Budget défense : "Il y a une prise de risque du gouvernement" (François Cornut-Gentille, député LR)
Propos recueillis par Michel Cabirol
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LA TRIBUNE- Le décret d'annulation des crédits budgétaires pour la défense doit prochainement sortir. Faut-il donner crédit au ministère qui indique que c'est simplement une avance budgétaire ?
FRANÇOIS CORNUT-GENTILLE- Comme le dira certainement le ministère des Armées, il s'agit d'une opération de gestion courante pour financer les mesures du plan de résilience. Il s'agit effectivement d'annuler des crédits, qui sont dans la fameuse réserve de précaution. C'est une opération budgétaire classique. Cette encoche pourra peut-être être corrigée par une loi de finances rectificative. Je pense qu'ils sont sincères et qu'il n'y a pas de plan de réduction du budget de défense aujourd'hui. Mais cette mesure n'envoie pas un très bon signal.
Donc, pas de risque que les armées perdent 300 millions d'euros dans un contexte économique, puis budgétaire qui va se tendre ?
Il y a quand même une prise de risque de ce gouvernement pour deux raisons. Il annonce une loi de finances rectificative à la veille d'un changement de majorité et nous ne savons pas non plus quel sera le climat économique dans quatre mois. Nous ne savons pas qui sera au pouvoir dans quelques mois. Le nouveau gouvernement sera-t-il en mesure dans une loi de finances rectificative de réajuster les crédits du ministère des Armées ? Nous n'en sommes pas sûrs. Second point, tous les candidats à la présidentielle ont annoncé qu'il fallait a minima maintenir le budget de la défense, voire l'augmenter à l'avenir. Cela veut dire en termes de perspectives financières de franchir trois marches à trois milliards entre 2023 et 2025. Voire plus pour ceux qui estiment qu'il faut aller au-delà. Il faut se rappeler quand même que nous sommes dans une conjoncture économique post-Covid.
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Quels sont les enjeux de cette période ?
Cette période va générer de nombreuses demandes en France, où il y aura une forte pression sociale, notamment dans les hôpitaux, mais aussi une pression d'augmenter la plupart des budgets de certains ministères, y compris régaliens. Parallèlement, la hausse des taux d'intérêts est engagée. Nous allons donc être dans une situation extrêmement difficile. Que vaudra alors l'engagement du gouvernement actuel de rendre les 300 millions et des différents candidats pour les armées quand la conjoncture économique va se tendre ? Ce qui ne manquera pas d'intervenir. Mais j'espère bien qu'il y aura un budget rectificatif, y compris si la conjoncture économique se retourne.
Propos recueillis par Michel Cabirol
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