Le satellite espion Luch Olymp démasqué... par ArianeGroup

Luch-Olymp ArianeGroup GEOTracker satellite espion
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Luch-Olymp ArianeGroup GEOTracker satellite espion
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Cocorico. L'honneur est donc sauf pour la France. Un système français a participé à la traque du désormais célèbre satellite espion russe Luch-Olymp, qui pensait "butiner" en toute impunité les communications du satellite de télécoms franco-italien Athena-Fidus. C'est plus précisément le démonstrateur GEOTracker d'ArianeGroup, qui a suivi et surveillé les "vagabondages" de Luch-Olymp pour le compte du ministère des Armées. GEOTracker n'était d'ailleurs pas le seul système à avoir vu puis surveillé ce satellite espion. Ceux qui pensaient que la France n'était pas capable de surveiller ses satellites en seront pour leurs frais. Même si les Etats-Unis restent évidemment d'une aide très précieuse quand ils ne nous espionnent pas eux-mêmes et quand ils souhaitent aider les Français.
"Nous dépendons partiellement d'autres nations", a d'ailleurs reconnu vendredi à Toulouse la ministre des Armées, Florence Parly. D'où son message insistant pour que la France, voire l'Europe, parviennent un jour à une autonomie stratégique, un concept peu compris par de nombreux pays européens. Florence Parly a sciemment tapé un grand coup de poing sur la table en dévoilant pour la première fois l'espionnage d'un satellite français par une puissance étrangère. Pourquoi ? Pour faire prendre pleinement conscience à l'opinion publique des menaces venant de l'espace, qui se militarise un peu plus d'année en année. Cet exercice à vocation pédagogique pourrait être décisif quand il faudra que la France investisse fortement pour se protéger de ces menaces.
ArianeGroup a signé il y a un an environ un contrat avec le ministère des Armées pour lui fournir une surveillance des objets en orbite moyenne (MEO) et géostationnaire (GEO) grâce à GEOTracker en vue de protéger les satellites français d'éventuelles collisions et de tentatives d'espionnage. Ce système complète le radar Graves (ONERA), qui surveille quant à lui l'orbite basse (LEO), essentiellement au-dessus de la France. Le démonstrateur opérationnel GEOTracker est avant tout une prouesse humaine et un système très peu onéreux sur lequel ArianeGroup a investi sur fonds propre.
Mais c'est bien ce système qui a permis dans un premier temps de suivre sur "plusieurs mois" le satellite russe grâce à un réseau de six télescopes à travers le monde (trois en Europe, un en Australie et un au Chili). In fine, l'humain, grâce à l'analyse et l'expertise des équipes d'ArianeGroup, a été décisif pour démasquer Luch-Olymp et mettre un nom sur l'espion qui venait... de l'est. "ArianeGroup sait trier les points que l'on observe dans l'espace. C'est là notre valeur ajoutée", assure Alain Charmeau. Ces objets spatiaux sont maintenus au sein d'un catalogue actualisé et les données sont exploitées au profit de clients institutionnels et commerciaux sous la forme de différents services et produits opérationnels gérés de manière sécurisée.
ArianeGroup a déjà dans ses cartons une amélioration de son système pour le rendre plus performant. Ce qui ne coûterait que "plusieurs dizaines de millions d'euros", précise à La Tribune le PDG d'ArianeGroup, Alain Charmeau. C'est d'ailleurs aussi le cas pour la modernisation du radar Graves, qui va s'élever à 36 millions d'euros. Le constructeur des lanceurs Ariane (Ariane 5 et 6) travaillerait sur trois axes, et notamment passer de six à trente télescopes pour améliorer la traque des objets spatiaux en orbite MEO et GEO. Il pourrait en outre développer un système de traitements des données le plus complet possible (big data) en introduisant de l'intelligence artificielle dans le système. Ce qui permettrait une mise à jour du catalogue des objets identifié en permanence. Enfin, l'utilisation d'un laser permettrait l'identification des satellites en temps réel.
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La balle est dans le camp du ministère. Au-delà, Alain Charmeau vise des crédits de l'Europe fléchés sur la défense sur la période 2019-2020 (590 millions d'euros, dont 90 millions pour la recherche).