Défense : les membres de l'Otan appelés à mettre la main au portefeuille
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Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte est favorable à une augmentation du budget défense des membres de l'Alliance.
Yves Herman
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Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte est favorable à une augmentation du budget défense des membres de l'Alliance.
Yves Herman
Les membres de l'Otan vont probablement devoir augmenter leurs dépenses en matière de défense. C'est en tout cas la volonté affichée ce jeudi le secrétaire général de l'organisation politico-militaire transatlantique.
« Nous devons collectivement passer à la vitesse supérieure et nous déciderons du nombre exact dans le courant de l'année, mais ce sera considérablement plus que deux » pour cent, le niveau actuellement fixé, a estimé Mark Rutte.
Ce montant fait débat depuis des mois. Le président américain Donald Trump a plusieurs fois demandé à ce que les pays membres augmentent leur budget de défense à 5% de leur produit intérieur brut (PIB), répétant à l'envi qu'ils ne payent pas suffisamment pour la protection assurée par les États-Unis. Il déplore ainsi que son pays dépense des « milliards et des milliards de dollars » pour financer la défense de l'Europe par l'intermédiaire de l'Otan. Son retour à la Maison Blanche fait d'ailleurs craindre aux Européens que la première puissance mondiale se désengage progressivement de la sécurité européenne.
Les responsables de l'UE semblent en tout cas soucieux de donner des gages au locataire de la Maison Blanche. Donald Trump « a raison », a ainsi déclaré la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, soulignant le besoin urgent d'investissements de la part des États membres, du secteur privé et via le budget européen. « Si l'Europe veut survivre, elle doit s'armer », a aussi lancé le Premier ministre polonais Donald Tusk, dont le pays assure au premier semestre la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne.
Stéphane Séjourné, commissaire européen à la stratégie industrielle, a évoqué un possible « deal » avec les États-Unis. Ainsi, l'Europe s'efforcerait d'investir davantage dans sa défense si Trump met de l'eau dans son vin sur le volet commercial, en renonçant à augmenter drastiquement les tarifs douaniers sur les produits européens. Pour rappel, le président républicain souhaite les faire grimper entre 10% et 20% sur l'ensemble des produits qui franchiraient les frontières américaines - et même entre 60% et 100% pour ceux en provenance de Chine. « On ne peut pas avoir une guerre commerciale et en même temps construire l'Europe de la défense », a estimé le Français.
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Certains membres dépensent néanmoins déjà plus que 2% de leur PIB en matière de défense. La Pologne notamment, arrivée en tête l'année dernière avec un budget représentant 4,12% de son PIB. Elle prévoit même encore de l'augmenter à 4,7% en 2025. Hausse aussi prévue du côté de la Lituanie, qui prévoit de dépenser entre 3% et 4% de son PIB en 2025. Puis « entre 5% et 6% chaque année entre 2026 et 2030 », a annoncé le président lituanien Gitanas Nauseda mi-janvier. « Nous appelons nos alliés à suivre l'exemple. L'ère des stratégies passives d'attente est révolue », a lancé dans la foulée le ministre des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, sur le réseau social X.
Quant à une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'Otan, la question n'est pas d'actualité dans ce contexte pour Richard Grenell, qui vient d'être nommé envoyé présidentiel pour les missions spéciales par le dirigeant américain Donald Trump. Il réagissait ce jeudi à une prise de parole de Mark Rutte, à l'occasion d'un petit-déjeuner organisé en marge du Forum économique mondial de Davos en Suisse. Le secrétaire de l'Alliance y a affirmé que « l'adhésion à part entière à l'Otan est l'issue la plus aisée » pour l'Ukraine si une paix « durable » est trouvée. Un avis que ne partage pas le responsable américain.
« On ne peut pas demander au peuple américain d'élargir le parapluie de l'Otan alors que les membres actuels ne paient pas leur juste part », a-t-il déclaré.
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Et d'ajouter : « Nous devons nous assurer que ces dirigeants dépensent le bon montant. Nous devons être en mesure d'éviter la guerre. Et cela suppose une menace crédible de la part de l'Otan », a encore dit Richard Grenell, critiquant le fait que le prédécesseur de Donald Trump, Joe Biden, avait arrêté de parler au président russe Vladimir Poutine. « Les Américains sont très frustrés par le fait que nous dépensions des centaines de milliards de dollars et que nos dirigeants ne se parlent pas pour tenter de résoudre les problèmes », a-t-il ajouté.
(Avec AFP)
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