Après de nombreux échecs, l'industrie française va signer un contrat modeste en Roumanie. MBDA devrait conclure une commande estimée à plus de 600 millions d'euros pour la vente de 1.000 missiles antiaériens de très courte portée Mistral 3.La Roumanie va-t-elle enfin acheter français après les trop nombreuses rebuffades de Bucarest vis-à-vis de l'industrie de l'armement tricolore (hélicoptères H215, corvettes Gowind, véhicules Sherpa, sous-marins Scorpène) ? Possible. La semaine dernière, le ministre de la défense roumain Liviu-Ionuo Moteanu a d'ailleurs rencontré à Bucarest le directeur du développement international de la Direction générale de l'armement (DGA), le général Gaël Diaz de Tuesta ainsi que l'ambassadeur de France en Roumanie, Nicolas Warnery.
Le ministère de la Défense roumain est en voie de concrétiser une commande dans le cadre d'une acquisition commune à huit pays (dont la France et la Roumanie) de plus de 200 systèmes portables Mistral 3 armés d'environ 1.000 missiles antiaériens de très courte portée (jusqu'à 8 kilomètres) fabriqués par le missilier MBDA. Cet achat, qui permettra d'équiper l'infanterie roumaine, s'inscrit dans le cadre de l'acquisition conjointe de capacités de défense, éligible aux financements de l'Union européenne (EDIRPA), dont le renforcement des systèmes de défense anti-aérienne et anti-missiles est l'un des axes prioritaires. Le Mistral 3 est un missile de défense sol-air de très courte portée, utilisé sur tous types de cibles de cible, chasseurs, avions de transport, hélicoptères, drones, missiles de croisière.
Une acquisition inférieure à 700 millions
Selon l'ambassade de France en Roumanie, tous les pays bénéficient des mêmes conditions d'achat (prix, qualité et performance) que la France elle-même. Huit pays européens (France, Belgique, Chypre, Hongrie, Roumanie, Espagne, Slovénie et Danemark) avaient signé en juin 2024 un accord pour l'acquisition commune de ce missile. Selon l'ambassade de France en Roumanie, le prix proposé à Bucarest est bien inférieur au budget de 700 millions d'euros approuvé par le Parlement roumain pour ce système de défense aérienne. Selon le ministère de la défense roumain, la valeur du contrat est estimé à 626 millions d'euros (hors TVA).