Boeing offre du temps aux grévistes pour étudier sa dernière offre
latribune.fr
Le syndicat IAM réclame à Boeing une augmentation de salaire de 40 % et le rétablissement d'un régime de retraite à prestations définies, supprimé dans le contrat il y a dix ans.
Peter Cziborra
Boeing offre du temps aux grévistes pour étudier sa dernière offre
Le groupe Boeing a annoncé mardi avoir octroyé davantage de temps au syndicat des machinistes (IAM), dont plus de 33.000 adhérents sont en grève depuis le 13 septembre, pour étudier l'offre qu'il a adressée la veille, sans succès.
[Article publié le mercredi 25 septembre 2024 à 07h46 et mis à jour à 12h05] Boeing fait un nouveau pas vers le syndicat IAM dont les plus de 33.000 adhérents ont arrêté le travail depuis le 13 septembre. « Cette grève affecte nos équipes et notre région, et nous pensons que nos employés devraient avoir l'opportunité de voter sur notre offre qui contient des améliorations importantes en termes de salaires et d'avantages », a indiqué le constructeur dans un communiqué. Le constructeur a donc décidé de donner davantage de temps au syndicat pour signer leur dernière offre :
«Nous avons contacté le syndicat pour lui donner davantage de temps et pour offrir un soutien logistique une fois qu'il aura décidé de procéder au vote», a-t-il poursuivi.
En effet, l'avionneur américain a présenté lundi selon lui sa « meilleure » offre, aussi qualifiée de « finale », comprenant notamment une hausse salariale de 30% sur quatre ans, contre 25% dans sa proposition précédente, et fixant à l'origine le délai à vendredi 23h59 pour une ratification par les grévistes. Mais le syndicat avait affirmé que le délai jusqu'à vendredi soir était trop court pour organiser la consultation des grévistes. Pour le moment, aucune nouvelle date butoir n'a été fixée.
Des sites à l'arrêt depuis 10 jours
Lundi, la direction du syndicat a ainsi jugé insuffisante la nouvelle proposition du constructeur - la première avait été rejetée par près de 95% des syndiqués le 12 septembre. Il a aussi dénoncé le fait que l'offre ait été envoyée « directement aux membres et aux médias », en dehors des négociations ouvertes depuis mars.
Cette hausse de 30% « est un progrès, mais cela n'efface pas le fait que pendant une décennie, nos membres n'ont reçu que 8% d'augmentation salariale », a souligné le syndicat dans un communiqué. AM réclame une augmentation de salaire de 40 % et le rétablissement d'un régime de retraite à prestations définies, supprimé dans le contrat il y a dix ans.
Il a aussi indiqué que le résultat d'un sondage conduit la veille auprès de ses membres était « excessivement clair » et qu'ils « n'étaient pas intéressés par la dernière proposition de la compagnie envoyée via les médias ». Il s'est dit par contre « prêt à programmer des discussions soit avec des médiateurs soit directement avec Boeing ». Un round de discussions s'était notamment déroulé les 17 et 18 septembre, pour la première fois en présence de médiateurs fédéraux.
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Les deux principales usines du groupe à Renton (produisant le 737, son avion le plus vendu) et Everett (produisant le 777 et abritant plusieurs programmes militaires) font partie des sites totalement à l'arrêt depuis dix jours. Le constructeur a gelé les embauches et a commencé à licencier des milliers d'employés américains afin de réduire les coûts. Selon la société d'analyse de données économiques IMPLAN, si la grève de Boeing se poursuit jusqu'au 27 septembre, elle réduira le produit intérieur brut des États-Unis d'un milliard de dollars et entraînera une perte de revenus de 500 millions de dollars pour les travailleurs.