations de mise sur le marché des agences de régulation sectorielles européennes comment vendre des produits en Europe et même ailleurs ?

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En effet, l'Agence européenne du médicament (EMA) comme l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) proposent des guichets uniques pour déterminer la qualité des produits, ce qui facilite la vente de marchandises au travers des frontières.

"Les entreprises ne vont pas investir au Royaume-Uni dans la médecine expérimentale, la R&D ou les essais cliniques si le système de santé n'adopte pas les innovations les plus importantes qui vont devenir des standards dans les autres pays de la planète," a avertit à ce sujet la semaine dernière, Mene Pangalos, responsable de l'innovation médicale chez AstraZaneca.

(Avec Reuters)

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