Dassault Aviation, Thales et Safran en très grande forme

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Le Rafale a porté l'activité de Dassaut Aviation et de Thales
Le Rafale a porté l'activité de Dassaut Aviation et de Thales (Crédits : Pascal Rossignol)
Chiffres d'affaires en hausse, résultats opérationnels en croissance, carnets de commandes remplis : Dassault Aviation, Safran et Thales volent vers des sommets en 2019.

Les trois groupes leaders de l'aéronautique et de la défense français, qui ont publié leurs résultats semestriels mercredi et jeudi - Dassault Aviation, Safran et Thales - ont affiché de très belles performances financières lors de six premiers mois de l'année 2019. Le groupe européen Airbus avait quant à lui publié ses résultats fin juillet. Les marchés ont d'ailleurs très largement plébiscité les résultats des trois groupes.

Ainsi, l'action Dassault Aviation décollait de plus de 8% jeudi matin à la Bourse de Paris. A 10H06, le titre montait de 8,53% à 1.437 euros, dans un marché en hausse de 0,68%. Pour sa part, l'action de Thales a pour sa part été galvanisée et a clôturé mercredi en forte hausse (+5,41% à 110 euros) grâce à des résultats solides au premier semestre, même si le groupe s'est montré plus prudent pour sa croissance annuelle. Enfin, l'action Safran bondissait de plus de 7% jeudi matin à la Bourse de Paris, profitant du net relèvement des perspectives de chiffre d'affaires et de bénéfice annuels annoncées par le groupe aéronautique et de technologie. A 9H43, le titre s'envolait à 7,27% à 140,85 euros.

Le Rafale booste Dassault Aviation

Le fabricant des avions de combat Rafale et des jets d'affaires Falcon a annoncé un bénéfice opérationnel ajusté du premier semestre à 250 millions d'euros (contre 111 millions il y a un an). La marge nette ajustée s'établit à 9,3% au 1er semestre (contre 10,9% au 1er semestre 2018). Elle est impactée par la baisse du poids relatif de Thales dans le chiffre d'affaires du groupe. Le résultat net ajusté a bondi de 54%, à 286 millions d'euros tandis que le chiffre d'affaires net est passé de 1,71 milliard d'euros au premier semestre 2018 à 3,06 milliards. Cette croissance s'explique en raison de la livraison de 10 Rafale livrés au Qatar (16 livrés à fin août), contre deux seulement au premier semestre 2018. En outre, Dassault Aviation a livré 17 Falcon au premier semestre 2019, contre 15 un an auparavant (23 à fin août). Au final, l'année 2019 sera très bonne pour Dassault Aviation. L'avionneur a confirmé prévoir 45 livraisons de Falcon en 2019 et 26 Rafale, dont les premiers à l'Inde dans quelques semaines, contre respectivement 41 et 12 en 2018.

Pour autant, le constructeur continue de souffrir année après année sur le marché de l'aviation d'affaires. Le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier a confirmé que la demande restait déprimée dans le segment des avions d'affaires au premier semestre, avec seulement sept commandes engrangées pour le Falcon, contre 18 il y a un an. Mais l'avionneur a enregistré 19 commandes supplémentaires sur les seuls mois de juillet et août, ce qui permet d'arriver à ratio "book to bill" (soit le ratio prises de commandes sur facturations) supérieur à un sur les huit premiers mois de l'année (0,95 au 1er semestre 2019). Toutefois, le carnet de commandes Falcon, qui s'élève à 1,8 milliard d'euros, reste bas avec seulement 43 Falcon (contre 53 à fin décembre 2018). Au global, le carnet de commandes au 30 juin 2019 s'élevait à 19,23 milliards, stable par rapport à fin 2018 (19,38 milliards).

Safran surfe sur la croissance du trafic aérien

En dépit des déboires du programme de Boeing 737MAX, Safran continue sa croissance échevelée. Le résultat opérationnel courant s'est élevé à 1,88 milliard d'euros au premier semestre 2019, en augmentation de 34,6 % sur une base organique. La progression de la marge opérationnelle s'envole dans tous les secteurs, à 20,8 % pour la Propulsion - le nombre total de livraisons de moteurs pour court et moyen-courrier a augmenté de 8,7 %, passant de 1.029 unités à 1.119 unités -, 12,9 % pour les Équipements aéronautiques, Défense et Aerosystems, et 5,2 % pour Aircraft Interiors. En conséquence, la croissance de la marge opérationnelle du groupe a atteint 15,6 %. "Les résultats du 1er semestre confirment la croissance dynamique observée au 1er trimestre, comme en témoigne la progression très forte du chiffre d'affaires et de la rentabilité de toutes les divisions, supérieure aux perspectives initiales de l'année", a expliqué le directeur général Philippe Petitcolin, qui a été prolongé à son poste jusqu'à la fin de 2020. Le résultat net ajusté s'est élevé à 1,35 milliard, soit un bond de 45,2% par rapport au premier semestre 2018.

Le chiffre d'affaires du 1er semestre 2019 est ressorti à 12,1 milliards, en hausse de 2,6 milliards, soit 27,3 %, par rapport à la même période de l'année dernière. Une hausse qui s'explique par la montée en cadence de la production de moteurs LEAP. Les livraisons de LEAP ont quasiment doublé à 861 unités au 1er semestre 2019 contre 438 au 1er semestre 2018. CFM International vise une production autour de 1.800 moteurs LEAP en 2019, et adaptera son plan de livraisons de moteurs LEAP-1B à la demande de Boeing. Selon Safran, le chiffre d'affaires global "devrait croître d'environ 15% en 2019" par rapport à 2018, contre 7% à 9% attendus auparavant, et le résultat opérationnel courant ajusté de plus de 20%, contre 10% à 12% prévus précédemment".

Thales porté par les activités de défense

Le groupe d'électronique affiche une santé insolente. Il a enregistré pour le premier semestre 2019 un EBIT de 820 millions d'euros (10% du chiffre d'affaires), contre 762 millions (10,2% du chiffre d'affaires) au premier semestre 2018, en hausse de 8%. La marge d'EBIT progresse de 0,4 point à périmètre et taux de change constants, la légère baisse de la marge publiée s'expliquant par la consolidation de Gemalto finalisée début avril (4,8 milliards) et dont la rentabilité est plus saisonnalisée que le reste du groupe. C'est une petite surprise, l'EBIT de la nouvelle division Identité & Sécurité numériques plafonnant à 4,5% au premier semestre. Déception également pour le secteur Transport dont l'EBIT est négatif à hauteur de 42 millions (- 5,0%). Ce plongeon s'explique, selon le groupe, par la combinaison de trois facteurs exceptionnels : l'enregistrement d'une charge de restructuration dans le cadre du plan de transformation de l'ingénierie, la baisse de 9% du chiffre d'affaires liée à des effets de phasage sur les contrats, et l'impact de retards d'exécution sur un projet de signalisation ferroviaire urbaine.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net de Thales a augmenté de 22%, à 557 millions d'euros. Le chiffre d'affaires s'est établi à 8,2 milliards d'euros (+9,9% en publié, - 0,5% en organique) sur le premier semestre et les prises de commandes ont atteint 7 milliards (+10%, -1% en organique). Thales a précisé que la croissance organique de son chiffre d'affaires 2019 devrait se situer dans le bas de sa fourchette de prévisions, en raison essentiellement d'un repli des activités dans le domaine spatial, tout en confirmant des objectifs financiers relevés en juin. L'équipementier pour l'aérospatiale, la défense et la sécurité anticipe ainsi toujours un résultat opérationnel annuel compris entre 1,98 et 2,0 milliards d'euros et des prises de commandes 2019 "légèrement supérieures" à 18 milliards. Au-delà, son PDG Patrice Caine a réaffirmé que le groupe visait une croissance organique annuelle de 3% à 5% de son chiffre d'affaires sur la période 2018-2021 hors Gemalto.

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Commentaires
a écrit le 06/09/2019 à 0:23 :
La France 2eme pays producteur mondial d'aéronautique et de satellites commerciaux, avec des Entreprises leaders , innovantes et rentables.
1er poste contributeur de la balance cciale sur les biens loin devant le vin les fromages et les parfums.
Réponse de le 06/09/2019 à 10:33 :
@Fred06
Oui, très bon résultats malgré les déceptions : Thales dans le spatial, Safran cause les motorisations et transmissions des 737 MAX.
Mais d'autres secteurs ont encore un ratio plus important d'excédent / CA, comme les parfums et cosmétiques, le transport international maritime de fret et les navires, petit secteur mais majoritairement de l'export, croisière, yachts, pèche, sécurité et militaire. Les bateaux sont certainement l'un des secteurs qui progresse le plus vite dans l'hexagone, avec les cuirs.
Hermès viens d'annoncer un nouvel atelier de maroquinerie dans le 77 (250 artisans) . Thomas a aussi annoncé un nouvel atelier cette année.
Mais l'aéronautique et le spatial forment la colonne vertébrale de la France. Ils tirent vers le haut dans leurs sillages l'électronique, les optiques, les lasers, les capteurs, la localisation, les logiciels, la mécanique et l'usinage, les alliages et composites, les traitement de matériau, les BE, la contrôle, l'ingénierie, etc. C'est énorme !

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