Grève chez Boeing : les négociations entre syndicat et direction patinent
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Une grève de cinquante jours priverait Boeing de 3 à 3,5 milliards de dollars de liquidités, selon les analystes.
Peter Cziborra
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Une grève de cinquante jours priverait Boeing de 3 à 3,5 milliards de dollars de liquidités, selon les analystes.
Peter Cziborra
Boeing ne « prend pas la médiation au sérieux », a affirmé mardi le syndicat des machinistes (IAM), en négociation avec le géant de la construction aéronautique pour élaborer une convention collective acceptable par les quelque 33.000 grévistes qui paralysent plusieurs usines cruciales de l'avionneur.
« Nous ne mâcherons pas nos mots - après une journée complète de médiation, nous sommes frustrés », a déclaré dans un communiqué l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (IAM), dans la foulée d'une rencontre entre ses négociateurs et ceux de Boeing.
Il a ajouté que la médiation entre le syndicat et Boeing se poursuivrait mercredi. « Aujourd'hui, nous demandons à Boeing de ne pas manquer l'occasion de reconnaître ses salariés en présentant un contrat qui puisse résoudre ce conflit du travail afin que nous puissions reprendre la construction et la livraison des avions Boeing », a déclaré le syndicat dans son communiqué.
Pour rappel, les adhérents du district 751 de l'IAM ont organisé des piquets de grève 24 heures sur 24 après le débrayage de vendredi matin, fermant les usines de Renton et Everett qui assemblent le 737 MAX et le 777.
Boeing espérait éviter une grève après avoir conclu un accord préliminaire avec la direction de l'IAM le 8 septembre, qui comprenait une augmentation générale des salaires de 25% sur quatre ans, une réduction des heures supplémentaires obligatoires et un engagement à construire le prochain nouvel avion dans la région de Puget Sound.
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Mais les salariés de base ont jugé l'accord insuffisant, rejetant le taux de 25% comme étant trompeur et inadéquat au vu de la suppression de la prime annuelle pour les travailleurs. Également mécontents de l'absence de rétablissement des retraites notamment, ils estiment que l'engagement de construire le nouvel avion dans la région de Puget Sound devait être renforcé au-delà de la durée de quatre ans du contrat.
Le président de l'IAM-District 751, Jon Holden, avait indiqué fin juin à l'AFP que les rémunérations « stagn(aient) depuis huit ans » avec seulement quatre hausses de 1% sur cette période malgré une « inflation massive ». Dans le même temps, selon BOFA Research, la rémunération totale de l'ancien patron Dave Calhoun, remplacé par Kelly Ortberg le 8 août, a bondi de 54,8% entre 2021 et 2024.
« Cependant, notre groupe traverse une période difficile », a-t-il poursuivi, affirmant que le débrayage « menace notre reprise d'une manière importante ».
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Ce qui a poussé Boeing à prendre des mesures immédiates pour préserver ses liquidités : gel des embauches, des hausses salariales et de moult dépenses de fonctionnement. L'avionneur prépare aussi une réduction des commandes d'approvisionnement industriel et envisage du chômage technique « dans les prochaines semaines ». Selon des estimations d'analystes, une grève de cinquante jours - jusqu'à fin octobre - priverait Boeing de 3 à 3,5 milliards de dollars de liquidités. Et de huit milliards si elle perdurait jusqu'à fin 2024.
(Avec AFP)
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