Défense : l'Etat tenté à nouveau par une redevance sur les contrats export gagnés par les industriels
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La hausse du budget de la défense pourraient être portée à environ 100 milliards d'euros.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La hausse du budget de la défense pourraient être portée à environ 100 milliards d'euros.
Reuters
Depuis trois ans, Emmanuel Macron voit très régulièrement les plus grands patrons de l'industrie de l'armement française. Sept d'entre eux (Airbus, Dassault, KNDS France, MBDA, Naval Group, Safran et Thales) ont été invités ce vendredi à l'Élysée pour trouver des contreparties en vue d'accompagner la prochaine hausse du budget de la défense (autour de 100 milliards d'euros par an, contre aujourd'hui 50,5 milliards). En clair, le président ne souhaite pas que l'augmentation de l'effort de défense soit interprétée par les Français par un cadeau fait aux industriels de l'armement et à leurs actionnaires, via les dividendes versés, qui profiteraient de l'aubaine avec des marges trop confortables.
Il est donc question du partage de la valeur. Aussi, l'idée - ou plutôt un serpent de mer - est de demander en contrepartie une redevance aux industriels qui gagnent des contrats à l'exportation. Particulièrement visés par cette réflexion, Dassault Aviation et les principaux fournisseurs du Rafale (Thales et Safran). Ce qui les irritent. D'autant que l'État et les trois industriels sont déjà en bisbilles pour le paiement de redevances cumulées à hauteur de 153 millions d'euros liées à la vente de Rafale à l'export.
Emmanuel Macron et les industriels évoqueront les problématiques liées au réarmement de la France, dont la difficulté de produire en masse des équipements militaires. Il est question de faire appel à l'industrie civile, et plus particulièrement à l'industrie automobile et de la chimie. Quoi qu'il en soit, les industriels de l'armement doivent monter en cadence pour livrer plus et plus rapidement. Par exemple, entre 2023 et 2028, MBDA est en train d'investir plus de 2,4 milliards d'euros, dont près de 1 milliard en France pour adapter l'outil de production du missilier.
À lire également
Au-delà des 30 Rafale et des trois frégates de premier rang supplémentaires, les armées ont en dépit d'un modèle d'armée complet ou presque des vulnérabilités. C'est particulièrement vrai pour les munitions et la guerre électronique qui sont les urgences. Deuxième priorité, la dronisation et la robotisation des armées, qui « doivent être accélérées », selon le ministre des Armées, Sébastien Lecornu. La France doit également rester performante dans le domaine de l'intelligence artificielle. Enfin, elle doit renforcer ses capacités spatiales et acquérir des capacités de destruction et d'éblouissement de satellite.