Boeing pourrait céder ses activités spatiales, selon le Wall Street Journal
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Le groupe de Seattle (Etat du Washington) ambitionnait aussi de se repositionner face à son concurrent SpaceX avec son nouveau vaisseau Starliner.
Joe Skipper
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Le groupe de Seattle (Etat du Washington) ambitionnait aussi de se repositionner face à son concurrent SpaceX avec son nouveau vaisseau Starliner.
Joe Skipper
Boeing envisage la cession de ses activités spatiales pour recentrer le groupe et renforcer sa situation financière, a rapporté vendredi le Wall Street Journal. Sollicité par l'AFP, l'avionneur a indiqué ne pas « (commenter) les rumeurs de marché ou les spéculations ».
Selon le quotidien financier, cette piste a été évoquée par la nouvelle direction, incarnée par le patron Kelly Ortberg, qui a pris les commandes en août. Le directeur général a laissé entendre, mercredi, lors de la présentation des résultats du groupe, qu'il était favorable à une cure d'amincissement pour Boeing.
Le spatial n'est qu'une composante de la division Défense, espace et sécurité au sein de Boeing, qui ne communique pas de chiffres sur cette seule activité. Le constructeur américain a noué de très longue date des relations contractuelles avec l'Agence spatiale américaine, la Nasa. Boeing a notamment contribué au programme Apollo d'exploration de la Lune, la navette spatiale et, plus récemment à la Station spatiale internationale (ISS).
Le groupe de Seattle (Etat du Washington) ambitionnait aussi de se repositionner face à son concurrent SpaceX avec son nouveau vaisseau Starliner. Après avoir pris plusieurs années de retard sur le programme, Boeing est finalement parvenu à faire décoller un Starliner début juin pour un premier vol test vers l'ISS. Avec à son bord les astronautes Suni Williams et Butch Wilmore .
Starliner devait initialement les ramener sur Terre huit jours plus tard, mais des problèmes détectés sur son système de propulsion ont conduit la Nasa à remettre en question sa fiabilité. Après de longues semaines de tests, l'agence spatiale a finalement fait revenir la capsule de Boeing à vide, et décidé de ramener les deux naufragés à bord d'un vaisseau de SpaceX avec la mission Crew-9. Un retour prévu début novembre.
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Boeing collabore aussi au développement du lanceur du programme SLS (Space Launch System), qui doit amener des astronautes sur la surface de la Lune. Dans un rapport publié en août, la Nasa a évoqué des problèmes de contrôle de qualité au sein des équipes de Boeing affectées à ce programme.
Par ailleurs, la cession de ces activités améliorerait la situation de trésorerie de l'avionneur, dégradée par un ralentissement de sa production et une grève qui dure depuis le 13 septembre. Les salariés de Boeing dans la région de Seattle ont même rejeté mercredi le dernier projet d'accord social proposé par l'avionneur américain et reconduit la grève qui paralyse deux usines depuis mi-septembre. Sur ces deux principaux sites sont produits le 737 (son avion le plus vendu), le 777, le 767 et plusieurs programmes militaires.
Dans sa dernière offre, la direction de Boeing proposait une hausse salariale de 35% sur quatre ans, mais sans rétablir le système de retraite supprimé en 2008 que réclamaient de nombreux salariés.
Le prolongement de la grève est survenu après la publication mercredi par Boeing de sa pire perte trimestrielle en quatre ans, à 6,17 milliards de dollars, sur fond d'accidents et d'incidents à répétition touchant ses appareils. Selon un calcul de l'AFP, les pertes nettes de Boeing dépassent désormais les 31 milliards de dollars depuis début 2020. Sa plus importante perte trimestrielle, au quatrième trimestre 2020, a atteint 8,42 milliards.
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Selon les dirigeants de l'entreprise, les conséquences sur les finances du groupe perdureront tout au long de 2025. En septembre, Boeing a livré 33 avions, achevés avant la grève, mais les prochains mois devraient être frugaux. Outre l'insatisfaction des compagnies aériennes, contraintes de revoir leurs programmes de vols depuis 2023, moins de livraisons signifie également moins de recettes - environ 60% du prix est payé à la livraison - et, par conséquent, une trésorerie chancelante.
(Avec AFP)
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