Boeing va lever jusqu'à 25 milliards de dollars
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La trésorerie de Boeing est mise à mal par la grève de plus de 33.000 ouvriers dans le nord-ouest des États-Unis.
Benoit Tessier
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La trésorerie de Boeing est mise à mal par la grève de plus de 33.000 ouvriers dans le nord-ouest des États-Unis.
Benoit Tessier
Boeing va lever jusqu'à 25 milliards de dollars sur les marchés financiers et obtenir 10 milliards de dollars de lignes de crédit supplémentaires auprès de plusieurs banques, a annoncé le constructeur américain ce mardi. Dans un document boursier, l'entreprise se donne la possibilité de mettre sur le marché divers titres, comme des obligations ou des actions. Les opérations pourront se faire en plusieurs fois, et selon un calendrier qui sera précisé dans un second temps.
L'objectif est clair : renflouer la trésorerie. Et pour cause, cette dernière est mise à mal par la grève de plus de 33.000 ouvriers dans le nord-ouest des États-Unis. Selon Anderson Economic Group (AEG), l'impact financier direct du premier mois de grève atteint 5 milliards de dollars, dont 3,26 milliards pour Boeing. Le reste représente les pertes de salaires, celles des fournisseurs, des clients de Boeing ou encore pour la région de Seattle.
La divergence entre le syndicat des machinistes IAM et Boeing sur le prochain accord social persiste. Et ce, malgré des négociations engagées en mai et qui se déroulent, depuis mi-septembre, avec des médiateurs fédéraux. Leurs relations semblent exécrables. Boeing a retiré sa dernière offre à l'issue du troisième round (7 et 8 octobre) et déposé un recours pour pratiques déloyales devant l'agence fédérale du droit du travail (NRLB), comme le syndicat le 13 septembre.
Les négociations butent sur les hausses salariales (Boeing est passé de +25% à +30% sur quatre ans, quand le syndicat réclame +40%) et sur le rétablissement du système de retraite supprimé en 2008, ce qui est inconcevable pour Boeing.
Melius Research estimait lundi qu'une levée de fonds « renforcerait la position de Boeing », car elle retirerait l'urgence de trouver un accord pour pouvoir redémarrer la production du 737, son avion le plus vendu, ainsi que celle des 777, 767 et plusieurs programmes militaires.
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Vendredi, l'avionneur américain avait par ailleurs annoncé, après la clôture de la Bourse de New York, des « changements structurels » pour sortir du marasme. Il compte notamment réduire ses effectifs d'environ 10% dans les prochains mois. Il employait presque 171.000 personnes fin 2023, dont 41.000 hors des Etats-Unis.
Une stratégie qui laisse les experts perplexes. « Je ne suis pas sûr de voir la stratégie d'ensemble », confie à l'AFP Richard Aboulafia, consultant d'AeroDynamic. « Le plus important élément stratégique que je ne comprends pas, c'est de se débarrasser d'autant de compétences. Quand il y a une grosse pénurie de compétences dans l'industrie aérospatiale, cela ne semble pas être le choix le plus judicieux », poursuit-il.
Boeing a également annoncé vendredi 5 milliards de dollars de charges avant impôts au troisième trimestre(publication le 23 octobre), en partie dues à la grève, ainsi que l'arrêt de la production du 767 Fret.
« Les machinistes ne sont pas responsables » des suppressions d'emplois ni de l'arrêt du programme 767, s'est défendu le syndicat IAM, affirmant que le débrayage était « la conséquence directe des mauvaises décisions des dirigeants de Boeing ». « Boeing a le pouvoir de mettre un terme à cette grève à n'importe quel moment. Ils savent ce qu'il faut faire mais ont décidé de ne pas agir », a-t-il poursuivi.
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De son côté, l'avionneur a affirmé « vouloir vraiment parvenir à un accord offrant aux employés un meilleur salaire et les meilleurs avantages de l'industrie », accusant l'IAM de déclarations « trompeuses ».
(Avec AFP)
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