Safran, Figeac Aero, Latécoère... La crise de Boeing secoue la supply chain
Léo Barnier et Florine Galéron
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Fournisseur de pièces métalliques de Safran pour le Leap-1B, Figeac Aero subit la crise de Boeing.
ON / Rémi Benoit
DECRYPTAGE. L'impasse de la grève chez Boeing qui s'ajoute à de multiples problèmes de qualité sur les avions américains depuis le début de l'année provoque des turbulences chez les sous-traitants français.
Un mois de grève chez Boeing et les négociations sont toujours dans l'impasse. Face au mouvement social de grande ampleur qui paralyse la production de son best-seller, le 737 MAX, l'avionneur américain se prépare à de lourdes pertes - une marge opérationnelle négative de 54% au troisième trimestre pour la division avions commerciaux. Dans ce contexte, le constructeur a annoncé la suppression d'environ 10% de ses effectifs mondiaux, soit 17.000 postes.
Les répercussions de cette crise ne vont pas s'arrêter aux portes de Boeing ou encore à la frontière américaine. Largement impliquée dans les programmes de l'avionneur américain, la filière aéronautique française aura du mal à échapper à la vague, et ce, alors qu'elle souffre déjà depuis de longs mois des difficultés à répétition de Boeing.
Cette grève pourrait ainsi s'apparenter à un véritable coup de massue pour Safran. Selon les éléments recueillis par La Tribune, Boeing a décidé d'arrêter de prendre livraison des moteurs Leap-1B, produits par le motoriste français et son partenaire américain GE Aviation via leur coentreprise CFM International.
Une information sur laquelle Safran n'a pas souhaité apporter de commentaires, tandis que Boeing affirme encore prendre des livraisons de Leap à l'heure actuelle. Reste à savoir pour combien de temps. Le constructeur américain précise également n'avoir donné aucune consigne générale à la supply chain, avec des décisions au cas par cas pour chaque société et chaque produit.
L'arrêt des livraisons pourrait avoir de multiples impacts pour le groupe dirigé par Olivier Andriès. Safran et GE vont ainsi se retrouver privés des paiements de Boeing, l'essentiel d'un moteur étant payé à la livraison. D'autant que les livraisons de Leap (tous modèles confondus) avaient déjà baissé de 15% au premier semestre par rapport à la même période en 2023 et que les deux partenaires avaient déjà dû revoir à la baisse leurs prévisions annuelles à l'occasion des résultats semestriels : une hausse de la production comprise entre 0 et 5%, contre 10 à 15% prévus initialement.
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