Boeing : le conflit n'en finit plus de s'enliser
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Boeing était déjà dans une situation difficile, avant même cette grève.
BENOIT TESSIER
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Boeing était déjà dans une situation difficile, avant même cette grève.
BENOIT TESSIER
Près de trois semaines après le début du conflit social, aucune porte de sortie n'est en vue pour Boeing et ses mécaniciens. Le spectre d'une grève longue se fait ainsi sentir de plus en plus fortement après l'échec des dernières négociations en date, la semaine passée. Et le conflit pourrait continuer de se durcir alors que Boeing tente d'un côté de s'armer financièrement avec des mesures à venir sur les marchés et suspend de l'autre sa couverture santé pour les salariés grévistes.
Selon une information de l'agence Bloomberg, s'appuyant sur des sources proches du dossier, le groupe américain pourrait ainsi lever au moins 10 milliards de dollars en cédant des actions nouvelles. Objectif : reconstituer ses réserves de liquidités, déjà mises à mal par ses déboires industriels, et désormais affectées par la grève qui se prolonge.
Toujours selon Bloomberg, le constructeur travaille avec des conseillers pour explorer les options potentielles. L'augmentation de ses capitaux propres ne devrait toutefois pas intervenir avant un mois. Et pour cause, il souhaite d'abord évaluer au mieux l'impact financier de la grève en cours.
Selon l'analyse du cabinet de TD Cowen, réalisée au début du conflit, une grève de 50 jours priverait Boeing de 3 à 3,5 milliards de dollars de liquidités et aurait un impact de 5,5 milliards sur le chiffre d'affaires. S'il paraissait alors prématuré de faire une prévision à une telle échéance, elle paraît désormais de plus en plus crédible.
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Boeing était déjà dans une situation difficile, avant même cette grève. Depuis le 1er janvier, le cours de son action a perdu près de la moitié de sa valeur. Au premier semestre 2024, le constructeur a accusé près de 1,2 milliard de dollars de pertes opérationnelles et 1,8 milliard de pertes nettes. Surtout, il a brûlé plus de 8 milliards de cash en l'espace de six mois. A fin juin, il disposait encore de 12,6 milliards de dollars de liquidité, mais pour une dette consolidée de 58 milliards de dollars.
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