Crise chez Boeing : l'avionneur va lever encore plus d'argent qu'annoncé
latribune.fr
« Boeing a l'intention d'utiliser le produit net des offres à des fins générales de l'entreprise, ce qui peut inclure, entre autres, le remboursement de la dette, les ajouts au fonds de roulement, les dépenses d'investissement et le financement et les...
BENOIT TESSIER
L'avionneur américain a annoncé ce mardi vouloir émettre 112 millions de nouvelles actions pour renflouer ses caisses. Un nombre encore plus important que les 90 millions annoncés lundi et qui devrait rapporter 21 milliards de dollars au regard du cours de l'action actuellement.
Boeing va finalement avoir besoin de lever plus d'argent en Bourse que prévu. Lundi, Boeing avait annoncé son intention d'émettre 90 millions de nouvelles actions, ainsi que 5 milliards de dollars de certificats de dépôt, soit un montant total évalué autour de 19 milliards de dollars sur la base du cours de son action en Bourse.
C'est finalement 112,5 millions de nouvelles actions qui sont proposées par Boeing « à un prix d'offre publique de 143,00 dollars par action » a précisé Boeing mardi dans un communiqué de presse. « Le produit net de l'offre d'actions ordinaires s'élèvera à environ 15,81 milliards de dollars (en supposant que les souscripteurs n'exercent pas l'option d'achat d'actions ordinaires supplémentaires) et le produit net de l'offre d'actions de dépôt s'élèvera à environ 4,91 milliards de dollars », soit un total d'environ 21 milliards de dollars, a aussi détaillé dans un communiqué la compagnie. Ce montant pourrait même être augmenté de 3 milliards de dollars en cas de forte demande, les acheteurs ayant 30 jours pour acheter des titres supplémentaires.
A noter que ce n'est pas la première levée de fonds de Boeing. Le 15 octobre, le groupe avait fait part de son intention de doper sa trésorerie, annonçant notamment des appels au marché pouvant atteindre 25 milliards de dollars sur trois ans. L'opération de cette semaine en est la première étape. « Boeing a l'intention d'utiliser le produit net des offres à des fins générales de l'entreprise, ce qui peut inclure, entre autres, le remboursement de la dette, les ajouts au fonds de roulement, les dépenses d'investissement et le financement et les investissements dans les filiales de la société », a justifié l'avionneur ce mardi.
Eviter une dégradation de sa note
Son objectif est également d'éviter une sanction des agences de notation: il est au bord de la catégorie spéculative. Ce montant devrait lui permettre de conserver sa notation « jusqu'à fin 2025 dans les circonstances actuelles », a commenté lundi Peter McNally, analyste de Third Bridge. « Mais la situation reste complexe », selon lui.
Cette augmentation de capital de Boeing fait, de plus, suite à l'annonce d'une perte nette au troisième trimestre de 6,17 milliards de dollars, plombée par de lourdes charges de cinq milliards, qu'il avait dévoilées le 12 octobre. Depuis le début de l'année, le déficit atteint les huit milliards de dollars. Selon un calcul de l'AFP, les pertes nettes de Boeing dépassent désormais les 31 milliards de dollars depuis début 2020. Sa plus importante perte trimestrielle, au quatrième trimestre 2020, a atteint 8,42 milliards.
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Une grève qui ne se termine pas
En plus de ce très mauvais résultat, les salariés de Boeing dans la région américaine de Seattle ont de nouveau largement rejeté (à 64 %) mercredi le dernier projet d'accord social proposé par l'avionneur et reconduit la grève qui paralyse deux usines cruciales depuis mi-septembre.
Ainsi quelque 33.000 ouvriers autour de Seattle, dans le nord-ouest des Etats-Unis, où Boeing est né en juillet 1916, sont en grève depuis le 13 septembre dans les deux principales usines du groupe, produisant le 737 MAX (son avion le plus vendu), le 777, le 767 et plusieurs programmes militaires. Cette grève avait été votée à la suite du rejet d'un premier projet d'accord d'entreprise présenté le 8 septembre et jugé insuffisant.
Dans sa dernière communication, le comité de négociation du syndicat IAM a déclaré « être en contact avec le ministère américain du travail pour tenter de revenir à la table des négociations », mais la résolution du conflit prendra encore du temps quoi qu'il arrive.
Boeing fait donc face à une série de problèmes que va devoir résoudre son nouveau directeur général depuis août. « Ma mission est assez claire. Remettre ce grand navire dans la bonne direction et rétablir Boeing dans sa position de leader que nous connaissons et que nous souhaitons », a commenté mercredi Kelly Ortberg. « C'est un grand changement, cela va prendre du temps », a-t-il ainsi commenté à l'occasion des résultats trimestriels mi-octobre.