Dassault Aviation, un avionneur centenaire qui se réinvente un avenir

 |   |  945  mots
Dassault Aviation est au centre de plusieurs grands programmes européens et nationaux, qui le confortent à moyen et long terme
Dassault Aviation est au centre de plusieurs grands programmes européens et nationaux, qui le confortent à moyen et long terme (Crédits : Dassault Aviation K. Tokunaga)
Dassault Aviation reste au centre du jeu de l'aéronautique militaire européenne, en étant le maître d'oeuvre du système de combat aérien du futur (SCAF).

L'avionneur centenaire Dassault Aviation est en train de se forger un très bel avenir. Ce qui n'était pas forcément écrit d'avance mais, comme souvent, le constructeur du Rafale et des avions d'affaires Falcon a su forcer les portes et mettre tous les récalcitrants au pas. Dassault Aviation reste donc bien au centre du jeu de l'aéronautique militaire européenne, en étant le maître d'oeuvre du système de combat aérien du futur (SCAF), un système de systèmes, qui aurait pu s'offrir à un électronicien ou à Airbus. Cela n'a pas été le cas. Pour décoller véritablement, il doit encore mener à bien les études SCAF et obtenir le lancement d'un démonstrateur de l'avion de combat du futur au Salon du Bourget

L'avionneur tricolore est également au centre de plusieurs programmes européens et nationaux, qui le confortent à moyen et long terme. C'est le cas du drone MALE européen mais aussi du lancement des travaux de développement du standard F4 du Rafale, du choix par le ministère des Armées de la plateforme Falcon pour porter la Charge universelle de guerre électronique (CUGE) et, enfin, du renouvellement de la flotte française d'avions de surveillance maritime (SURMAR) sur la base d'une plateforme de Falcon 2000LXS (pré-étude notifiée). Sans oublier que Dassault Aviation souhaite jouer un rôle dans le spatial en faisant valoir ses compétences. Il a déjà obtenu un contrat d'études pour le véhicule de retour d'orbite réutilisable Space Rider de l'Agence spatiale européenne (ESA), dont le premier vol est planifié en 2021. Dassault Aviation est responsable du dessin des formes du véhicule.

Dans l'aviation d'affaires, Dassault reprend la main

Dans le civil, Dassault Aviation se réinvente également un avenir après un très long passage à vide. Son PDG, Eric Trappier, a deux défis à ne pas manquer : après les déboires du 5X finalement arrêté, il doit réussir le développement du Falcon 6X pour une entrée en service en 2022 et confirmer le lancement du futur Falcon. L'avionneur a enfin mis un terme à l'effritement inexorable de son carnet de commande depuis dix ans. Il a vendu 42 Falcon en 2018 (52 commandes et annulation des 10 derniers Falcon 5X) et en a livré 41. En 2017, 38 Falcon avaient été commandés. Fin 2018, le carnet de commandes s'élevait à 53 Falcon (sans aucun Falcon 5X) contre 52 Falcon fin 2017. Un mieux qui demande évidemment confirmation.

Dans la maintenance, Dassault Aviation a décidé de redevenir "souverain". Il a souhaité développer sa présence et ses capacités de maintenance Falcon à travers le monde afin de ramener cette activité dans son propre réseau afin d'en maîtriser la qualité et de gérer en direct la relation clients sur toute la durée de maintenance des avions. Il renforce également  son empreinte commerciale notamment en Europe, Afrique, Moyen-Orient et Asie/Pacifique. Surtout, il veut éliminer le risque qu'un concurrent ne devienne le principal maître d'œuvre de la maintenance de ses avions. Dans ce cadre, l'avionneur a fait l'acquisition des activités de maintenance de deux sociétés aéronautiques (ExecuJet et TAG Aviation).

Un bel avenir à court terme

Dassault Aviation prévoit une activité en "forte hausse" en 2019 grâce aux livraisons des Rafale (26 appareils à l'export) et des Falcon (45), dont les prises de commandes se sont améliorées avec un regain d'activité, notamment en Amérique du Nord. "Il y a une dynamique aux Etats-Unis" dans l'aviation d'affaires, a souligné Eric Trappier. "Cette dynamique s'est traduite effectivement par un marché plus actif aux Etats-Unis en ce qui concerne les Falcon et les +business jets+ en général"

Fin 2018, le carnet de commandes atteignait 19,3 milliards d'euros (contre 19,4 milliards d'euros fin 2017) : 14,2 milliards pour la défense Export (36 Rafale pour l'Inde, 36 Rafale pour le Qatar et 1 Rafale pour l'Égypte), 3 milliards pour la défense France (28 Rafale notamment) et, enfin, 2,1 milliards d'euros pour les Falcon. Un carnet de commandes stable grâce aux prises de commandes de 2018 (5 milliards d'euros contre 3,2 milliards d'euros en 2017). La part des prises de commandes à l'exportation s'élevait à 80%. En Inde, Dassault Aviation a répondu en juillet 2018 à la demande officielle d'informations de l'Inde pour la fourniture de 110 avions à l'Indian Air Force, et en mai 2017 à celui pour 57 avions de combat à la marine indienne.

Des résultats financiers en hausse

Le résultat opérationnel 2018 s'est élevé à 669 millions d'euros (contre 357 millions d'euros en 2017). Soit une marge opérationnelle qui s'est s'établi à 13,2% (contre 7,3% en 2017). Hors l'indemnité perçue de la part de Safran pour un montant de 280 millions de dollars suite à la résiliation du contrat du moteur Silvercrest, la marge opérationnelle serait de 9,2%. L'amélioration de la marge opérationnelle s'explique également par la reprise du marché de l'aviation d'occasion ainsi que par l'amélioration du taux de couverture (1,19 $/€ en 2018 contre 1,21 $/€ en 2017). Par ailleurs, 2017 avait été défavorablement impactée par les dépréciations de stocks et en-cours induites par l'arrêt du programme Falcon 5X.

Enfin, le résultat net de 2018 a atteint 681 millions d'euros (contre 410 millions d'euros en 2017). La contribution de Thales dans le résultat net de Dassault Aviation est de 290 millions d'euros (contre 206 millions d'euros en 2017). La marge nette s'est établi l'année dernière à 13,4% (contre 8,4% en 2017). Une croissance rentable qui porte la trésorerie de l'avionneur à 5,2 milliards d'euros fin 2018 (contre 4,1 milliards fin 2017). Soit un gain de 1 milliard d'euros en raison principalement du résultat de la période et des acomptes reçus dans le cadre de l'exécution des contrats Rafale Export en cours. Bref la vie est belle pour Dassault Aviation...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/03/2019 à 14:19 :
Avec son Space Rider, peut être que Dassault va disrupter Airbus Space comme SpaceX a fait au USA!
a écrit le 03/03/2019 à 11:59 :
669 Meur de résultat dont 290 (40%) provenant de leur participation dans Thales (26% des parts)

Il y a quand même un petit soucis ....
Quel est le bénéfice de Thales cette année ? Parceque si 26% des actions permettent de récupérer 290Meur on est sur des dividendes totaux supérieurs au Milliard ....
a écrit le 03/03/2019 à 9:07 :
Au vue des résultats de la société et son engagement dans l'aéronautique je trouverais naturel et cohérent que Dassault aide PLUS les nombreux projets de la "petite aviation "française qui se débattent dans des difficultés de financement car les banques sont très prudentes dans ce domaine , des exemples:
-soutenir les petits avionneurs dans leur projet actuel thermique ou hybrides ( ELIXAIR , ISSOIRE AVIATION , ROBIN AIRCRAFT ,...) ou les projets de planeur à propulsion électrique
-participer au avant projet de DAHER à son bimoteur ( ou biréacteur?)
-lancer un projet de véhicules autonomes à propulsion électrique ( e VTOL, ..)où la France est absente car AIRBUS investit massivement en Allemagne en s'appuyant sur leur mastodonte su type SIEMENS
Un peu de courage Mr TRAPPIER nous vous admirons mais nous vous voudrions un peu plus " petite aviation " dont un grand avionneur peut aussi tirer partie sur le long terme
a écrit le 01/03/2019 à 22:58 :
Bien que cela n'ait rien à voir avec l'article, les magnifiques performances de cette entreprise, qui n'existe aujourd'hui que parce que son père fondateur a survécu aux camps par la protection de membres influents du PC, serait un bon candidat au sauvetage du journal l'Humanité. Alors certes Marcel Dassault a su se montrer généreux par la suite mais je verrais bien ici l'occasion d'un symbolique renvoi d'ascenseur.
a écrit le 01/03/2019 à 20:09 :
La France a eu de nombreuses et magnifiques entreprises de niveau mondial dont restent quelques survivantes comme celle-ci, merci l'Europe des tricheurs, merci l'Euro de la misère, s'ils pouvaient ils auraient expédié toute nos terres arables nos vignes afin qu'il ne reste rien
a écrit le 01/03/2019 à 11:00 :
Les Français portent les technologies et l'expérience et aiment bien être les "leaders" d'un projet. Souhaitons simplement que, comme pour Airbus, comme pour l'Espace, Dassault ne se fasse pas avoir par la suite. Ce sera dur, les Germains et autres Anglo-Saxons ont l'habitude de nous piller en nous prenant pour des billes…L'ennui, c'est qu'il nous faudrait des Chefs d'Etat de caractère et là, c'est plutôt la dèche...
Réponse de le 01/03/2019 à 22:32 :
Il faut savoir distinguer la réussite d'un très grand groupe industriel français et les points de vue de bistrots !Le président était et est toujours le meilleur actuellement même s'il ma piqué des cotisations sociales !
Réponse de le 02/03/2019 à 0:12 :
à filou; peut-être fréquentez-vous en filou les bistrots que je ne connais pas. de quel "Président" parlez-vous?
a écrit le 01/03/2019 à 6:51 :
Mr Dassault a pour sa parts tenue les engagements sur sa production en nombre et én
Qualitées... Se n'est malheureusement pas la ças pour tout les avionneurs europeen ...
Ensuite, îls á su rester dans la limite de financements accorder sur le devellopement de l'avion Raffale... Donc îls me semblent logique qu'ils soit retenue pour le devellopement de l'avion future....
Certain trouverons á hardire sur cette situation , mais les arguments du dessus justifient grandement se choix ...
Réponse de le 02/03/2019 à 12:19 :
"Mr Dassault a pour sa parts tenue les engagements sur sa production en nombre et én Qualitées..." Je suppose que vous connaissez tout l'historique des livraisons de Dassault? (Au fait M. Dassault est mort depuis quelques temps...)
"Ensuite, îls á su rester dans la limite de financements accorder sur le devellopement de l'avion Raffale.." Vous connaissez également les contrats passés entre Dassault et l'état, qui ressemblent souvent à une perfusion...
Dassault fait de très beaux avions, mais sans le support inconditionnel de l'état français il aurait connu quelques difficultés....Ne pas rêver.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :